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Rédiger un CRBO : le guide complet 2026

Structure type, formulations, erreurs à éviter : tout ce qu'il faut savoir pour rédiger un CRBO conforme, rapide et opposable.

L'équipe Ortho.ia4 juin 2026Mis à jour le 29 septembre 202621 min de lectureRelu par Laurie Berrio-Arberet, orthophoniste
Orthophoniste rédigeant un compte rendu de bilan dans un cahier avec ordinateur et documents
Orthophoniste rédigeant un compte rendu de bilan dans un cahier avec ordinateur et documents

Le compte rendu de bilan orthophonique (CRBO) est le document que l'orthophoniste adresse au médecin prescripteur à l'issue du bilan. Ce n'est pas qu'un document administratif : l'article R4341-2 du Code de la santé publique prévoit que le bilan comprend le diagnostic orthophonique, les objectifs et le plan de soins, et que son compte rendu est communiqué au médecin prescripteur. Il doit justifier le diagnostic posé, le projet thérapeutique, et le volume de séances prévu. Un bilan initial bien structuré informe le médecin prescripteur, guide la prise en charge, et protège la praticienne en cas de contrôle a posteriori. Ce guide détaille les six sections usuelles d'un CRBO, les formulations attendues section par section, les erreurs fréquentes, et les leviers pour réduire le temps de rédaction. Si vous cherchez seulement la définition, la fiche définition du CRBO du glossaire la résume en quelques lignes.

Ce qu'est vraiment un CRBO (et pourquoi sa qualité rédactionnelle est devenue critique)

Le CRBO est un document clinique et médico-légal rédigé à l'issue du bilan orthophonique. Il répond au cadre fixé par l'article R4341-2 du Code de la santé publique : dans le cadre de la prescription médicale, l'orthophoniste établit un bilan comprenant le diagnostic orthophonique, les objectifs et le plan de soins, et le compte rendu est communiqué au médecin prescripteur. La NGAP précise que ce compte rendu indique le diagnostic orthophonique et, si une rééducation est nécessaire, ses objectifs ainsi que le nombre et la nature des séances que l'orthophoniste détermine. Aucun texte n'impose de trame détaillée. En accès direct, ouvert par la loi du 19 mai 2023 (article L4341-1 du CSP) dans les établissements de santé, les établissements médico-sociaux et les structures d'exercice coordonné, le bilan initial et un compte rendu des soins sont adressés au médecin traitant et au patient, et reportés dans son DMP.

Le CRBO initial doit justifier la cohérence entre le diagnostic posé et le plan de soins proposé : un document vague ou incomplet est difficile à défendre en cas de contrôle.

Les trois destinataires attendent des informations différentes :

  • Le médecin prescripteur cherche la conclusion diagnostique et le projet thérapeutique. Il ne lit pas les scores bruts, mais la synthèse clinique qui en découle.
  • Le patient ou sa famille veut comprendre les difficultés identifiées, les objectifs de rééducation, et la durée envisagée.
  • Le service médical de l'Assurance Maladie, à qui la NGAP prévoit que le compte rendu est communiqué à sa demande, vérifie en contrôle a posteriori la traçabilité complète : tests administrés avec scores, diagnostic formulé avec terminologie reconnue, cohérence entre le diagnostic et les actes facturés.
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Bon à savoir

Le CRBO doit être signé (manuscritement ou électroniquement) et daté. Un document non signé n'a pas de valeur juridique. Au sens du règlement européen eIDAS, la signature électronique qualifiée a un effet juridique équivalent à celui d'une signature manuscrite.

CRBO initial vs CRBO de renouvellement : deux logiques différentes

Un bilan initial pose le diagnostic et justifie l'entrée en rééducation. Un bilan de renouvellement démontre l'évolution du patient et justifie la poursuite de la prise en charge. Les sections restent identiques, mais le contenu change : le renouvellement compare les scores initiaux aux scores actuels, documente les progrès ou l'absence de progrès, et réajuste le projet thérapeutique.

