Comptabilité orthophoniste libéral : BNC ou micro-BNC ?
BNC réel ou micro-BNC : quel régime fiscal est le plus avantageux en libéral ? Tableau comparatif, seuil de bascule à 34 % et obligations pratiques.

Choisir le bon régime fiscal quand on s'installe en orthophoniste libéral, c'est éviter de payer plusieurs centaines d'euros d'impôts inutiles chaque année. Par défaut, le régime micro-BNC s'applique automatiquement. Mais ce n'est pas toujours le plus avantageux. En réalité, un seul calcul suffit : vos charges professionnelles réelles dépassent-elles 34 % de votre chiffre d'affaires ? Si oui, le régime réel (déclaration contrôlée) vous permet de déduire davantage et donc de payer moins. Si non, le micro-BNC reste la solution la plus simple. Cet article compare les deux régimes, chiffres à l'appui, et vous aide à décider lequel vous correspond.
Orthophoniste libéral : pourquoi vous relevez des BNC
Vous exercez en libéral ? Vous relevez obligatoirement des Bénéfices Non Commerciaux (BNC), définis à l'article 92 du Code général des impôts. Cette catégorie regroupe toutes les professions libérales réglementées et non réglementées : médecins, kinésithérapeutes, psychologues, consultants, formateurs, et bien sûr orthophonistes. À l'inverse des commerçants ou artisans (qui relèvent des BIC, Bénéfices Industriels et Commerciaux), votre activité n'est ni commerciale ni agricole.
En BNC, deux régimes fiscaux existent :
- Le micro-BNC : régime simplifié, applicable si votre chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas 77 700 EUR (seuil 2026). L'abattement forfaitaire de 34 % s'applique automatiquement sur vos recettes brutes. Vous ne déduisez aucune charge réelle. Votre bénéfice imposable correspond donc à 66 % de votre CA.
- La déclaration contrôlée (ou régime réel) : régime par défaut au-dessus de 77 700 EUR de CA, ou sur option si vous êtes en dessous. Vous déduisez toutes vos charges professionnelles réelles : loyer, cotisations sociales, matériel, formation, assurance RCP, frais de déplacement, documentation professionnelle. Vous établissez chaque année une déclaration 2035 qui détaille votre résultat fiscal.
Le micro-BNC s'applique automatiquement lors de votre installation en libéral sauf demande contraire. Mais ce choix par défaut coûte parfois cher.
Micro-BNC vs BNC réel : le tableau comparatif complet
Le plafond de 77 700 EUR s'apprécie sur le CA brut de l'année civile. Si vous le dépassez deux années consécutives, vous basculez obligatoirement au régime réel dès la troisième année.
Le micro-BNC en un coup d'œil
Le régime micro-BNC repose sur un principe unique : l'administration fiscale applique un abattement forfaitaire de 34 % sur vos recettes brutes. Cet abattement est censé couvrir l'ensemble de vos charges professionnelles. Vous ne pouvez rien déduire d'autre.
Obligations comptables allégées : vous tenez uniquement un livre de recettes chronologique (date, identité du patient ou de la caisse, montant perçu, moyen de paiement). Aucune déclaration 2035 à produire. Vous reportez simplement le montant de vos recettes brutes sur le formulaire 2042 C PRO au moment de votre déclaration de revenus.
Plafond strict : 77 700 EUR de CA annuel. Si vous franchissez ce seuil, vous passez automatiquement au régime réel l'année suivante (sauf si le dépassement est inférieur à 10 % et que vous ne franchissez pas 85 470 EUR, auquel cas vous restez en micro une année supplémentaire).
Interdictions : le micro-BNC est incompatible avec l'adhésion à une société de fait (cabinet de groupe en BNC) et avec certains dispositifs d'optimisation fiscale (report déficitaire, amortissement du matériel).
La déclaration contrôlée (BNC réel) en un coup d'œil
Le régime réel permet de déduire toutes vos charges professionnelles justifiées. Chaque dépense engagée dans l'intérêt de votre activité devient déductible : loyer du cabinet, cotisations CARPIMKO et URSSAF, matériel orthophonique (ordinateur, tests, logiciels de gestion), formation DPC, documentation professionnelle, assurance RCP, frais de déplacement domicile-cabinet et visites à domicile, téléphone et internet (quote-part professionnelle), frais de blanchissage, adhésion à la FNO ou aux syndicats.
