CRBO dyscalculie : trame, tests et scores | Ortho.ia
Structurez votre CRBO dyscalculie : rubriques clés, items ZAREKI-R, TEDI-MATH et UDN-II, interprétation des scores. Trame opérationnelle pour orthophoniste.

Rédiger un CRBO dyscalculie rigoureux soulève trois difficultés fréquentes : choisir les outils d'évaluation standardisés adaptés à l'âge du patient, formuler correctement les scores en référence aux normes, et structurer le document pour qu'il soit exploitable par tous les partenaires (médecins prescripteurs, enseignants référents, MDPH). Cet article répond à ces enjeux en détaillant la trame du bilan logico-mathématique, les trois tests de référence (ZAREKI-R, TEDI-MATH, UDN-II) et les formulations diagnostiques conformes au DSM-5. Pour maîtriser tous les aspects du compte rendu orthophonique, consultez notre guide de rédaction du CRBO. La structuration du CRBO dyscalculie suit une logique similaire à celle du CRBO dysphasie, tout en ciblant des composantes cognitives spécifiques aux activités numériques.
Pourquoi le CRBO dyscalculie exige une trame dédiée
La dyscalculie développementale est un trouble spécifique du neurodéveloppement affectant les activités numériques. Selon le DSM-5, elle se définit par des difficultés persistantes dans l'apprentissage du calcul, de la numération et du raisonnement logico-mathématique, en l'absence de déficience intellectuelle globale. La prévalence se situe entre 3,5 % et 7 % des enfants scolarisés (données INSERM, 2024). Ce trouble se distingue d'une simple difficulté scolaire passagère par sa chronicité et par l'atteinte de plusieurs composantes cognitives spécifiques.
Le bilan logico-mathématique réalisé par l'orthophoniste évalue les processus cognitifs sous-jacents : sens du nombre, mémoire de travail numérique, traitement ordinal et cardinal, stratégies de calcul. Il ne mesure pas les performances scolaires brutes, mais l'intégrité des circuits cérébraux dédiés au traitement numérique. Une trame générique de CRBO ne convient pas : les items à évaluer, les tests standardisés et les formulations diagnostiques diffèrent fondamentalement d'un CRBO dyslexie ou dysphasie.
Les recommandations de la Haute Autorité de Santé sur les troubles des apprentissages précisent le rôle de l'orthophoniste dans le diagnostic pluridisciplinaire. La nomenclature générale des actes professionnels (NGAP, grille FOF 2026) inscrit le bilan de la cognition mathématique (troubles du calcul, troubles du raisonnement logico-mathématique) sous le code AMO 34,03 (88,48 €). La rééducation associée est cotée AMO 11,7 (30,42 €). Ce bilan constitue une pièce centrale du dossier MDPH et oriente les aménagements scolaires (tiers-temps, calculatrice, matériel numérique).
Les composantes cognitives à explorer obligatoirement
Le CRBO dyscalculie doit documenter les six domaines suivants :
- Sens du nombre et subitizing : capacité à estimer et comparer des quantités sans comptage séquentiel.
- Chaîne numérique orale et écrite : récitation de la comptine, comptage en avant/arrière, dénombrement d'une collection.
- Transcodage : passage de l'arabe au verbal (lire « 74 ») et du verbal à l'arabe (écrire « soixante-quatorze »).
- Calcul procédural : maîtrise des algorithmes d'addition, soustraction, multiplication et division posées.
- Faits arithmétiques : automatisation des tables, compléments à 10, doubles, moitiés.
- Résolution de problèmes : compréhension de l'énoncé, identification de l'opération, planification de la résolution.
La dyscalculie est rarement isolée. Une dyslexie co-occurrente affecte la lecture de nombres ; un TDAH dégrade les performances de calcul procédural par inattention ; une dyspraxie visuo-spatiale compromet l'organisation des opérations posées. Le CRBO doit mentionner ces comorbidités et pondérer l'interprétation des scores en conséquence.
Les trois tests de référence pour le bilan dyscalculie orthophonique
L'orthophoniste dispose de plusieurs outils standardisés étalonnés. Les trois instruments les plus utilisés en France sont le ZAREKI-R, le TEDI-MATH et l'UDN-II. Leur choix dépend de l'âge du patient, des composantes à cibler et des normes disponibles. Un bilan dyscalculie sérieux combine souvent deux de ces outils pour couvrir l'ensemble du profil cognitif numérique.
