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CRBO dyslexie : trame, items obligatoires et exemple

Trame complète d'un CRBO dyslexie : anamnèse, batteries BALE/ODEDYS, scores étalonnés, hypothèses diagnostiques et objectifs. Exemple rédigé à adapter.

Ortho.ia9 juin 202617 min de lecture
CRBO dyslexie : exemple, trame et items obligatoires
CRBO dyslexie : exemple, trame et items obligatoires

Vous finissez un bilan de langage écrit d'un enfant CE2 orienté pour dyslexie. Vous avez passé 2 h 30 de tests, coté votre BALE ou ODEDYS, et maintenant il vous faut rédiger le compte rendu de bilan orthophonique (CRBO). Ce document, transmis au médecin prescripteur et aux parents, doit être structuré, argumenté et conforme au cahier des charges 2023. Cet article donne la trame complète, section par section, avec exemples rédigés et tableau de scores intégrable. Si vous êtes aussi confronté à un profil dysorthographie isolée, le modèle de CRBO dysorthographie couvre cette situation spécifique.

Ce que la nomenclature exige dans un CRBO dyslexie

L'avenant 20, publié au Journal Officiel le 25 juillet 2023, fixe le cadre du compte rendu de bilan orthophonique. Depuis cette date, tout bilan, qu'il porte sur la dyslexie, la dysorthographie, la dysphasie, un trouble pragmatique ou une autre pathologie, doit suivre une structure en six sections :

  1. Identification du patient et du prescripteur : nom, prénom, date de naissance, classe, établissement scolaire, coordonnées du médecin prescripteur.
  2. Motif de consultation et demande : raison de l'orientation (difficultés en lecture, échec scolaire, suspicion de dyslexie signalée par l'enseignant), demande formulée par les parents ou par l'école.
  3. Anamnèse : histoire du développement du langage oral, acquisitions scolaires, contexte familial, facteurs d'exclusion vérifiés.
  4. Bilan des compétences : liste des épreuves administrées, scores bruts et étalonnés, interprétation subtest par subtest, analyse qualitative des stratégies et erreurs.
  5. Synthèse et hypothèse diagnostique : croisement des résultats quantitatifs et qualitatifs, identification du profil dyslexique (phonologique, de surface, mixte), mention des troubles associés (dysorthographie, dyscalculie, TDA/H).
  6. Projet thérapeutique et objectifs : proposition de prise en charge, fréquence des séances, durée prévisionnelle, axes de rééducation ciblés, mention des aménagements scolaires si pertinents.

Le CRBO doit être adressé au médecin prescripteur dans les 15 jours qui suivent la dernière séance de bilan (bilan de la communication et du langage écrit coté AMO 34,02 selon la grille FOF 2026, article 1.2). Une copie est remise aux parents ou aux représentants légaux si l'enfant est mineur. La durée de validité du CRBO est de 6 mois pour les dossiers MDPH, PAP ou PPS.

Pour une vue d'ensemble de la rédaction du bilan orthophonique, quelle que soit la pathologie, le guide de référence détaille le cadre réglementaire complet et les pièges à éviter selon l'avenant 21.

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Bon à savoir

L'avenant 21 (applicable en 2026) a modifié les codes de cotation AMO mais n'a pas changé le contenu obligatoire du CRBO. Les six sections listées ci-dessus restent valables. La FNO (Fédération Nationale des Orthophonistes) met à jour régulièrement ses fiches pratiques pour accompagner les libérales dans ces évolutions réglementaires.

Anamnèse dyslexie : les items à ne pas oublier

L'anamnèse est la section la plus souvent lacunaire dans les CRBO que je relis en supervision. Or c'est cette section qui permet au médecin de comprendre le contexte du trouble et aux équipes MDPH de statuer sur les compensations. Voici les items à couvrir systématiquement.