Obligations comptables complètes : vous tenez un livre-journal des recettes et dépenses (trésorerie), un registre des immobilisations (matériel amorti sur plusieurs années), vous conservez tous les justificatifs et produisez un Fichier des Écritures Comptables (FEC) en cas de contrôle fiscal. Chaque année, vous établissez la déclaration 2035, qui détaille votre résultat fiscal selon la nomenclature officielle des charges.
Adhésion à une AGA conseillée : jusqu'en 2022, ne pas adhérer à une Association de Gestion Agréée entraînait une majoration de 25 % du bénéfice imposable. Cette pénalité a été supprimée en 2023. Toutefois, l'adhésion reste intéressante : elle donne droit à une réduction d'impôt de 2/3 des frais d'adhésion (dans la limite de 915 EUR) et vous permet de bénéficier de conseils fiscaux personnalisés. La cotisation annuelle varie entre 150 et 300 EUR selon les AGA.
Le tableau comparatif
| Critère | Micro-BNC | BNC réel (déclaration contrôlée) |
|---|---|---|
| Plafond de CA | 77 700 EUR | Pas de plafond |
| Abattement | 34 % forfaitaire | Charges réelles déductibles |
| Obligations comptables | Livre de recettes uniquement | Livre-journal + registre immobilisations + FEC |
| Déclaration fiscale | 2042 C PRO | 2035 |
| CARPIMKO / URSSAF | Calculées sur bénéfice micro (CA x 0,66) | Calculées sur bénéfice réel (CA - charges) |
| Adhésion AGA | Non requise | Recommandée (réduction d'impôt possible) |
| Avantageux si... | Charges réelles < 34 % du CA | Charges réelles > 34 % du CA |
Le seuil de bascule : à partir de combien de charges le réel devient plus intéressant ?
Ce calcul ne prend en compte que l'impôt sur le revenu. Pour optimiser votre situation globale, il faut aussi intégrer l'impact sur vos cotisations sociales URSSAF et CARPIMKO (voir section dédiée plus bas).
Le calcul du seuil
L'abattement micro-BNC est de 34 %. Cela signifie que le régime micro est avantageux tant que vos charges réelles représentent moins de 34 % de votre CA. Si vos charges dépassent ce seuil, le régime réel vous permet de déduire davantage et donc de réduire votre bénéfice imposable.
Exemple concret 1 : CA de 65 000 EUR, charges réelles de 18 000 EUR (soit 27,7 % du CA)
- Micro-BNC : bénéfice imposable = 65 000 x (1 - 0,34) = 42 900 EUR
- BNC réel : bénéfice imposable = 65 000 - 18 000 = 47 000 EUR
- Conclusion : le micro-BNC est plus avantageux de 4 100 EUR de bénéfice imposable en moins. Sur cette base, l'économie d'impôt (taux marginal 30 %) est d'environ 1 230 EUR.
Exemple concret 2 : CA de 65 000 EUR, charges réelles de 25 000 EUR (soit 38,5 % du CA)
- Micro-BNC : bénéfice imposable = 42 900 EUR
- BNC réel : bénéfice imposable = 65 000 - 25 000 = 40 000 EUR
- Conclusion : le BNC réel est plus avantageux de 2 900 EUR de bénéfice imposable en moins. Sur cette base, l'économie d'impôt (taux marginal 30 %) est d'environ 870 EUR par an.
Quelles charges comptent vraiment pour une orthophoniste ?
Voici les postes de charges déductibles les plus fréquents en libéral :
- Loyer du cabinet ou quote-part du loyer si cabinet à domicile (surface professionnelle / surface totale).
- Cotisations sociales : CARPIMKO (retraite) et URSSAF (maladie-maternité, allocations familiales, CSG-CRDS). Ces cotisations représentent souvent 20 à 25 % du CA à elles seules. Elles sont déductibles au réel, pas en micro-BNC.
- Matériel et logiciels : ordinateur, tablette, tests orthophoniques, mobilier, logiciel de gestion du cabinet dédié aux orthophonistes.
- Formation DPC (Développement Professionnel Continu) : sessions, congrès, formations en ligne, droits d'inscription.