Trois repères réglementaires encadrent le renouvellement :

  • Quand : si la rééducation doit se poursuivre au-delà des 50 premières séances (100 pour les handicaps, la dysphasie, les pathologies neurologiques et neurodégénératives et la démutisation dans les surdités), l'orthophoniste demande au prescripteur la prescription d'un bilan en renouvellement (NGAP).
  • Cotation : minorée de 30 % par rapport au bilan initial, mais la convention nationale précise que les bilans de renouvellement « doivent répondre aux mêmes exigences de contenu que les bilans initiaux » (JO du 19 mars 2004).
  • Accord préalable : supprimé depuis le 23 février 2026 pour le renouvellement des séances à l'issue de ces bilans (avenant 21).

La rédaction de la section Évolution et les écarts avec le bilan initial sont détaillés dans l'article CRBO initial ou de renouvellement.


Rédiger chaque section du CRBO : contenu et formulations

Aucun texte n'impose un nombre de sections. Ce guide suit une trame usuelle en six sections ; d'autres découpages couvrent le même contenu, comme la structure type du CRBO en huit sections, qui sépare la synthèse du diagnostic et ajoute une section d'orientations complémentaires. Quel que soit le découpage, le document doit contenir les éléments prévus par l'article R4341-2 du CSP et la NGAP : diagnostic orthophonique, objectifs, nombre et nature des séances. Omettre une section ou la traiter de façon superficielle fragilise le document en cas de contrôle.

1. En-tête et informations administratives

Les données minimales à faire figurer :

  • Nom, prénom, date de naissance du patient
  • Coordonnées du cabinet (adresse, téléphone, email, numéro RPPS)
  • Date de rédaction du CRBO
  • Nom et coordonnées du médecin prescripteur
  • Numéro de prescription (si applicable)
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Attention

Omettre la date de rédaction ou ne pas mentionner le médecin prescripteur expose à un rejet en contrôle. Un en-tête générique sans identification de la praticienne (numéro RPPS) n'est pas conforme.

La signature (manuscrite scannée ou électronique) est obligatoire. Elle identifie de façon certaine le signataire.

2. Motif de consultation et contexte de la prescription

Cette section rapporte :

  • La demande initiale : qui a orienté le patient, pourquoi, quand
  • Le motif clinique tel que formulé par le prescripteur (libellé exact de l'ordonnance)
  • Les attentes de la famille si elles apportent un éclairage clinique

Il faut distinguer le motif administratif (texte de la prescription) du motif clinique réel (ce qui amène concrètement l'enfant ou l'adulte). Exemple : une ordonnance indique « bilan orthophonique avec rééducation si nécessaire », mais la famille rapporte des difficultés de compréhension en classe et l'enseignante signale un décalage avec les pairs.

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À éviter

Recopier mot pour mot la prescription sans contextualisation clinique. Cela n'apporte aucune information supplémentaire au prescripteur.

3. Anamnèse

L'anamnèse couvre :

  • Antécédents médicaux et développementaux (grossesse, accouchement, étapes motrices, premiers mots, développement du langage)
  • Contexte familial et scolaire ou professionnel
  • Antécédents orthophoniques éventuels (bilans et prises en charge antérieures)
  • Résultats des bilans complémentaires déjà réalisés (audiométrie, bilan neuropsychologique, orthoptie)

Règle fondamentale : l'anamnèse rapporte des faits, jamais des hypothèses diagnostiques. Les hypothèses viennent en section 5 (conclusion diagnostique). Par exemple, notez « premiers mots à 18 mois, premières associations à 2 ans 3 mois » plutôt que « retard de langage confirmé dès 2 ans ».

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À éviter

Une anamnèse en trois lignes pour un bilan enfant est insuffisante. L'absence de mention de la vérification audiologique est une lacune critique : elle écarte le diagnostic différentiel le plus fréquent (déficit auditif méconnu). Ne mélangez jamais les faits rapportés par la famille avec vos propres observations cliniques (celles-ci figurent en section 4).

4. Observations cliniques et épreuves administrées

Cette section comporte deux volets distincts.

Observations cliniques : ce que l'orthophoniste perçoit directement sans instrument. Exemples : comportement lors des épreuves, investissement, fatigabilité, contact visuel, qualité de la communication spontanée, intelligibilité pour un adulte non familier, recherche du mot, stratégies d'évitement.

