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Bilan post-AVC logopède Belgique : modèle INAMI

Modèle complet de bilan logopédique post-AVC conforme INAMI : rubriques, tests standardisés BE, nomenclature. Un modèle structuré, rubrique par rubrique, utilisable directement en cabinet.

Ortho.ia11 juin 202618 min de lecture
Logopède Belgique : exemple de bilan post-AVC (PDF)
Logopède Belgique : exemple de bilan post-AVC (PDF)

Dès la sortie d'hospitalisation, le ou la logopède libéral·e devient le premier référent de la revalidation du langage, de la parole et de la déglutition. Rédiger un bilan logopédique post-AVC conforme aux exigences INAMI reste chronophage et source d'incertitude : quelles rubriques sont attendues ? Quels tests standardisés reconnaître ? Comment articuler aphasie, dysarthrie et dysphagie dans un seul document cohérent ? Cet article propose un modèle structuré, rubrique par rubrique, utilisable directement en cabinet libéral belge.

Pourquoi le bilan post-AVC est un document stratégique pour le ou la logopède belge

Le bilan logopédique déclenche le remboursement INAMI de toute la rééducation ultérieure. En Belgique, la prescription médicale du bilan émane du médecin généraliste, tandis que le spécialiste (neurologue, médecin MPR) peut prescrire directement la rééducation. Ce bilan initial adulte (code INAMI 570710) doit être réalisé dans les délais prévus par la réglementation, généralement dès le retour à domicile du patient, soit 2 à 4 semaines après la sortie d'hospitalisation.

Contrairement à un bilan unique centré sur le langage, le bilan post-AVC couvre quatre domaines : troubles du langage (aphasie), troubles de la parole (dysarthrie), troubles de la déglutition (dysphagie) et communication fonctionnelle. Cette approche globale exige une anamnèse rigoureuse et des outils standardisés reconnus par l'INAMI.

Le programme de revalidation conventionné entre en jeu si le patient sort d'une unité neuro-vasculaire (stroke unit). Le ou la logopède libéral·e prend le relais en phase de réinsertion à domicile. Ce bilan devient alors l'outil de coordination pluridisciplinaire entre le médecin traitant, le neurologue, l'ergothérapeute et le kinésithérapeute.

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Prescription logopédique en Belgique

Le médecin généraliste peut prescrire le bilan logopédique initial. Le médecin spécialiste (ORL, pédiatre, neurologue) peut prescrire directement la rééducation sans passer par un bilan préalable si le diagnostic est déjà posé en milieu hospitalier. Dans le contexte post-AVC, la prescription émane le plus souvent du neurologue traitant ou du médecin MPR de l'unité de revalidation.

Pour approfondir les exigences générales du compte rendu logopédique en Belgique, consultez notre guide de rédaction complet qui détaille la structure INAMI attendue pour tous types de bilans.

Les troubles à explorer systématiquement après un AVC

Le bilan post-AVC impose d'évaluer quatre domaines cliniques. Chaque sous-section correspond à un aspect fonctionnel que la rééducation logopédique devra cibler.

Aphasie et troubles du langage oral et écrit

L'aphasie désigne une atteinte acquise du langage consécutive à une lésion cérébrale. Le bilan doit documenter la production orale (fluence, manque du mot, paraphasies phonémiques et sémantiques), la compréhension orale (ordres simples et complexes), la lecture (alexie) et l'écriture (agraphie).

Outils de référence reconnus en Belgique francophone : MT86 (Protocole Montréal-Toulouse), BDAE (Boston Diagnostic Aphasia Examination), ExaDé pour la dyslexie-dysgraphie acquise. Le MT86 est privilégié en cabinet libéral pour sa passation en 45-60 minutes. Le BDAE offre une exploration plus fine des sous-types d'aphasie (Broca, Wernicke, globale, anomique) mais nécessite 2 heures de passation.

La répétition et la dénomination doivent être testées systématiquement. Un patient qui répète correctement mais ne produit aucun langage spontané oriente vers une aphasie transcorticale motrice. Un patient qui répète mal mais comprend bien évoque une aphasie de conduction.

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Validation en contexte belge

Le MT86 et le BDAE disposent de normes francophones validées en Belgique et en France. ExaDé est un outil spécifique aux troubles acquis de la lecture et de l'écriture chez l'adulte, disponible en version francophone auprès des Éditions Solal.

Dysarthrie et troubles de la parole

La dysarthrie correspond à une atteinte de la réalisation motrice de la parole. Le bilan évalue l'articulation, la prosodie, l'intelligibilité et la respiration phonatoire. Contrairement à l'aphasie, le langage est préservé mais le message oral est difficilement compréhensible.

