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Cession de patientèle orthophoniste : cadre légal, fiscalité, démarches

Céder sa patientèle en tant qu'orthophoniste libéral : ce que dit la loi, la fiscalité de la plus-value, les démarches de cessation et le sort des dossiers patients.

Ortho.ia17 septembre 20267 min de lecture
Cession de patientèle orthophoniste : cadre légal, fiscalité et démarches de transmission
Cession de patientèle orthophoniste : cadre légal, fiscalité et démarches de transmission

Céder sa patientèle marque la fin d'un exercice libéral, par départ à la retraite, reconversion ou déménagement définitif. Contrairement au remplacement, qui organise une absence temporaire, la cession organise un départ sans retour. Ce guide détaille le cadre légal réel de cette opération, sa fiscalité et les démarches de cessation, souvent traités de façon trop générale dans les guides destinés à l'ensemble des professions libérales.

Ce que dit réellement le droit sur la cession de patientèle

La clientèle d'une profession libérale de santé ne peut, en principe, pas être vendue comme un actif commercial ordinaire : le patient garde toujours la liberté de choisir son praticien. La Cour de cassation a cependant tranché depuis longtemps que le droit de présentation d'un successeur reste licite, dès lors que cette liberté de choix est préservée (Cass. civ. 1re, 7 novembre 2000, n°98-17.731).

Concrètement, l'orthophoniste sortant s'engage, contre une indemnité, à cesser son activité dans le secteur et à recommander son successeur à ses patients. C'est ce mécanisme, appelé cession du droit de présentation de clientèle, qui structure la quasi-totalité des cessions de cabinet en profession libérale de santé, orthophonie comprise.

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Un contrat, pas une simple annonce

La présentation du successeur aux patients se formalise par un contrat de cession écrit, distinct d'un bail ou d'une simple passation orale. La FNO recommande de clarifier dès la rédaction si cette présentation intervient avant ou après la signature du contrat, pour éviter tout litige sur l'exécution de l'engagement.

Fiscalité : deux régimes d'exonération possibles

La cession génère une plus-value professionnelle, imposable en principe. Deux dispositifs distincts permettent une exonération totale ou partielle, sous condition d'une activité libérale exercée depuis au moins cinq ans.

RégimeCondition principaleExonération
Article 238 quindecies du CGIPrix de cession et valeur vénale des éléments transmisTotale si moins de 500 000 €, partielle entre 500 000 € et 1 000 000 €
Article 151 septies A du CGIDépart à la retraite, droits liquidés dans les 2 ans autour de la cessionTotale, quel que soit le prix de cession

Le régime de l'article 238 quindecies s'applique aux opérations qui emportent un véritable transfert économique et juridique de l'activité à un repreneur, retraite ou non. Celui de l'article 151 septies A cible spécifiquement le départ en retraite, avec cessation de toute fonction dans l'activité cédée. Les deux régimes ne se cumulent pas sur la même plus-value, mais le second reste ouvert même au-delà des seuils de prix du premier.

Point d'attention

Même exonérée à l'impôt sur le revenu, la plus-value reste soumise aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité). L'exonération porte sur l'impôt, pas sur l'ensemble de la fiscalité de l'opération.

La valorisation elle-même, c'est-à-dire le prix retenu pour la patientèle, ne répond à aucun barème officiel publié. Elle se discute au cas par cas, généralement avec un expert-comptable ou un cabinet spécialisé en cession d'activité libérale, en fonction du chiffre d'affaires récent, de la fidélité de la patientèle et de la localisation du cabinet.

Démarches administratives de cessation

Une fois la présentation du successeur réalisée et le contrat signé, la cessation d'activité doit être déclarée dans le délai d'un mois via le guichet unique des formalités d'entreprises, qui transmet ensuite l'information à l'Urssaf, à la DGFiP et à l'Insee. Ce point rejoint les mêmes organismes évoqués pour les cotisations CARPIMKO, suivis dès l'installation en libéral.

L'Urssaf envoie ensuite une notification de radiation et un formulaire de déclaration de revenus professionnels définitifs, à compléter sous 90 jours. La couverture maladie de base reste assurée par la CPAM du lieu de résidence pendant cette période de transition, indépendamment du statut professionnel.

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Dossiers patients et bilans en cours : ce qui ne se cède pas comme le reste

Un dossier patient ne se transmet pas automatiquement au successeur. Il appartient au patient, protégé par le secret professionnel et le RGPD, et son transfert suppose l'accord explicite de chaque patient ou de sa famille pour un mineur.

Un bilan commencé avant la cession et non finalisé pose une difficulté spécifique à la profession, rarement traitée dans les guides généralistes de cession d'activité libérale. En principe, l'orthophoniste qui a réalisé les épreuves reste responsable de la rédaction du compte rendu correspondant. Si le successeur reprend un bilan en cours, l'accord explicite de la famille et une transmission claire des observations déjà recueillies évitent tout flou sur la responsabilité du contenu final.

Ce point mérite d'être anticipé avec le repreneur avant la signature, au même titre que la date de reprise ou le prix, plutôt que découvert au moment du transfert.

En résumé

Céder sa patientèle d'orthophoniste repose sur un mécanisme juridique précis, le droit de présentation d'un successeur, jamais sur une vente directe de clientèle. Deux régimes fiscaux distincts permettent une exonération de plus-value selon le prix de cession ou le départ en retraite, mais les prélèvements sociaux restent dus. La cessation d'activité se déclare dans le mois qui suit, et le sort des dossiers patients et des bilans en cours mérite d'être réglé avec le successeur avant la signature, pas après.

Sources
Peut-on légalement vendre sa patientèle en tant qu'orthophoniste ?

Pas directement. La clientèle d'une profession libérale de santé ne se vend pas comme un actif ordinaire, le patient reste libre de choisir son praticien. La Cour de cassation reconnaît en revanche la validité du droit de présentation : l'orthophoniste sortant s'engage, contre indemnité, à cesser son activité localement et à recommander son successeur à ses patients. C'est ce mécanisme, pas une vente de clientèle au sens strict, qui structure une cession en pratique.

Quelle différence entre céder sa patientèle et céder son cabinet ?

Céder son cabinet peut inclure des murs, du matériel et un bail commercial ou professionnel, en plus de la présentation de patientèle. Céder sa seule patientèle, sans local ni matériel, correspond davantage à un départ en retraite ou une reconversion depuis un cabinet loué. Les deux situations mobilisent le même mécanisme juridique du droit de présentation, mais l'acte de cession et son prix ne portent pas sur les mêmes éléments.

Quelle fiscalité s'applique à la plus-value de cession ?

Deux régimes d'exonération coexistent pour une activité libérale exercée depuis au moins cinq ans. L'article 238 quindecies du CGI exonère totalement la plus-value si le prix de cession reste sous 500 000 euros, partiellement entre 500 000 et 1 000 000 euros. L'article 151 septies A du CGI exonère totalement en cas de départ à la retraite, sous réserve de faire valoir ses droits dans les deux ans qui entourent la cession. Les prélèvements sociaux restent dus même en cas d'exonération de l'impôt sur le revenu.

Que deviennent les dossiers patients et les bilans en cours après la cession ?

Les dossiers patients suivent le patient, pas le cabinet : leur transfert au successeur suppose l'accord du patient, conformément au secret professionnel et au RGPD. Un bilan commencé avant la cession et non finalisé doit en principe être conclu par son auteur, ou transmis avec l'accord explicite de la famille si le successeur le reprend. Anticiper ce point avec le repreneur évite un flou préjudiciable au patient comme aux deux professionnels.

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