- Documentation professionnelle : revues spécialisées (Rééducation Orthophonique, Glossa), abonnements en ligne, ouvrages cliniques.
- Frais de déplacement : trajet domicile-cabinet (barème kilométrique), visites à domicile si vous en effectuez.
- Téléphone et internet : quote-part professionnelle (50 % si usage mixte, 100 % si ligne dédiée).
- Frais de blanchissage : si vous portez des tenues spécifiques (blouses, sur-blouses).
- Assurance Responsabilité Civile Professionnelle (RCP) : obligatoire, cotisation annuelle environ 100 à 200 EUR.
- Adhésion à la FNO ou syndicats : cotisations professionnelles déductibles.
Important : les cotisations CARPIMKO et URSSAF représentent à elles seules 20 à 25 % du CA en moyenne. Si vous ajoutez un loyer (même partiel), du matériel et de la formation, vous dépassez très vite les 34 % d'abattement du micro-BNC.
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L'installation : pourquoi le micro-BNC par défaut peut coûter cher
Lors de votre démarrage d'activité en libéral, le régime micro-BNC s'applique automatiquement (sauf option contraire). Or, la première année concentre souvent des charges élevées : achat de matériel orthophonique (tests, ordinateur, mobilier), aménagement du cabinet, frais d'installation administrative (adhésion CARPIMKO, assurance RCP, abonnements professionnels), formations initiales pour monter en compétences.
Le problème : ces charges ne sont pas déductibles en micro-BNC. Vous payez donc de l'impôt sur un bénéfice fictif (CA minoré de 34 % seulement), alors que vos charges réelles ont pu représenter 50 % ou plus de votre CA la première année.
La solution : vous pouvez opter pour le régime de la déclaration contrôlée dès la première année en le mentionnant sur votre déclaration de début d'activité (formulaire P0PL) ou au plus tard lors de votre première déclaration de revenus (année N+1). Cette option vous permet de déduire toutes vos charges d'installation et de réduire considérablement votre bénéfice imposable la première année.
Rétrocessions d'honoraires entre remplaçant et titulaire
Si vous exercez en tant que remplaçante, vous percevez des honoraires et rétrocédez une quote-part au titulaire du cabinet (généralement 15 à 30 % du CA). Inversement, si vous êtes titulaire et que vous faites appel à une remplaçante, vous percevez cette rétrocession.
En micro-BNC : les honoraires rétrocédés à un remplaçant sont déduits des recettes brutes avant l'application de l'abattement de 34 %. Vous ne payez donc pas d'impôt sur la part rétrocédée. En revanche, si vous êtes remplaçante, vous ne déduisez aucune charge sur la part qui vous revient (l'abattement de 34 % s'applique sur le CA net que vous conservez).
En régime réel : les honoraires rétrocédés sont déductibles comme une charge d'exploitation. Si vous êtes remplaçante, vous déduisez vos propres charges réelles (déplacements, matériel, formation, cotisations sociales).
L'impact peut être significatif si vous êtes remplaçante avec des charges élevées (déplacements importants entre plusieurs cabinets, investissement dans votre propre matériel). Dans ce cas, le régime réel devient souvent plus avantageux, même si votre CA global est inférieur à 77 700 EUR. Ce point mérite d'être validé avec un comptable ou une AGA spécialisée, car les règles d'application varient selon la forme juridique de la rétrocession (contrat de remplacement, collaboration libérale).
Obligations pratiques selon votre régime : ce que vous devez faire concrètement
En micro-BNC : les obligations minimales
Le régime micro-BNC demande très peu de formalisme :
- Tenir un livre de recettes chronologique : date d'encaissement, identité du patient ou de la caisse payeuse, montant perçu, moyen de paiement (espèces, chèque, virement, télépaiement). Ce livre peut être un simple fichier Excel ou un cahier papier. Conservez-le pendant 10 ans.
- Conserver les justificatifs de recettes : relevés bancaires, avis de paiement NOEMIE (retours caisses), reçus d'honoraires pour les patients en régie directe.
- Déclarer les recettes brutes sur le formulaire 2042 C PRO au moment de votre déclaration de revenus (entre avril et juin de l'année N+1). Reportez le total des recettes de l'année civile N dans la case correspondante aux BNC micro-entreprise.