Tests normés administrés : tableau avec a minima les colonnes suivantes :

Test Épreuves administrées Note brute Note étalonnée (ET ou percentile) Interprétation
EVALO 2-6 Phonologie en production 28/45 -1,8 ET Déficit modéré
N-EEL Compréhension morphosyntaxique n/a -1,3 ET Fragile
EVALO 2-6 Lexique en désignation 32/35 -0,4 ET Norme

Règle critique : mentionner toutes les épreuves administrées, y compris celles dans la norme. Un résultat normal est une information clinique, il permet de cerner le profil et d'écarter des hypothèses diagnostiques. Citer un test sans donner les scores est inadmissible en contrôle. Ne citer que les épreuves déficitaires biaise l'image du profil.

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Attention

Omettre l'interprétation des écarts-types (par exemple, ne noter que « -1,8 ET » sans préciser que cela correspond à un déficit modéré) laisse le prescripteur sans repère clinique exploitable.

Pour ne pas retaper le tableau des résultats, vous pouvez rédiger le compte rendu avec Ortho.ia à partir de vos scores importés. Les observations restent les vôtres : vous les tapez ou vous les dictez.

5. Conclusion diagnostique

La conclusion diagnostique contient :

  • Un diagnostic explicitement formulé avec sa terminologie reconnue (TDL, dyslexie-dysorthographie, bégaiement développemental, dysphagie, etc.)
  • La sévérité du trouble (léger, modéré, sévère)
  • Les axes touchés (phonologie, lexique, morphosyntaxe, fluence, etc.)
  • Les diagnostics différentiels écartés ou à investiguer

Exemple de formulation conforme : « Le bilan met en évidence chez Léo un profil compatible avec un Trouble du Développement du Langage (TDL) à prédominance expressive, de sévérité modérée, touchant principalement la phonologie, le lexique en production et la morphosyntaxe en production. Le diagnostic différentiel avec un retard simple de langage est écarté compte tenu de la persistance des difficultés au-delà de 5 ans et de l'absence de cause identifiée. »

Formulation problématique : « Difficultés langagières persistantes avec fragilités phonologiques. » Cette phrase ne constitue pas un diagnostic, elle décrit des symptômes sans poser de cadre nosologique.

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À éviter

Conclusion en creux, diagnostic flou non posé, absence d'écartement des diagnostics différentiels principaux. Un diagnostic flou fragilise le dossier en cas de contrôle et n'aide pas le prescripteur dans sa décision.

6. Projet thérapeutique

Le projet thérapeutique précise :

  • Objectifs de rééducation hiérarchisés : que vise-t-on en premier, en second, pourquoi
  • Modalités : fréquence (exemple : deux séances hebdomadaires), durée des séances (fixée par la NGAP selon l'acte, le plus souvent 30 minutes minimum), individuel ou groupe
  • Nombre et nature des séances : la NGAP prévoit que le compte rendu les indique. Repère : pour la plupart des actes, la première série compte 30 séances, renouvelable par séries de 20, et la poursuite au-delà de 50 séances passe par un bilan de renouvellement (première série de 50 et seuil de 100 pour les handicaps, la dysphasie, les pathologies neurologiques et neurodégénératives et les surdités)
  • Coordination prévue avec les autres intervenants (enseignante, médecin traitant, neuropsychologue, orthoptiste)

Chiffrer est essentiel : le plan de soins fait partie du bilan (art. R4341-2 CSP). Un projet thérapeutique vague est difficile à défendre en contrôle. Exemple : « Rééducation orthophonique indiquée » sans précision de fréquence, durée ni nombre de séances ne permet pas de justifier les séances facturées.

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À éviter

Projet identique copié-collé d'un patient à l'autre (repérable en contrôle), absence de fréquence précisée, objectifs formulés de façon trop générale (« améliorer le langage » ne dit rien).


Les erreurs de rédaction les plus fréquentes (et comment les corriger)

Sept pièges identifiés en pratique et lors de contrôles :

  1. Anamnèse trop courte : trois lignes pour un bilan enfant sont insuffisantes. Minimum attendu : contexte de développement, antécédents médicaux, situation scolaire, vérification auditive.