Données administratives et scolaires

  • Âge civil et âge de développement si écart significatif (enfant né prématuré, suivi en centre de référence).
  • Classe actuelle et type de scolarisation : école ordinaire, ULIS (Unité Localisée pour l'Inclusion Scolaire), SEGPA (Section d'Enseignement Général et Professionnel Adapté).
  • Langue(s) parlée(s) à la maison. Si contexte plurilingue, précisez la langue de scolarisation et la langue dominante de l'enfant (un enfant bilingue séquentiel précoce peut présenter un décalage initial en français écrit sans qu'il s'agisse de dyslexie).
  • Redoublements éventuels ou maintien en cycle. Ces informations attestent des difficultés anciennes et permettent de dater l'apparition du trouble.
  • Aménagements déjà en place : PAP (Plan d'Accompagnement Personnalisé), PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation), tiers-temps aux évaluations, AVS (Accompagnant d'Élèves en Situation de Handicap), outils numériques.

Histoire du développement du langage et des apprentissages

  • Développement du langage oral : premiers mots (âge attendu 12-18 mois), premières phrases (âge attendu 24-30 mois). Un retard de langage oral constitue un facteur de risque de troubles ultérieurs du langage écrit.
  • Antécédents de prise en charge : bilan orthophonique antérieur, suivi en centre référent des troubles du langage et des apprentissages (CRTLA), bilan neuropsychologique, bilan psychomoteur.
  • Acquisition de la lecture : quel âge pour les premières correspondances graphème-phonème, premières difficultés signalées par l'enseignant (CP, CE1), stratégies observées (devinette, sur-segmentation, régularisation systématique des mots irréguliers).
  • Résultats scolaires : notes en français (lecture, production d'écrit, orthographe), en mathématiques (les difficultés de lecture impactent souvent la compréhension des énoncés de problèmes).
  • Histoire familiale : dyslexie chez un parent, un frère ou une sœur. La dyslexie phonologique a une composante génétique forte (jusqu'à 50 % des enfants dyslexiques ont un parent dyslexique). Mentionner cette information n'est pas stigmatisant : elle oriente le diagnostic différentiel.

Facteurs d'exclusion à vérifier et mentionner

La dyslexie est un trouble spécifique du langage écrit défini par exclusion. Le CRBO doit attester explicitement que les facteurs suivants ont été explorés et écartés :

  • Déficience intellectuelle : performances dans la norme en raisonnement non-verbal, ou renvoi à un bilan psychologique (WISC-V) si doute.
  • Déficit sensoriel visuel ou auditif non corrigé : contrôle ophtalmologique récent (date à mentionner), contrôle ORL ou audiométrie si l'enfant a des antécédents d'otites séreuses chroniques.
  • Carence pédagogique avérée : scolarisation régulière, enseignement de la lecture conforme aux programmes.
  • Trouble psychiatrique primaire : absence de trouble anxieux massif ou de trouble de l'humeur pouvant expliquer intégralement les difficultés.
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Attention

Si vous n'avez pas pu vérifier un de ces facteurs (par exemple, absence de contrôle visuel récent), mentionnez-le explicitement : « Un contrôle ophtalmologique récent est recommandé pour écarter un déficit visuel non corrigé ». Ne décrétez jamais « absence de déficience intellectuelle » si vous n'avez pas administré de test de raisonnement ou si les parents n'ont pas fourni un bilan psychologique récent.

Formulation recommandée pour la section exclusion (exemple rédigé) :

L'examen orthophonique ne met pas en évidence de déficience intellectuelle (performances en raisonnement non-verbal dans la norme, subtest Matrices du WISC-V administré en novembre 2025 : percentile 45). L'acuité visuelle a été contrôlée par l'ophtalmologue en juin 2025 (rapport joint au dossier). Aucune carence pédagogique n'est identifiée. La scolarisation est régulière depuis la maternelle. L'enfant ne présente pas de trouble psychiatrique primaire susceptible d'expliquer intégralement les difficultés observées.