ZAREKI-R (Batterie pour l'évaluation du traitement des nombres et du calcul chez l'enfant, Révisée)
Auteurs : Von Aster, Seron et Noël (adaptation française). Le ZAREKI-R cible les enfants de 6 à 11 ans (CE1 à CM2) et couvre 11 sous-tests : comptage en avant/arrière, dénombrement, dictée de nombres, lecture de nombres, comparaison de nombres, calcul oral, calcul posé, estimation de quantités, résolution de problèmes arithmétiques, mémoire de travail numérique.
Chaque sous-test fournit un score brut converti en percentile en référence au niveau scolaire. Un score total inférieur au 10ᵉ percentile, ou un profil hétérogène avec plusieurs sous-tests sous le 5ᵉ percentile, constitue un seuil diagnostique indicatif. Le CRBO doit préciser le niveau scolaire actuel de l'enfant en regard des normes utilisées (un redoublant évalué avec les normes de son niveau réel ou de son niveau administratif modifie l'interprétation).
Formulation type dans le CRBO : « Au ZAREKI-R, [prénom] obtient un score total de 78/123 (7ᵉ percentile, normes CE2), situant ses performances en zone de déficit significatif pour le traitement des nombres et du calcul. Les sous-tests de comptage à rebours (3ᵉ percentile) et de résolution de problèmes (4ᵉ percentile) révèlent des difficultés sévères, contrastant avec un dénombrement dans la moyenne faible (23ᵉ percentile). »
TEDI-MATH (Test diagnostique des compétences de base en mathématiques)
Auteurs : Van Nieuwenhoven, Grégoire et Noël (version française originale belge, diffusée en France). Le TEDI-MATH s'adresse aux enfants de 4 à 8 ans (Grande Section à CE2) et constitue l'outil de référence pour le dépistage précoce. Il explore 9 domaines : récitation de la comptine numérique, dénombrement d'une collection, comparaison de deux ensembles, production d'une collection, opérations addition et soustraction présentées oralement, résolution de problèmes arithmétiques simples.
Chaque domaine fournit un score brut converti en note standard (moyenne 10, écart-type 3) et en percentile. Une note standard inférieure à 7 (moins 1 écart-type) sur plusieurs domaines, ou inférieure à 4 (moins 2 écarts-types) sur au moins un domaine, signale un trouble. L'atout spécifique du TEDI-MATH réside dans sa capacité à distinguer les profils de dyscalculie procédurale (échec aux opérations) versus conceptuelle (échec à la comparaison et à la production de collections), information précieuse pour orienter la rééducation.
Formulation type dans le CRBO : « Au TEDI-MATH, les épreuves de comptage (note standard 5/20, 5ᵉ percentile) et de résolution de problèmes (note standard 4/20, 2ᵉ percentile) révèlent un déficit sévère des compétences de base en mathématiques. La comparaison de nombres (note standard 9/20, 37ᵉ percentile) demeure dans la moyenne, suggérant un profil de dyscalculie à dominante procédurale. »
UDN-II (Utilisation des doigts et des nombres)
Auteurs : Fayol et Seron. Population cible : enfants de 5 à 12 ans. L'UDN-II explore spécifiquement l'utilisation des doigts dans le dénombrement et les stratégies de comptage, ainsi que la représentation analogique des quantités. Son apport est complémentaire au ZAREKI-R et au TEDI-MATH sur le plan de l'analyse qualitative des stratégies compensatoires.
Les items clés incluent le comptage digital, la reconnaissance de quantités présentées sur les doigts, et le dénombrement séquentiel. Les scores sont convertis en percentiles et complétés par une analyse qualitative des procédures. L'UDN-II s'avère particulièrement pertinent lorsque le bilan met en évidence un recours excessif aux stratégies de comptage digital ou une impossibilité de subitizing (reconnaissance immédiate de petites quantités), éléments importants à documenter dans la section « analyse qualitative des stratégies » du CRBO.