  2. Tests cités sans scores : inadmissible en contrôle. Si on administre une épreuve, on cote et on rapporte le résultat. Tableau complet attendu : notes brutes, étalonnées, interprétation.

  3. Diagnostic en creux : « fragilités », « difficultés », « retard possible » ne sont pas des diagnostics. Il faut poser un terme nosologique ou expliquer pourquoi le diagnostic ne peut pas être posé à ce stade. Reformulation correcte : « TDL à prédominance expressive, de sévérité modérée » ou « diagnostic différé, à réévaluer dans 6 mois ».

  4. Projet thérapeutique copié-collé : repérable par la CPAM, fragilise le dossier. Personnaliser les objectifs, la fréquence, la durée en fonction du profil clinique réel du patient.

  5. CRBO non signé et/ou non daté : document sans valeur juridique. Signer et dater systématiquement avant envoi.

  6. Confusion entre observations cliniques et résultats de tests : les deux volets doivent être distincts dans la section 4. Les observations décrivent ce qui est perçu directement (comportement, communication spontanée), les tests rapportent les scores normés.

  7. Absence de mention des bilans complémentaires : si une audiométrie a été faite, elle doit figurer en anamnèse (résultat normal ou déficit identifié). Son absence pose la question du diagnostic différentiel.


Adapter le CRBO à la pathologie : ce qui change selon le profil

Le CRBO n'a pas la même densité ni le même axe selon qu'il s'agit d'un bilan de langage oral enfant, d'une dyslexie-dysorthographie, d'une aphasie post-AVC ou d'une déglutition. Les six sections restent les mêmes, le contenu de chaque section change.

Bilan de langage oral chez l'enfant

Axes à documenter obligatoirement : phonologie, lexique (production et réception), morphosyntaxe (production et compréhension), pragmatique, fluence. Batteries référentes : EVALO 2-6, N-EEL, IFDC, BETL. Particularité critique : mention explicite des diagnostics différentiels à écarter (déficit auditif, retard simple vs TDL, trouble neurodéveloppemental associé). Des trames dédiées existent pour le retard de langage à 3 ans, le retard de parole, la dysphasie (TDL) et le bégaiement.

Dyslexie-dysorthographie

Axes spécifiques : décodage (lecture de pseudo-mots), fluence de lecture (mots par minute), orthographe lexicale et grammaticale, conscience phonémique. Tests attendus : BALE, L2MA2, Evalec, Belec. Au-delà des 50 premières séances, la poursuite de la rééducation passe par un bilan de renouvellement (NGAP). Pour les profils dysorthographie isolée, voir la trame CRBO dysorthographie commentée avec formulations diagnostiques types, et pour la lecture, l'exemple de CRBO dyslexie. Côté mathématiques, les CRBO dyscalculie et trouble logico-mathématique suivent la même logique.

Bilan adulte (aphasie, déglutition, voix)

Particularités de l'anamnèse adulte : antécédents neurologiques (AVC, traumatisme crânien), contexte médical (chirurgie ORL, pathologie dégénérative), traitements médicamenteux en cours. Le projet thérapeutique adulte anticipe souvent une coordination pluridisciplinaire (neurologue, médecin traitant, ergothérapeute, kinésithérapeute). Pour les spécificités du CRBO déglutition (items GUSS, FEES, classification IDDSI) et les écarts complets entre CRBO enfant et CRBO adulte, des trames dédiées détaillent les sections section par section. Même principe pour le CRBO aphasie post-AVC et le CRBO trouble cognitivo-linguistique.

Autres profils

Trois profils appellent une trame spécifique : le CRBO autisme (TSA), qui intègre la communication alternative et le profil sensoriel, le CRBO surdité, qui intègre l'appareillage et l'audiométrie, et le CRBO dyspraxie, qui documente la praxie verbale et la coordination.


Combien de temps faut-il pour rédiger un CRBO et comment l'optimiser

Aucune source officielle ne mesure le temps de rédaction d'un CRBO : il dépend du nombre d'épreuves administrées, de la complexité du profil et de la façon dont les observations ont été notées. Quatre postes de temps reviennent :

  1. Retrouver ses notes de passation : si les observations sont éparpillées ou mal datées, reconstituer le tableau clinique prend du temps.
  2. Calculer les scores et les reporter : cotation manuelle, recherche des étalonnages, remplissage du tableau de résultats.
  3. Formuler le diagnostic et les axes thérapeutiques : raisonnement clinique, formulation précise, justification du volume de séances.
  4. Mettre en forme le document : mise en page, relecture, export PDF, signature.