Batterie BALE et ODEDYS dans le CRBO : quels items inscrire

BALE et ODEDYS sont les deux batteries normées les plus utilisées en France pour l'évaluation du langage écrit chez l'enfant scolarisé en primaire. Voici comment présenter leurs résultats dans le CRBO.

La BALE (Batterie Analytique du Langage Écrit)

  • Éditeur : ECPA/Pearson, auteurs Jacquier-Roux, Valdois, Zorman.
  • Tranche d'âge : CP à CM2 (6-11 ans environ).
  • Axes couverts : lecture de mots réguliers, lecture de mots irréguliers, lecture de pseudo-mots (évaluation distincte des deux voies de lecture : voie d'assemblage phonologique et voie d'adressage lexicale), conscience phonologique (manipulation phonémique), dénomination rapide automatisée (DRA), mémoire phonologique à court terme (répétition de mots, de logatomes), orthographe lexicale (dictée de mots réguliers, irréguliers, pseudo-mots).

Comment l'inscrire dans le CRBO : tableau à quatre colonnes (subtest / note brute / centile ou écart-type / interprétation qualitative). Mentionnez explicitement les seuils : centile < 10 = performance déficitaire ; entre c10 et c25 = fragilité ; entre c25 et c75 = dans la norme ; au-delà de c75 = forte performance.

L'ODEDYS (CE1 à 5e)

  • Éditeur : Cogni-Sciences, Université Grenoble-Alpes.
  • Tranche d'âge : CE1 à 5e.
  • Axes : lecture (voie d'assemblage / voie d'adressage via listes de mots réguliers, irréguliers, pseudo-mots), orthographe (dictée de mots, dictée de phrases), conscience phonologique (fusion, suppression), mémoire phonologique à court terme (répétition de mots, de logatomes, mémoire de chiffres endroit et envers).

Différence clé avec la BALE : ODEDYS fonctionne par seuils de classe (CE1, CE2, CM1, CM2, 5e) et non par âge civil. Erreur fréquente à signaler : comparer un enfant CM1 aux normes CM2 parce qu'il a 10 ans et demi. Prenez toujours la classe scolaire actuelle, même si l'enfant a redoublé. Si l'enfant est en CM1, vous utilisez les seuils CM1, quel que soit son âge.

Comment l'inscrire dans le CRBO : même format tabulaire que pour la BALE, avec colonnes score brut / seuil étalonné / classe d'interprétation (norme, fragile, déficit modéré, déficit sévère).

Exemple de tableau de résultats à insérer dans le CRBO

Subtest Note brute Centile / Seuil Interprétation
Lecture mots réguliers 16/20 c40 Dans la norme
Lecture mots irréguliers 13/20 c25 Limite inférieure
Lecture pseudo-mots 7/20 < c5 Déficit sévère
Conscience phonologique (suppression) 6/10 c8 Déficit sévère
Mémoire phonologique (logatomes) 5/10 c15 Fragile
Orthographe lexicale 11/20 c20 Fragile

Données fictives à titre illustratif, enfant CE2 fictif.

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Bon à savoir

Ce tableau peut être complété avec Alouette-R (épreuve de vitesse de lecture sur texte continu, donne un âge de lecture et un quotient de lecture directement exploitables par les prescripteurs et les MDPH) et, selon le profil, avec des épreuves de compréhension écrite (compréhension de phrases, compréhension de texte narratif issue de l'EVALEC ou de la BELEC).

Exemple rédigé : section "Synthèse et hypothèse diagnostique"

Cette section croise les résultats quantitatifs (scores) et l'analyse qualitative (observation des erreurs, des stratégies, du comportement pendant la passation). Voici trois formulations-types selon le profil identifié.