- Pas de 2035, pas de FEC, pas de registre d'immobilisations : vous ne produisez aucun document comptable détaillé.
En BNC réel : les obligations complètes
Le régime réel impose une tenue comptable rigoureuse :
- Livre-journal des recettes et dépenses : enregistrez chronologiquement toutes les opérations de trésorerie (encaissements et décaissements). Chaque ligne doit comporter : date, libellé, montant, mode de règlement, référence du justificatif. Ce livre-journal peut être tenu sur Excel ou via un logiciel de comptabilité dédié.
- Registre des immobilisations : listez tout le matériel professionnel dont la valeur unitaire dépasse 500 EUR HT (ordinateur, mobilier, matériel orthophonique). Indiquez pour chaque bien : date d'acquisition, valeur d'origine, durée d'amortissement, dotations annuelles. Les biens de moins de 500 EUR sont déductibles en charges directes l'année d'achat.
- Conservation de toutes les pièces justificatives : factures fournisseurs, reçus, relevés bancaires, avis de paiement NOEMIE, attestations de cotisations sociales CARPIMKO et URSSAF. Durée légale : 10 ans (6 ans pour la plupart, mais 10 ans en cas de contrôle fiscal portant sur plusieurs années).
- Production du FEC (Fichier des Écritures Comptables) si contrôle fiscal : fichier informatisé normalisé reprenant toutes les écritures du livre-journal. Obligatoire depuis 2014 pour toute comptabilité informatisée.
- Etablissement et dépôt de la déclaration 2035 : formulaire de 6 pages détaillant votre compte de résultat, votre bilan simplifié, vos immobilisations, vos plus-values éventuelles. Délai de dépôt : même échéance que votre déclaration de revenus (généralement mi-mai pour la déclaration papier, fin mai pour la déclaration en ligne). La 2035 est transmise directement via le portail impots.gouv.fr ou par l'intermédiaire de votre expert-comptable.
Adhésion à une AGA vivement recommandée : une Association de Gestion Agréée vous accompagne dans la tenue comptable, vérifie la cohérence de vos déclarations et vous fournit un dossier de gestion annuel. Coût annuel : 150 à 300 EUR selon les AGA. Depuis 2023, l'adhésion n'est plus obligatoire mais reste conseillée pour bénéficier de la réduction d'impôt de 2/3 des frais d'adhésion (dans la limite de 915 EUR) et d'un accompagnement professionnel.
Certains logiciels de gestion de cabinet génèrent automatiquement le livre-journal et la 2035 à partir de vos encaissements et dépenses. Ils permettent un gain de temps considérable et réduisent le risque d'erreur.
Peut-on changer de régime en cours d'année ?
Non. Le changement de régime fiscal s'effectue pour l'année civile complète. Si vous souhaitez basculer du micro-BNC au régime réel à compter du 1er janvier de l'année N, vous devez exercer l'option avant le 1er février de l'année N (ou à la date limite de dépôt de votre déclaration d'ensemble des revenus de l'année N-1 si elle intervient après le 1er février).
Exemple : vous exercez en micro-BNC en 2025. Vous réalisez fin 2025 que vos charges dépassent 34 % de votre CA. Vous souhaitez passer au régime réel en 2026. Vous devez notifier cette option à votre centre des impôts avant le 1er février 2026 (ou au moment de votre déclaration de revenus 2025 si elle intervient après).
Attention : le passage du régime réel au micro-BNC est également possible, sous réserve de respecter le plafond de 77 700 EUR. Mais une fois que vous avez opté pour le régime réel, vous êtes engagé pour 2 ans minimum. Vous ne pouvez revenir au micro-BNC qu'à partir de la 3ème année.
Impact sur vos cotisations sociales : URSSAF et CARPIMKO
Un point souvent méconnu : le choix du régime fiscal a un impact direct sur vos cotisations sociales.
En micro-BNC, vos cotisations URSSAF (assurance maladie-maternité, allocations familiales, CSG-CRDS) sont calculées sur votre bénéfice après abattement de 34 %, soit sur 66 % de votre CA. Vos cotisations CARPIMKO (retraite de base et complémentaire) sont également calculées sur cette base.