L'outil de référence est le BECD (Bilan d'Évaluation Clinique de la Dysarthrie) ou une grille d'intelligibilité standardisée. Le bilan doit différencier dysarthrie flasque, spastique, ataxique, hypokinétique ou hyperkinétique selon le type de lésion. Cette distinction oriente la rééducation (renforcement musculaire, contrôle du souffle, travail prosodique).

La coordination avec la kinésithérapie respiratoire est essentielle si la dysarthrie s'accompagne d'une atteinte de la capacité vitale ou d'une paralysie des muscles respiratoires.

Dysphagie et troubles de la déglutition

La dysphagie post-AVC concerne 40 à 70 % des patients en phase aiguë (source : Belgian Stroke Council, 2025). L'évaluation clinique au lit du patient ou en cabinet comprend le test de la cuillère, le test des 3 oz (90 ml d'eau en position assise) et l'observation des temps de déglutition (oral, pharyngé, œsophagien).

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Limites de l'évaluation clinique

L'évaluation clinique ne permet pas de visualiser les fausses routes silencieuses. En cas de doute sur une dysphagie sévère ou de symptômes respiratoires post-repas, le bilan doit mentionner explicitement qu'un bilan instrumental (vidéofluoroscopie ou fibroscopie) est recommandé. Ne pas signaler cette limite engage la responsabilité du ou de la logopède.

L'adaptation des textures alimentaires suit la grille IDDSI (International Dysphagia Diet Standardisation Initiative), utilisée en Belgique depuis 2023 pour homogénéiser les recommandations diététiques entre hôpitaux et domicile. Le bilan doit préciser quelle texture est sécuritaire (mixé lisse, haché, normal) et quelle viscosité de liquides (épaissi, nectar, normal).

Rappel réglementaire : la dysphagie post-AVC est une indication de remboursement INAMI explicite chez l'adulte, sans limite de séances préétablie si l'évolution le justifie.

Communication fonctionnelle et pragmatique

Le MEC (Protocole Montréal d'Évaluation de la Communication) évalue les troubles pragmatiques et les atteintes de l'hémisphère droit. Un patient peut réussir tous les tests de langage formel mais échouer en situation sociale réelle : comprendre l'ironie, interpréter des indices non verbaux, adapter son discours au contexte.

Outils complémentaires : Communication Activity Log (CAL), CETI (Communicative Effectiveness Index). Ces questionnaires mesurent la participation communicative perçue par le patient et son entourage. Croiser les résultats avec le rapport neuropsychologique (si disponible) permet de distinguer ce qui relève de l'aphasie, de la dysarthrie ou de troubles attentionnels et mnésiques.

L'évaluation de la communication fonctionnelle justifie des objectifs rééducatifs écologiques : téléphoner, lire les titres de journaux, commander au restaurant, participer aux réunions familiales.

Modèle de bilan logopédique post-AVC : les rubriques INAMI incontournables

Cette section détaille les rubriques attendues dans un compte rendu de bilan logopédique adulte conforme aux directives INAMI. Chaque sous-section précise le contenu obligatoire et des exemples de formulation.

En-tête administratif et données de prescription

Mentionner : nom, prénom, date de naissance du patient ; numéro INAMI du ou de la logopède ; référence de la prescription (nom du prescripteur, date, motif mentionné sur l'ordonnance) ; date de l'AVC ou date présumée ; date du bilan.

Si le patient sort d'une unité neuro-vasculaire ou d'un service MPR, indiquer le nom de l'hôpital et la date de sortie. Ces éléments situent le bilan dans la chronologie de la prise en charge pluridisciplinaire.

Anamnèse et contexte médical

Préciser le type d'AVC (ischémique ou hémorragique) si communiqué par le médecin. Mentionner le territoire lésionnel (artère cérébrale moyenne gauche, tronc basilaire, etc.) si indiqué dans le courrier de sortie hospitalière. Cela oriente le pronostic et les zones fonctionnelles atteintes.

Recueillir les antécédents de troubles du langage ou de la parole (aphasie primaire progressive, dysarthrie parkinsonienne préexistante). Noter les traitements en cours pouvant interférer avec la rééducation (sédatifs, antiépileptiques, anxiolytiques).

Décrire la situation de vie : entourage (vit seul, conjoint aidant, résidence services), langue(s) parlée(s) (bilinguisme, dialecte), activité professionnelle antérieure. Un patient bilingue nécessite une évaluation dans les deux langues si possible.