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Voir l'exemple complet →Interpréter les scores dans le corps du CRBO : formulations et pièges à éviter
Cette section répond à la difficulté majeure des orthophonistes : comment formuler les scores dans le document clinique de façon rigoureuse, sans ambiguïté pour le lecteur non-orthophoniste (médecin traitant, enseignant référent, commission MDPH).
Normes, percentiles et écarts-types : ce que le CRBO doit préciser
Les conventions de reporting imposent de toujours indiquer le score brut, la mesure normative (percentile ou écart-type selon le test) et la tranche d'âge ou le niveau scolaire de référence utilisé pour l'étalonnage. Mélanger les métriques sans précision crée des ambiguïtés : une note standard (TEDI-MATH), un rang percentile (ZAREKI-R) et un percentile brut (UDN-II) ne se comparent pas directement.
| Test | Métrique principale | Seuil d'alerte indicatif | Seuil diagnostique indicatif |
|---|---|---|---|
| ZAREKI-R | Rang percentile | < 25ᵉ percentile | < 10ᵉ percentile |
| TEDI-MATH | Note standard (m=10, ET=3) | NS < 7 | NS < 4 sur domaine clé |
| UDN-II | Percentile + analyse qualitative | < 25ᵉ percentile | < 10ᵉ percentile + stratégies immatures |
Les formulations à éviter dans le CRBO dyscalculie
Éviter les jugements de valeur sans ancrage normatif : « résultats très faibles » ou « il est nul en maths » n'ont aucune valeur clinique. Éviter également la conclusion diagnostique prématurée dans la section « résultats bruts » : la synthèse diagnostique se réserve à la conclusion. L'omission du niveau scolaire actuel en regard des normes constitue une erreur fréquente : un enfant redoublant évalué avec les normes de son niveau réel versus son niveau administratif change radicalement l'interprétation.
Bonne pratique : séparer systématiquement dans le CRBO la section « résultats quantitatifs » (scores, percentiles, tableaux) de la section « analyse qualitative » (stratégies observées, comportement lors des épreuves, impact émotionnel visible, fatigabilité).
Les normes du ZAREKI-R datent de 2006 (révision française). En 2026, un écart de 20 ans peut déformer les percentiles. Mentionner l'année de l'étalonnage dans le CRBO évite toute contestation ultérieure du dossier MDPH.
La conclusion diagnostique : termes recommandés
Conformément au DSM-5 et à la terminologie de la Fédération Nationale des Orthophonistes, privilégier les formulations suivantes : « trouble spécifique des apprentissages avec déficit en calcul », « trouble des activités numériques », « dyscalculie développementale ». Préciser la sévérité selon le DSM-5 : légère, modérée ou sévère.
Les préconisations orthophoniques doivent inclure la fréquence des séances (1 à 2 séances hebdomadaires de 30 à 45 minutes), les axes prioritaires (sens du nombre, automatisation des faits arithmétiques, stratégies de calcul procédural, résolution de problèmes) et les adaptations scolaires à recommander : tiers-temps aux évaluations, calculatrice autorisée, matériel numérique (boulier, réglettes), verbalisation des consignes mathématiques.
Trame opérationnelle du CRBO dyscalculie : les sections indispensables
Cette trame complète, directement utilisable, structure le compte rendu en six sections essentielles. Elle garantit l'exploitabilité du document par tous les partenaires de soin et facilite l'instruction du dossier MDPH.
Section 1. Anamnèse et motif de consultation
Renseigner l'identité (âge, classe), le motif de la prescription (médecin traitant, pédiatre, neuropédiatre) et les plaintes rapportées par les parents et/ou l'enseignant : difficultés en numération, comptage, mémorisation des tables, résolution de problèmes. Documenter les antécédents développementaux pertinents : langage oral, motricité globale et fine, parcours de scolarisation (redoublement, soutien scolaire).
Mentionner les bilans antérieurs réalisés (psychologue, neuropsychologue, ergothérapeute) et leurs résultats s'ils sont disponibles. Cette contextualisation oriente l'interprétation des scores et identifie les comorbidités potentielles.