Dyslexie phonologique (formulation-type)

Les résultats au bilan objectivent un déficit sévère de la voie d'assemblage phonologique (lecture de pseudo-mots : centile < 5), contrastant avec des performances préservées en voie d'adressage (lecture de mots irréguliers : c40). Les épreuves de conscience phonologique confirment un traitement phonémique déficitaire (suppression de phonème initial : c8, fusion phonémique : c12). Ce profil est compatible avec une dyslexie phonologique persistante. Une dysorthographie lexicale associée est identifiée (orthographe de pseudo-mots : c10, orthographe de mots réguliers : c18). L'enfant compense partiellement par la mémorisation de configurations orthographiques globales mais reste en échec dès que le déchiffrage phonologique est sollicité.

Dyslexie de surface (formulation-type)

Le bilan met en évidence un déficit sélectif de la voie d'adressage (lecture de mots irréguliers : c8, erreurs de régularisation fréquentes : « femme » lu /fɛm/, « monsieur » lu /mɔ̃sjœʁ/), avec une voie d'assemblage fonctionnelle (lecture de pseudo-mots : c45). La lecture repose sur une stratégie phonologique compensatoire qui, si elle permet un déchiffrage précis des mots réguliers, génère un coût cognitif élevé et une lenteur marquée. L'épreuve Alouette-R confirme cette lenteur (âge de lecture inférieur de 18 mois à l'âge civil, quotient de lecture à 85). Ce profil correspond à une dyslexie de surface. La lenteur de lecture en contexte continu impacte significativement les apprentissages scolaires, notamment en compréhension de consignes écrites et en mathématiques (résolution de problèmes).

Profil mixte ou dyslexie sévère (formulation-type)

Les deux voies de lecture sont déficitaires (assemblage c4, adressage c6), avec une atteinte conjointe de la conscience phonologique (c5) et de la mémoire phonologique à court terme (répétition de logatomes c8, mémoire de chiffres envers c9). L'hypothèse d'une dyslexie mixte sévère est retenue. La présence d'une dysorthographie massive associée (dictée de mots réguliers c6, dictée de phrases c4) justifie la prise en charge prioritaire du code alphabétique et de l'automatisation des correspondances graphème-phonème. Un bilan neuropsychologique complémentaire est recommandé pour explorer les fonctions attentionnelles et exécutives (antécédent familial de TDA/H signalé en anamnèse).

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Attention

Ces formulations sont des exemples illustratifs à adapter à chaque profil individuel. Le diagnostic de dyslexie relève d'une démarche pluridisciplinaire : l'orthophoniste objective les difficultés de langage écrit, le médecin prescripteur pose le diagnostic médical, le neuropsychologue complète l'évaluation des fonctions cognitives. Ne posez jamais un diagnostic définitif à la place du médecin.

Objectifs thérapeutiques : comment les formuler dans le CRBO dyslexie

Le CRBO ne se termine pas à l'hypothèse diagnostique. La section « projet thérapeutique et objectifs » est obligatoire depuis l'avenant 20. Elle informe le prescripteur et les parents de ce qui sera travaillé en rééducation.

Objectifs de rééducation : formulation SMART dans le CRBO

Dyslexie phonologique :

  • Renforcer la conscience phonémique par des exercices de manipulation phonologique gradués (segmentation syllabique, puis phonémique, fusion, suppression, inversion).
  • Automatiser le déchiffrage phonème-graphème via la méthode syllabique explicite (répétition espacée, listes de mots à structure croissante).
  • Développer la fluidité de lecture par répétition de listes de mots et de textes courts (méthode RAVE-O, lecture répétée).

Dyslexie de surface :

  • Enrichir le lexique orthographique par apprentissage explicite des mots irréguliers fréquents (listes Eole, 1500 mots les plus fréquents en français).
  • Travailler la reconnaissance globale par unités orthographiques (morphèmes, syllabes visuelles, analogies orthographiques).
  • Compenser la lenteur par des stratégies métacognitives (anticipation du sens, hypothèses sur le contexte, relecture ciblée).