En régime réel, vos cotisations URSSAF et CARPIMKO sont calculées sur votre bénéfice net réel (CA - charges réelles). Si votre bénéfice réel est inférieur au bénéfice micro (66 % du CA), vos cotisations sociales seront également plus basses. Vous bénéficiez donc d'un double avantage fiscal et social.
Exemple chiffré : CA de 65 000 EUR, charges réelles de 25 000 EUR.
- Micro-BNC : bénéfice imposable = 42 900 EUR. Cotisations URSSAF et CARPIMKO calculées sur 42 900 EUR, soit environ 10 300 EUR de cotisations (taux moyen 24 %).
- BNC réel : bénéfice imposable = 40 000 EUR. Cotisations URSSAF et CARPIMKO calculées sur 40 000 EUR, soit environ 9 600 EUR de cotisations. Économie : 700 EUR de cotisations par an en plus de l'économie d'impôt.
Pour la CARPIMKO (régime de retraite obligatoire des orthophonistes libéraux), les cotisations comportent une part forfaitaire (identique quel que soit le régime) et une part proportionnelle au revenu. Le régime fiscal influence uniquement la part proportionnelle. Les taux et plafonds sont revus chaque année. Consultez le site de la CARPIMKO pour connaître les taux applicables à votre situation.
Les règles de calcul des cotisations sociales évoluent chaque année. Vérifiez les taux en vigueur sur les sites officiels de l'URSSAF et de la CARPIMKO avant de faire vos simulations.
Quel régime choisir selon votre profil d'orthophoniste libérale ?
Synthèse décisionnelle pour vous aider à trancher :
Micro-BNC recommandé si :
- Votre CA annuel est inférieur à 55 000 EUR (seuil indicatif, à ajuster selon vos charges réelles).
- Vos charges professionnelles réelles représentent moins de 34 % de votre CA.
- Vous exercez à domicile ou en cabinet partagé avec loyer très faible.
- Vous avez peu de frais de déplacement, peu d'investissement matériel, peu de formation payante.
- Vous recherchez la simplicité administrative maximale : pas de 2035, pas de comptabilité lourde.
- Vous êtes en début d'activité avec un CA encore faible et des charges minimales.
BNC réel recommandé si :
- Votre CA annuel dépasse 55 000 EUR (seuil indicatif).
- Vos charges professionnelles réelles dépassent 34 % de votre CA (loyer, cotisations sociales, matériel, formation, déplacements).
- Vous louez un cabinet à titre principal (loyer > 500 EUR/mois).
- Vous avez des frais de déplacement importants (visites à domicile, trajets longs).
- Vous investissez régulièrement dans du matériel orthophonique (tests, ordinateur, logiciels).
- Vous êtes ou avez été remplaçante avec rétrocessions d'honoraires.
- Vous souhaitez déduire vos cotisations CARPIMKO et URSSAF (20 à 25 % du CA) et optimiser votre fiscalité globale.
- Vous prévoyez un développement rapide de votre activité et un CA croissant.
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Voir notre simulateur →FAQ : vos questions sur la comptabilité d'orthophoniste libérale
Quelles sont les charges d'un orthophoniste libéral ?
Les charges courantes d'un orthophoniste libéral incluent : le loyer du cabinet (ou quote-part du loyer si cabinet à domicile), les cotisations URSSAF (assurance maladie-maternité, allocations familiales, CSG-CRDS) et CARPIMKO (retraite de base et complémentaire), l'assurance Responsabilité Civile Professionnelle (RCP), le matériel et les logiciels professionnels (ordinateur, tests orthophoniques, logiciel de gestion), la formation DPC (développement professionnel continu), les frais de déplacement (trajets domicile-cabinet, visites à domicile), la documentation professionnelle (revues, ouvrages), le téléphone et internet (quote-part professionnelle), le blanchissage éventuel, et les cotisations syndicales ou d'adhésion FNO. En régime réel, toutes ces charges sont intégralement déductibles si elles sont justifiées et à usage exclusivement professionnel (ou proratisées pour les dépenses mixtes). Les cotisations sociales représentent à elles seules 20 à 25 % du chiffre d'affaires en moyenne.
Quelle différence entre micro-BNC et BNC réel ?