Plaintes et objectifs du patient ou de l'entourage

Formuler en première personne si le patient peut s'exprimer : « Je ne retrouve pas mes mots », « Ma voix est faible et on ne me comprend pas », « J'ai peur d'avaler de travers ». Si aphasie sévère, recueillir la plainte de l'aidant principal : « Mon mari ne parle plus depuis l'AVC », « Elle refuse de manger par peur d'étouffer ».

Identifier les priorités fonctionnelles : téléphoner aux enfants, lire les titres du journal, avaler correctement les repas, reprendre les courses alimentaires. Ces objectifs guideront le plan de rééducation et mesureront l'évolution.

Résultats des épreuves standardisées

Pour chaque test administré, indiquer le nom complet de l'outil, la version, les scores bruts, les scores normés et le percentile si disponible. Exemple : « MT86 : compréhension orale au P25 (léger déficit), dénomination au P5 (déficit sévère), répétition dans la norme. »

Mentionner les adaptations nécessaires dues à l'hémiplégie : « Épreuves d'écriture adaptées en main gauche chez patient hémiplégique droit. » Ne pas interpréter avant d'avoir listé tous les résultats. L'interprétation globale se fait dans la rubrique suivante.

Synthèse clinique et profil logopédique

Formuler le ou les diagnostic(s) logopédique(s) en termes fonctionnels : « Aphasie non fluente de type Broca, sévère en expression (manque du mot, agrammatisme), modérée en compréhension. » Ou : « Dysarthrie spastique sévère associée à une dysphagie phase pharyngée. »

Différencier ce qui relève de la logopédie (langage, parole, déglutition) de ce qui relève d'autres disciplines (troubles attentionnels, apraxie gestuelle, négligence spatiale). Recommander explicitement une orientation vers la neuropsychologie, l'ergothérapie ou la kinésithérapie si nécessaire.

Objectifs thérapeutiques et plan de rééducation

Définir des objectifs à court terme (6-8 semaines) et à moyen terme (6 mois). Exemple : « Court terme : améliorer l'intelligibilité à 50 % en situation de conversation dirigée. Moyen terme : permettre la communication téléphonique avec l'entourage proche. »

Justifier la fréquence proposée : « 2 séances hebdomadaires de 30 minutes pendant 3 mois, puis réévaluation. » Préciser les orientations thérapeutiques (approche fonctionnelle, rééducation intensive, communication alternative augmentée si aphasie globale).

Indiquer si une coordination pluridisciplinaire est nécessaire : « Collaboration avec l'ergothérapeute pour les aides techniques à la communication », « Coordination avec la diététicienne pour l'adaptation des textures alimentaires ».

Recommandations pour l'entourage

Fournir des conseils de communication adaptée : parler lentement, reformuler plutôt que répéter à l'identique, laisser le temps de répondre, privilégier les questions fermées si aphasie sévère. Expliquer que l'entourage joue un rôle thérapeutique en créant un environnement favorable à la communication.

Donner des consignes de sécurité en cas de dysphagie : position assise stricte pendant les repas, éviter la télévision pendant le repas (attention divisée), fractionner les prises alimentaires, surveiller les signes de fausse route (toux, voix mouillée, cyanose).

Cette rubrique valorise le rôle du ou de la logopède libéral·e dans l'accompagnement global du patient et de sa famille. Elle renforce l'adhésion thérapeutique et diminue le risque de complications (pneumopathies d'inhalation, isolement social).

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Nomenclature INAMI : quelle cotation pour le bilan post-AVC ?

Le bilan logopédique initial chez l'adulte post-AVC correspond au code INAMI 570710 (bilan initial adulte, durée minimale 60 minutes). Ce code est remboursé une seule fois par patient et par pathologie. Un bilan de contrôle (code 570731) peut être réalisé après 6 mois de rééducation pour documenter l'évolution et justifier la poursuite des séances.

La durée minimale du bilan initial est de 60 minutes en présence du patient. Ce temps inclut la passation des tests, l'anamnèse et les explications au patient ou à l'entourage. Le temps de rédaction du compte rendu n'est pas comptabilisé dans la nomenclature mais reste indispensable pour la transmission au médecin prescripteur.

Documents à conserver au cabinet : ordonnance originale signée et datée par le médecin prescripteur, compte rendu de bilan signé par le ou la logopède, éventuellement courrier de sortie hospitalière si disponible. Le bilan doit être transmis au médecin prescripteur dans les 30 jours suivant la passation. Mentionner dans le compte rendu la date d'envoi ou de remise en mains propres.

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Conventions INAMI révisables

Les codes de nomenclature et les tarifs INAMI sont révisés périodiquement. Consultez systématiquement la version en vigueur sur le site officiel INAMI (inami.fgov.be, rubrique Logopédie) avant toute facturation. Les directives générales pour un bilan de qualité publiées par l'INAMI précisent les critères de remboursement.