Objectifs communs à tous les profils dyslexie :

  • Développer les stratégies de compensation en contexte scolaire : relecture des consignes, enregistrement audio des leçons, utilisation d'outils numériques (synthèse vocale, correcteur orthographique).
  • Accompagner la mise en place des aménagements pédagogiques (PAP, tiers-temps, outils numériques) en lien avec l'enseignant et le médecin scolaire.
  • Soutenir l'estime de soi et la motivation scolaire (enfant en échec répété depuis le CP, risque de désinvestissement).

Fréquence et durée prévisionnelle

Le CRBO doit mentionner la fréquence proposée et la durée prévisionnelle de la prise en charge. Ce n'est pas un engagement contractuel (la rééducation peut être interrompue ou prolongée selon l'évolution) mais une information au prescripteur qui lui permet d'anticiper le suivi.

Exemples de formulations :

  • « Une prise en charge orthophonique à raison de deux séances par semaine est proposée en phase intensive, puis une séance hebdomadaire en phase d'entretien après réévaluation à six mois. »
  • « La rééducation est envisagée sur une durée minimale de 12 mois, avec une réévaluation intermédiaire à 6 mois pour ajuster les objectifs. »
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Bon à savoir

La nomenclature ne fixe pas de durée maximale pour la prise en charge d'une dyslexie. Certains enfants sont suivis de manière discontinue (phases intensives alternant avec des phases d'autonomisation) sur plusieurs années, jusqu'au collège ou au lycée. L'important est de réévaluer régulièrement et de justifier la poursuite du suivi dans le renouvellement de bilan.

Aménagements scolaires et mentions utiles dans le CRBO

Le CRBO n'est pas le document MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) mais il est systématiquement joint au dossier de demande de reconnaissance de handicap, de PAP ou de PPS. Les équipes pédagogiques et les commissions attendent que l'orthophoniste mentionne les difficultés qui justifient des aménagements, sans pour autant excéder son rôle.

Ce que le CRBO peut mentionner : « Les difficultés objectivées justifient la mise en place d'aménagements scolaires adaptés. Un Plan d'Accompagnement Personnalisé (PAP) ou un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) pourra être envisagé par l'équipe éducative selon les besoins identifiés. »

Ce que le CRBO ne décide pas : La commission MDPH statue sur le taux d'incapacité et les compensations (tiers-temps, AVS, matériel pédagogique adapté, AESH). L'orthophoniste atteste des difficultés et de leur impact sur les apprentissages, mais ne pose pas de diagnostic médical de handicap au sens administratif.

Mentions utiles à inclure dans le CRBO :

  • Outils numériques : synthèse vocale (lecture de textes longs), correcteur orthographique (production écrite), scanner de texte (numérisation des supports papier).
  • Adaptation des supports : police dyslexique (OpenDyslexic, Luciole), interligne élargi (1,5 ou 2), présentation aérée des consignes, photocopies des cours.
  • Temps supplémentaire aux évaluations : tiers-temps (33 % de temps en plus), voire temps majoré (50 %) selon la sévérité du trouble.
  • Compensation orale : lecture des consignes par l'enseignant, réponses dictées à un scripteur en classe ou lors des examens.

Formulation recommandée pour les aménagements (exemple rédigé) :

Les difficultés objectivées en lecture et en orthographe justifient la mise en place d'aménagements pédagogiques adaptés. L'utilisation d'outils numériques (synthèse vocale, correcteur orthographique, scanner de texte) permettra de compenser le déficit de fluence en lecture et la dysorthographie massive. Un tiers-temps supplémentaire aux évaluations écrites est recommandé pour compenser la lenteur de lecture des consignes et la fatigabilité cognitive. Une présentation aérée des supports écrits (police dyslexique, interligne 1,5, consignes reformulées en phrases courtes) facilitera l'accès aux apprentissages.