Le micro-BNC applique un abattement forfaitaire de 34 % sur vos recettes brutes, sans possibilité de déduire vos charges réelles. Votre bénéfice imposable correspond donc à 66 % de votre chiffre d'affaires. Le régime réel (déclaration contrôlée) permet de déduire l'ensemble de vos charges professionnelles réelles : loyer, cotisations sociales, matériel, formation, déplacements. Votre bénéfice imposable correspond à votre CA moins vos charges. Le micro-BNC est plus simple administrativement (pas de déclaration 2035, un simple livre de recettes suffit), mais il n'est avantageux que si vos charges réelles représentent moins de 34 % de votre CA. Au-delà, le régime réel devient plus intéressant fiscalement, même s'il impose une comptabilité plus rigoureuse.
Comment tenir sa comptabilité en profession libérale ?
En micro-BNC, vous tenez uniquement un livre de recettes chronologique (date, identité du patient ou de la caisse, montant perçu, moyen de paiement) et conservez vos justificatifs de recettes. Aucune déclaration 2035 n'est requise. En régime réel, vous devez tenir un livre-journal des recettes et dépenses (toutes les opérations de trésorerie enregistrées chronologiquement), un registre des immobilisations (matériel amorti sur plusieurs années), conserver tous les justificatifs et établir chaque année la déclaration 2035. Un logiciel de comptabilité dédié aux professions de santé simplifie considérablement cette gestion en automatisant une grande partie des saisies et en générant les documents obligatoires.
Quelles sont les obligations comptables des professions libérales ?
Les professions libérales relevant des BNC ont l'obligation de tenir une comptabilité de trésorerie, c'est-à-dire d'enregistrer les recettes encaissées et les dépenses payées (et non les créances ou les dettes). En micro-BNC, seul un livre de recettes est exigé. En régime réel, les obligations sont plus étendues : livre-journal des recettes et dépenses tenu régulièrement, registre des immobilisations (si vous possédez du matériel professionnel amortissable), production du Fichier des Écritures Comptables (FEC) en cas de contrôle fiscal, et établissement annuel de la déclaration 2035 détaillant votre compte de résultat et votre bilan simplifié. La conservation des pièces justificatives est obligatoire pendant 10 ans.
Quel est le tarif d'un comptable pour une profession libérale ?
Pour un orthophoniste libéral, les tarifs varient fortement selon le prestataire et les services inclus. Un expert-comptable traditionnel facture généralement entre 900 et 3 000 EUR HT par an pour la tenue comptable complète et l'établissement de la déclaration 2035. Ce tarif inclut souvent le suivi fiscal annuel et un ou deux rendez-vous de conseil. Les associations de gestion agréées (AGA) proposent un accompagnement à moindre coût (150 à 500 EUR par an) mais avec moins de services : elles vérifient votre comptabilité et vous fournissent un dossier de gestion, mais ne saisissent pas vos écritures à votre place. Enfin, des solutions de comptabilité en ligne spécialisées para-médical (dont certaines incluent un accompagnement humain) proposent des tarifs mensuels accessibles, souvent entre 12 et 40 EUR HT par mois. Comparez les offres en fonction des services inclus : saisie des écritures, établissement de la 2035, conseil fiscal, accompagnement aux déclarations sociales.
En résumé
Le choix entre micro-BNC et déclaration contrôlée repose sur un seul calcul : vos charges professionnelles réelles dépassent-elles 34 % de votre chiffre d'affaires ? Si oui, le régime réel est presque toujours plus intéressant, malgré des obligations comptables plus lourdes. Si non, le micro-BNC reste la solution la plus simple. N'oubliez pas que ce choix a également un impact sur vos cotisations sociales URSSAF et CARPIMKO. Enfin, la décision doit être prise avant le 1er février pour s'appliquer à l'année complète.
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Voir notre simulateur →Pour aller plus loin dans l'organisation de votre activité, un logiciel de gestion de cabinet dédié aux professions de santé facilite la tenue de vos livres comptables au quotidien.
Les informations contenues dans cet article ont une vocation pédagogique générale. Elles ne constituent pas un conseil fiscal individualisé. Les règles fiscales et sociales évoluent régulièrement. Consultez un expert-comptable, une association de gestion agréée (AGA) ou un conseiller fiscal pour toute décision relative à votre régime d'imposition.