Section 2. Bilan du langage oral (si non déjà réalisé)
Justification : les troubles du langage oral peuvent impacter les performances aux épreuves verbales du ZAREKI-R et du TEDI-MATH, notamment la comptine numérique orale et la résolution de problèmes oraux. Indiquer si un bilan langage oral a été réalisé en parallèle ou en amont. En cas de trouble du langage identifié, préciser l'impact sur la passation des épreuves mathématiques.
Section 3. Résultats aux épreuves standardisées
Structurer cette section en sous-sections par test utilisé. Pour le ZAREKI-R, présenter un tableau récapitulatif :
| Sous-test | Score brut | Percentile | Niveau |
|---|---|---|---|
| Comptage en avant | 8/10 | 45ᵉ | Moyenne |
| Comptage à rebours | 3/10 | 3ᵉ | Déficit sévère |
| Dénombrement | 6/8 | 23ᵉ | Moyenne faible |
| Dictée de nombres | 12/18 | 8ᵉ | Déficit |
Pour le TEDI-MATH, tableau similaire avec notes standard. Pour l'UDN-II, scores et analyse qualitative des stratégies (comptage digital systématique, absence de subitizing). Conclure par une analyse transversale : dissociations inter-domaines, profil homogène versus hétérogène.
Section 4. Analyse qualitative et observations cliniques
Décrire le comportement lors des épreuves : niveau d'anxiété, évitement des tâches numériques, stratégies compensatoires déployées (comptage digital systématique, recours à la mémorisation séquentielle au lieu du calcul automatisé). Documenter la qualité de l'effort, la fatigabilité en cours de passation et l'impact attentionnel observable sur les performances.
Section 5. Synthèse et diagnostic orthophonique
Formuler le diagnostic en termes DSM-5 : « [Prénom] présente un trouble spécifique des apprentissages avec déficit en calcul (315.1, DSM-5), de sévérité modérée. » Préciser le profil spécifique : dyscalculie procédurale (algorithmes de calcul), conceptuelle (sens du nombre, comparaison), ou mixte. Mentionner les comorbidités identifiées ou suspectées à explorer (dyslexie, TDAH, dyspraxie).
Section 6. Préconisations et axes de rééducation
Détailler le plan de rééducation orthophonique : fréquence des séances, objectifs prioritaires (développer le sens du nombre par manipulation, automatiser les faits arithmétiques, enseigner des stratégies de calcul procédural explicites), méthodes envisagées (approche neuropsychologique, manipulation de matériel concret, jeux numériques).
Lister les aménagements scolaires préconisés : tiers-temps, calculatrice, matériel numérique, verbalisation des consignes. Orienter vers un suivi pluridisciplinaire si nécessaire (neuropédiatre pour éliminer un diagnostic différentiel, neuropsychologue pour bilan des fonctions exécutives, ergothérapeute pour dyspraxie visuo-spatiale). Planifier le prochain bilan de contrôle (délai recommandé : 18 à 24 mois).
Comorbidités et ajustements de la trame du CRBO
La dyscalculie est rarement isolée. Les comorbidités fréquentes modifient la sélection des tests, la pondération de l'interprétation et les préconisations rééducatives.
Dyscalculie + dyslexie : les épreuves de lecture de nombres (ZAREKI-R, TEDI-MATH) sont pénalisées par la dyslexie. Le CRBO doit mentionner la co-occurrence et adapter l'interprétation des sous-tests en lecture/écriture de nombres. Privilégier les épreuves orales pour évaluer le sens du nombre indépendamment du trouble du langage écrit.
Dyscalculie + TDAH : l'inattention dégrade artificiellement les scores de calcul procédural et de mémoire de travail numérique. Documenter les conditions de passation (pauses proposées, consignes répétées) et mentionner les ajustements réalisés dans l'analyse qualitative.
Dyscalculie + dyspraxie : l'organisation spatiale des opérations posées est compromise par la dyspraxie visuo-spatiale. Distinguer dans la synthèse diagnostique ce qui relève de la dyspraxie (alignement des colonnes, traçage des chiffres) de ce qui relève de la dyscalculie procédurale (choix de l'algorithme, exécution des étapes).
Dyscalculie chez l'adulte : le ZAREKI-R n'est pas étalonné au-delà de 11 ans. Mentionner les limites normatives et les alternatives : évaluation neuropsychologique complémentaire (NeuroPSI, WAIS-IV pour les subtests arithmétiques). Le CRBO adulte s'appuie davantage sur l'analyse qualitative et les impacts fonctionnels dans la vie quotidienne et professionnelle.