Les séances de rééducation logopédique post-AVC adulte sont remboursées sans limite de séances préétablie si l'évolution clinique le justifie. Le ou la logopède doit documenter l'évolution par des bilans intermédiaires réguliers (tous les 6 mois minimum) et justifier la poursuite de la prise en charge auprès du médecin-conseil INAMI si nécessaire.

Bilan post-AVC en cabinet libéral vs en milieu hospitalier : quelles différences ?

En unité neuro-vasculaire (stroke unit), le bilan logopédique est réalisé par la logopède hospitalière dès les premiers jours suivant l'AVC. Ce bilan précoce évalue la dysphagie en phase aiguë (risque de fausse route et de pneumopathie d'inhalation) et les troubles du langage et de la parole émergents. Le ou la logopède libéral·e prend le relais à la sortie d'hospitalisation.

En cabinet libéral, le bilan de reprise intervient plusieurs semaines après l'AVC. Il faut adapter les outils : certains tests ont des normes pour la phase subaiguë (1-3 mois post-AVC) et d'autres pour la phase chronique (au-delà de 6 mois). Le MT86, par exemple, peut être administré dès la phase subaiguë mais l'interprétation des scores doit tenir compte de la récupération spontanée attendue dans les 3 premiers mois.

La coordination avec le médecin traitant, le neurologue et l'équipe de revalidation pluridisciplinaire est essentielle. Le compte rendu de bilan logopédique devient l'outil de communication entre ces acteurs. Il doit préciser les domaines à prendre en charge par chaque discipline : logopédie pour le langage et la déglutition, ergothérapie pour les aides techniques à la communication, kinésithérapie pour la motricité et la respiration, neuropsychologie pour les troubles attentionnels et mnésiques.

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Délai de consultation post-AVC

En Belgique, il n'existe pas de délai réglementaire fixe pour le bilan logopédique libéral post-AVC. En pratique, le bilan est réalisé dès le retour à domicile du patient, idéalement dans les 2 à 4 semaines suivant la sortie d'hospitalisation. Une intervention précoce est associée à de meilleurs résultats fonctionnels, comme le rappelle la littérature internationale sur la revalidation de l'aphasie.

L'avantage du cabinet libéral réside dans l'évaluation écologique : le ou la logopède observe le patient dans son environnement réel (domicile, communication avec les proches, gestion des repas à table). Cette observation enrichit le bilan fonctionnel et permet de formuler des objectifs thérapeutiques réalistes et pertinents pour la vie quotidienne du patient.

Pour approfondir les spécificités du compte rendu logopédique en Belgique, consultez notre guide qui détaille les rubriques INAMI attendues pour tous types de bilans logopédiques adultes et pédiatriques.

Vos questions sur le bilan logopédique post-AVC en Belgique

Qui peut prescrire de la logopédie en Belgique après un AVC ?

En Belgique, le médecin généraliste peut prescrire le bilan logopédique initial. Le médecin spécialiste (neurologue, médecin MPR, ORL) peut prescrire directement la rééducation logopédique sans passer par un bilan préalable si le diagnostic est déjà posé en milieu hospitalier.

Dans le contexte post-AVC, la prescription émane le plus souvent du neurologue traitant ou du médecin de l'unité de revalidation à la sortie d'hospitalisation. Le médecin généraliste peut également prescrire le bilan si le patient consulte en première intention au cabinet libéral après un AVC diagnostiqué aux urgences.

Quels sont les examens à réaliser suite à un AVC en logopédie ?

Le bilan logopédique post-AVC comprend systématiquement une évaluation du langage oral et écrit (aphasie), de la parole (dysarthrie), de la déglutition (dysphagie) et de la communication fonctionnelle. Les outils standardisés les plus utilisés en Belgique francophone sont le MT86 (Protocole Montréal-Toulouse), le BDAE (Boston Diagnostic Aphasia Examination), le MEC (Protocole Montréal d'Évaluation de la Communication) et les grilles d'évaluation clinique de la dysphagie (test de la cuillère, test des 3 oz).

Chaque outil évalue un domaine spécifique. Le MT86 est privilégié pour l'aphasie en cabinet libéral (passation 45-60 minutes). Le MEC évalue les troubles pragmatiques et les atteintes de l'hémisphère droit. Les grilles de dysphagie permettent de déterminer les textures alimentaires sécuritaires.

Quel est le délai recommandé pour le bilan logopédique post-AVC ?