Deux leviers structurels réduisent ce temps :

Rédiger au plus près de la passation : les observations cliniques s'estompent vite, et reconstituer le comportement de l'enfant plusieurs jours après le bilan est plus long et moins fiable. Idéal : compléter les sections 1 à 4 juste après chaque séance de bilan, et garder les sections 5 et 6 (conclusion et projet) pour le moment où toutes les épreuves sont cotées.

Adopter une trame pré-structurée : ne plus créer le document de zéro à chaque bilan fait gagner du temps sur chaque dossier. Une trame Word ou LibreOffice avec les six sections pré-remplies, les en-têtes administratifs, et les tableaux vides prêts à compléter permet de se concentrer sur le contenu clinique.

Ortho.ia génère le CRBO à partir des résultats saisis, rédige les sections 4 à 6 en cohérence avec les données, et exporte le document prêt à signer. Le praticien garde la main sur le raisonnement clinique, l'outil prend en charge la mise en forme ; il reste la relecture et les ajustements avant signature.


FAQ : les questions les plus posées sur la rédaction d'un CRBO

Qu'est-ce qu'un CRBO ?

Le CRBO (compte rendu de bilan orthophonique) est le document que l'orthophoniste adresse au médecin prescripteur à l'issue du bilan. L'article R4341-2 du Code de la santé publique prévoit que le bilan comprend le diagnostic orthophonique, les objectifs et le plan de soins, et que son compte rendu est communiqué au médecin prescripteur avec toute information et tout avis utiles. La NGAP précise que ce compte rendu indique le diagnostic orthophonique et, si une rééducation est nécessaire, ses objectifs ainsi que le nombre et la nature des séances que l'orthophoniste détermine.

Combien de temps faut-il pour rédiger un CRBO ?

Aucune source officielle ne mesure le temps de rédaction d'un CRBO, et aucun texte ne fixe de durée pour cette étape. Il dépend du nombre d'épreuves administrées, de la complexité du profil et de la façon dont les observations ont été notées pendant la passation. Les deux leviers qui le réduisent le plus sont une trame préparée à l'avance et la saisie des observations au fil du bilan.

Quelle différence entre un CRBO initial et un CRBO de renouvellement ?

Le bilan initial pose le diagnostic et justifie l'entrée en rééducation. Le bilan de renouvellement est prescrit quand la rééducation doit se poursuivre au-delà des 50 premières séances, ou des 100 premières pour certains actes (handicaps, dysphasie, pathologies neurologiques et neurodégénératives, démutisation dans les surdités), selon la NGAP. Sa cotation est minorée de 30 %, mais la convention nationale précise qu'il doit répondre aux mêmes exigences de contenu que le bilan initial. Depuis le 23 février 2026 (avenant 21), la demande d'accord préalable à l'issue des bilans pour renouvellement des séances est supprimée.

Comment rédiger un compte rendu de bilan orthophonique ?

Rédiger un CRBO complet suit six étapes : 1) Compléter l'en-tête administratif (identité patient, coordonnées cabinet, RPPS, médecin prescripteur). 2) Rapporter le motif de consultation et le contexte de la prescription. 3) Rédiger l'anamnèse (antécédents, développement, contexte familial et scolaire). 4) Documenter les observations cliniques et les résultats de tests normés dans un tableau. 5) Formuler la conclusion diagnostique avec terminologie reconnue, sévérité, axes touchés. 6) Préciser le projet thérapeutique chiffré (fréquence, durée, nombre de séances, coordination), puis signer et dater le document.

Que doit contenir obligatoirement un CRBO ? L'avenant 20 impose-t-il une trame ?