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En résumé

Un CRBO dyslexie conforme à l'avenant 20 contient six sections obligatoires : identification, motif, anamnèse, bilan des compétences, synthèse diagnostique, projet thérapeutique. L'anamnèse doit mentionner explicitement l'histoire du langage oral, le contexte familial et l'exclusion des facteurs non-dys. Les résultats des batteries (BALE, ODEDYS) se présentent sous forme de tableau avec quatre colonnes pour une lecture immédiate. La synthèse croise scores quantitatifs et analyse qualitative des erreurs pour identifier le profil dyslexique (phonologique, de surface, mixte). Les objectifs thérapeutiques ciblent les mécanismes déficitaires identifiés et s'accompagnent d'une mention des aménagements scolaires recommandés. Ce document, transmis au prescripteur et aux parents, engage votre responsabilité professionnelle : vérifiez chaque donnée, citez vos sources, signez.

Quels sont les 4 types de dyslexie à distinguer dans le CRBO ?

Le CRBO doit identifier le profil parmi les quatre types reconnus : dyslexie phonologique (atteinte de la voie d'assemblage, déficit phonémique), dyslexie de surface (atteinte de la voie d'adressage, difficultés sur les mots irréguliers), dyslexie visuo-attentionnelle (difficultés d'analyse visuelle séquentielle, profil moins fréquent), et dyslexie mixte (les deux voies sont déficitaires). Le profil doit être étayé par les scores de la batterie et les observations cliniques.

Quelle est la prise en charge orthophonique pour la dyslexie ?

La rééducation orthophonique cible les mécanismes déficitaires identifiés au bilan : entraînement phonémique (dyslexie phonologique), automatisation du déchiffrage, enrichissement du lexique orthographique (dyslexie de surface). Elle est complémentaire des aménagements scolaires (PAP, PPS) et peut être associée à un suivi neuropsychologique si comorbidités (TDA/H, dyspraxie). Depuis 2019, les séances peuvent se dérouler dans les établissements scolaires ou médico-sociaux si l'enfant est déjà suivi par un orthophoniste libéral. Les séances sont prises en charge par l'Assurance Maladie sur prescription médicale (rééducation des troubles de la communication et du langage écrit, cotée AMO 11,6 selon la grille FOF 2026).

Peut-on être dysorthographique sans être dyslexique ?

Oui. La dysorthographie peut exister en dehors d'une dyslexie avérée. Il s'agit d'un trouble spécifique du langage écrit qui se manifeste par des difficultés massives en orthographe alors que la lecture est préservée ou faiblement impactée. C'est précisément pourquoi le bilan doit dissocier les axes lecture et orthographe et caractériser chaque trouble indépendamment. Le modèle de CRBO dysorthographie traite de ce cas spécifique et détaille les épreuves orthographiques à administrer pour objectiver ce profil.

Où faire un bilan dyslexie-dysorthographie ?

Le bilan relève de l'orthophoniste libérale ou des Centres Référents des Troubles du Langage et des Apprentissages (CRTLA), implantés dans les centres hospitaliers universitaires (CHU). La prescription médicale (médecin généraliste, pédiatre, médecin scolaire) est nécessaire pour la prise en charge par la Caisse Primaire d'Assurance Maladie. Les coordonnées des centres référents sont disponibles sur le site de Santé Publique France. Le délai d'attente en centre référent peut atteindre plusieurs mois : le recours à une orthophoniste libérale est souvent plus rapide.

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Avertissement

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un bilan réalisé par un professionnel de santé. Les formulations proposées sont des exemples illustratifs à adapter à chaque situation clinique. Le diagnostic de dyslexie relève d'une démarche pluridisciplinaire associant orthophoniste, médecin prescripteur et, si besoin, neuropsychologue. Chaque CRBO doit refléter la situation individuelle du patient et engager la responsabilité de l'orthophoniste signataire.

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