Questions fréquentes sur le bilan dyscalculie orthophonique
Quel est le test pour détecter la dyscalculie ?
Le bilan orthophonique dyscalculie mobilise plusieurs outils standardisés complémentaires. En France, les trois références principales sont le ZAREKI-R (6-11 ans, 11 sous-tests couvrant le traitement des nombres et le calcul), le TEDI-MATH (4-8 ans, diagnostic précoce des compétences de base en mathématiques) et l'UDN-II (analyse des stratégies de dénombrement et de l'utilisation des doigts). Le choix des tests dépend de l'âge de l'enfant et des composantes cognitives à explorer. L'orthophoniste peut combiner deux instruments pour obtenir un profil complet. Chaque test fournit des scores bruts convertis en percentiles ou en notes standard, permettant de situer les performances de l'enfant en référence à sa classe d'âge.
Est-ce que la dyscalculie est un handicap ?
La dyscalculie est reconnue comme un trouble spécifique du neurodéveloppement au sens du DSM-5 (trouble spécifique des apprentissages avec déficit en calcul). Elle peut être reconnue par la MDPH comme une situation de handicap, ouvrant droit à des aménagements scolaires (PAP, PPS, tiers-temps, usage de la calculatrice) et à une allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) selon la sévérité. Le CRBO orthophonique constitue une pièce centrale du dossier MDPH : sa qualité rédactionnelle, la précision de ses scores et la rigueur de sa synthèse diagnostique influencent directement la reconnaissance du trouble et l'attribution des compensations.
Est-ce que la dyscalculie peut être reconnue par la RQTH ?
Oui, en cas de dyscalculie sévère persistant à l'âge adulte, une RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) peut être sollicitée auprès de la MDPH. Un bilan orthophonique récent documentant la persistance du trouble et ses impacts fonctionnels dans la vie quotidienne et professionnelle constitue un élément de dossier important. L'orthophoniste peut être amené à rédiger un CRBO adulte en l'absence d'outils étalonnés spécifiques : la qualité de l'analyse qualitative et des observations cliniques est alors déterminante. La RQTH permet d'aménager le poste de travail (logiciels de calcul, temps supplémentaire pour les tâches numériques, formation adaptée).
Qui diagnostique la dyscalculie ?
Le diagnostic de dyscalculie est posé par l'orthophoniste à l'issue d'un bilan de la cognition mathématique standardisé (AMO 34,03 dans la nomenclature générale des actes professionnels, grille FOF 2026). Il s'inscrit dans une démarche pluridisciplinaire pouvant associer un neuropédiatre ou un neuropsychologue pour éliminer les diagnostics différentiels (déficience intellectuelle globale, trouble visuo-spatial isolé, trouble envahissant du développement). Le médecin prescripteur (généraliste, pédiatre, neuropédiatre) initie la démarche et reçoit le CRBO en retour. En cas de comorbidités suspectées, une coordination avec un psychologue scolaire, un ergothérapeute ou un psychiatre peut s'avérer nécessaire.
En résumé
Un CRBO dyscalculie rigoureux repose sur le choix d'outils standardisés adaptés à l'âge (ZAREKI-R, TEDI-MATH, UDN-II), une interprétation des scores ancrée dans les normes disponibles, et une trame structurée couvrant l'anamnèse, les résultats quantitatifs, l'analyse qualitative, la synthèse diagnostique et les préconisations. Le CRBO dyscalculie constitue le pivot de la communication avec les partenaires de soin et le support du dossier MDPH. Sa qualité rédactionnelle influence directement la reconnaissance du trouble et l'attribution des compensations scolaires et administratives.
Cet article a une visée informative et s'adresse aux professionnels de santé (orthophonistes). Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas les recommandations cliniques en vigueur. Les seuils diagnostiques mentionnés sont des repères indicatifs issus des manuels des tests cités ; l'interprétation définitive relève de la compétence exclusive du professionnel de santé habilité. Pour toute situation clinique individuelle, se référer aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) et aux guides de bonnes pratiques de la Fédération Nationale des Orthophonistes (FNO).