Aucun texte n'impose de trame ni de nombre de sections, et l'avenant 20 à la convention nationale n'en fixe pas. Le contenu attendu vient de deux sources. L'article R4341-2 du Code de la santé publique prévoit que le bilan comprend le diagnostic orthophonique, les objectifs et le plan de soins, et que le compte rendu est communiqué au médecin prescripteur. La NGAP précise que le compte rendu indique le diagnostic orthophonique et, si une rééducation est nécessaire, ses objectifs ainsi que le nombre et la nature des séances. En accès direct (loi du 19 mai 2023, article L4341-1 du CSP), le bilan initial et un compte rendu des soins sont adressés au médecin traitant et au patient, et reportés dans son DMP. La trame usuelle en six sections (en-tête administratif, motif, anamnèse, observations cliniques avec tests normés, conclusion diagnostique, projet thérapeutique) couvre ces éléments.

Quelle est la longueur idéale d'un CRBO ?

Aucun nombre de pages n'est réglementé : la longueur dépend du nombre d'épreuves administrées et de la complexité du profil. L'objectif est la précision, pas l'exhaustivité. Un CRBO de 8 pages avec des scores et une conclusion floue vaut moins qu'un document de 3 pages précis et bien structuré.

Faut-il envoyer le CRBO au patient ou seulement au médecin ?

Le CRBO doit être adressé au médecin prescripteur. Le patient (ou ses représentants légaux s'il est mineur) a un droit d'accès au dossier médical conformément au Code de la santé publique. En accès direct, le bilan initial et le compte rendu des soins sont aussi adressés au patient (article L4341-1 du CSP). En pratique, de nombreuses orthophonistes remettent une synthèse lisible au patient lors de la séance de restitution, sans les scores bruts ni le jargon technique.

Dans quel délai faut-il rédiger le CRBO après le bilan ?

Aucun délai chiffré n'est fixé : la NGAP prévoit seulement que le compte rendu est adressé au prescripteur à l'issue du bilan. Un CRBO rédigé longtemps après expose à des incohérences entre les observations notées et le document final, la mémoire des détails cliniques s'estompe vite.

La signature électronique est-elle valide sur un CRBO ?

Oui. Le Code civil (article 1367) reconnaît la signature électronique dès lors qu'elle repose sur un procédé fiable d'identification garantissant son lien avec l'acte. Au sens du règlement européen eIDAS, la signature électronique qualifiée a un effet juridique équivalent à celui d'une signature manuscrite.

Comment formuler le diagnostic dans le CRBO ?

Utiliser une terminologie nosologique reconnue (TDL, dyslexie-dysorthographie, bégaiement développemental, dysphagie) avec sa sévérité (léger, modéré, sévère) et ses axes touchés. Exemple : « TDL à prédominance expressive, de sévérité modérée, touchant la phonologie et la morphosyntaxe en production ». Éviter les formulations en creux. Si le diagnostic ne peut pas être posé, l'écrire explicitement : « Diagnostic différé, réévaluation prévue dans 6 mois après investigation complémentaire en neuropsychologie. »


En résumé

Un CRBO bien structuré n'est pas qu'une obligation administrative : c'est un outil clinique qui guide la prise en charge, informe les autres professionnels, et protège l'orthophoniste en cas de contrôle. La rédaction va plus vite dès lors que la trame est prête et que les observations ont été saisies au fil de la passation.

Les six sections usuelles (en-tête, motif, anamnèse, observations + tests, conclusion diagnostique, projet thérapeutique) couvrent le socle réglementaire : l'article R4341-2 du CSP (diagnostic, objectifs, plan de soins) et la NGAP (nombre et nature des séances). La qualité rédactionnelle tient en trois critères : précision clinique (scores reportés, diagnostic posé avec terminologie reconnue), traçabilité (toutes les épreuves administrées mentionnées), cohérence (le projet thérapeutique découle logiquement du diagnostic et du profil identifié).

Sources et références

Avertissement : Cet article est rédigé à des fins d'information professionnelle générale à destination des orthophonistes libéraux. Il ne se substitue pas aux textes réglementaires en vigueur ni aux recommandations de la Fédération Nationale des Orthophonistes (FNO). Les exemples de formulation présentés sont fictifs et à des fins pédagogiques uniquement. Chaque CRBO doit refléter fidèlement les données cliniques réelles du patient et le jugement clinique de l'orthophoniste qui l'a réalisé.

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