Il n'existe pas de délai réglementaire fixe en Belgique pour le bilan logopédique libéral post-AVC. En pratique, le bilan est réalisé dès le retour à domicile du patient, idéalement dans les 2 à 4 semaines suivant la sortie d'hospitalisation. Une intervention précoce est associée à de meilleurs résultats fonctionnels, comme le rappelle la littérature internationale sur la revalidation de l'aphasie (source : Belgian Stroke Council, 2025).

Le délai peut varier selon l'état clinique du patient : un patient en phase aiguë avec dysphagie sévère nécessite une évaluation immédiate dès le retour à domicile. Un patient en phase subaiguë avec aphasie modérée peut être vu dans les 2-4 semaines. Le bilan de contrôle intervient tous les 6 mois minimum pour documenter l'évolution.

Quel est le rôle exact du ou de la logopède dans le bilan post-AVC ?

Le ou la logopède évalue les troubles de la communication et de la déglutition consécutifs à l'AVC, pose un diagnostic logopédique fonctionnel, définit les objectifs thérapeutiques et communique ses conclusions au médecin prescripteur via le compte rendu de bilan. Ce document déclenche la prise en charge INAMI de la rééducation logopédique.

Le bilan permet également de différencier les troubles logopédiques (aphasie, dysarthrie, dysphagie) des troubles relevant d'autres disciplines (troubles attentionnels, apraxie gestuelle, négligence spatiale). Le ou la logopède oriente alors le patient vers la neuropsychologie, l'ergothérapie ou la kinésithérapie si nécessaire. Ce rôle de coordination pluridisciplinaire est central dans la prise en charge post-AVC.

Ce que le bilan logopédique post-AVC ne peut pas faire seul

Le bilan logopédique ne se substitue pas au bilan neuropsychologique. Les troubles attentionnels, mnésiques et des fonctions exécutives nécessitent une évaluation spécifique par un neuropsychologue. Si des signes évocateurs sont présents (distractibilité, oubli immédiat, difficulté à planifier les tâches), le compte rendu de bilan doit recommander explicitement une orientation neuropsychologique.

Le bilan clinique de la dysphagie ne remplace pas la vidéofluoroscopie ou la fibroscopie endoscopique en cas de doute sur une dysphagie sévère. L'évaluation clinique ne permet pas de visualiser les fausses routes silencieuses (pénétrations laryngées sans toux). En cas de symptômes respiratoires post-repas (toux nocturne, voix mouillée, fièvre inexpliquée), le bilan doit mentionner qu'un examen instrumental est recommandé.

Le bilan logopédique ne couvre pas les troubles moteurs (hémiplégie, hémiparésie, troubles de l'équilibre). Ces troubles relèvent de la kinésithérapie et nécessitent une prescription médicale distincte. La coordination entre logopédie et kinésithérapie est essentielle pour la rééducation globale du patient post-AVC.

Ce positionnement clair renforce la crédibilité du compte rendu de bilan et l'image professionnelle du ou de la logopède. Il évite les attentes irréalistes de la part du patient, de l'entourage ou du médecin prescripteur. Il situe la logopédie dans une approche pluridisciplinaire cohérente.

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En résumé

Le bilan logopédique post-AVC est à la fois un acte clinique rigoureux et un document administratif structurant. En Belgique, sa conformité aux exigences INAMI conditionne toute la trajectoire de remboursement du patient. Utiliser un modèle structuré, couvrant les quatre domaines (aphasie, dysarthrie, dysphagie, communication fonctionnelle), est une façon concrète de gagner du temps tout en renforçant la qualité du suivi pluridisciplinaire.

Les trois points à retenir : le bilan déclenche le remboursement INAMI de toute la rééducation ultérieure ; les quatre domaines (aphasie, dysarthrie, dysphagie, communication fonctionnelle) doivent figurer dans chaque bilan post-AVC ; le compte rendu doit être transmis au médecin prescripteur dans les 30 jours suivant la passation pour garantir la continuité de la prise en charge.

Pour aller plus loin sur la rédaction de vos documents logopédiques, consultez notre guide du compte rendu logopédique en Belgique qui détaille les rubriques INAMI attendues pour tous types de bilans adultes et pédiatriques.


Avis de responsabilité : Les informations contenues dans cet article ont une visée professionnelle et informative. Elles ne constituent pas un avis médical, un avis juridique ou une recommandation thérapeutique individuelle. Les nomenclatures et codes INAMI mentionnés sont susceptibles d'évoluer : il appartient à chaque logopède de vérifier les textes réglementaires en vigueur sur le site officiel de l'INAMI (inami.fgov.be). Cet article ne remplace pas la formation clinique ni la supervision par un professionnel de santé qualifié.

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