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CRBO dyslexie : trame, items obligatoires et exemple

Trame complète d'un CRBO dyslexie : anamnèse, épreuves diagnostiques, scores étalonnés, diagnostic orthophonique et objectifs. Exemple rédigé à adapter.

Ortho.ia9 juin 2026Mis à jour le 23 septembre 202617 min de lectureRelu par Laurie Berrio-Arberet, orthophoniste
CRBO dyslexie : exemple, trame et items obligatoires
CRBO dyslexie : exemple, trame et items obligatoires

Vous finissez un bilan de langage écrit d'un enfant CE2 orienté pour dyslexie. Les épreuves sont passées et cotées, il vous reste à rédiger le compte rendu de bilan orthophonique (CRBO). Ce document, transmis au médecin prescripteur et aux parents, doit être structuré, argumenté et porter votre diagnostic orthophonique. Cet article donne la trame complète, section par section, avec exemples rédigés et tableau de scores intégrable. Si vous êtes aussi confronté à un profil dysorthographie isolée, le modèle de CRBO dysorthographie couvre cette situation spécifique.

Le cadre du CRBO dyslexie

Deux articles du Code de la santé publique fondent le contenu du bilan. L'article R4341-2 prévoit que le bilan orthophonique comprend le diagnostic orthophonique, les objectifs et le plan de soins, et que son compte rendu est communiqué au médecin prescripteur. L'article L4341-1 du Code de la santé publique précise que l'orthophoniste « établit en autonomie son diagnostic et décide des soins orthophoniques à mettre en œuvre ». Sur cette base, une structure en six sections couvre tout ce que le prescripteur et la famille attendent :

  1. Identification du patient et du prescripteur : nom, prénom, date de naissance, classe, établissement scolaire, coordonnées du médecin prescripteur.
  2. Motif de consultation et demande : raison de l'orientation (difficultés en lecture, échec scolaire, suspicion de dyslexie signalée par l'enseignant), demande formulée par les parents ou par l'école.
  3. Anamnèse : histoire du développement du langage oral, acquisitions scolaires, contexte familial, facteurs d'exclusion vérifiés.
  4. Bilan des compétences : liste des épreuves administrées, scores bruts et étalonnés, interprétation subtest par subtest, analyse qualitative des stratégies et erreurs.
  5. Synthèse et diagnostic orthophonique : diagnostic posé et sévérité, description du profil (procédures de lecture et d'orthographe les moins efficientes, compétences sous-jacentes documentées), troubles associés déjà diagnostiqués.
  6. Projet thérapeutique et objectifs : proposition de prise en charge, fréquence des séances, durée prévisionnelle, axes de rééducation ciblés, mention des aménagements scolaires si pertinents.

Le CRBO est adressé au médecin prescripteur (bilan de la communication et du langage écrit coté AMO 34,02, NGAP, tarifs en vigueur au 23 février 2026). Une copie est remise aux parents ou aux représentants légaux si l'enfant est mineur. Sur le canal d'envoi lui-même, voir transmettre un CRBO au médecin prescripteur.

Pour une vue d'ensemble de la rédaction du bilan orthophonique, quelle que soit la pathologie, le guide de référence détaille le cadre réglementaire complet et les pièges à éviter.

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Bon à savoir

Les cotations évoluent avec les avenants à la convention nationale : vérifiez toujours la version en vigueur de la NGAP et les fiches pratiques de la FNO avant de coter.

Anamnèse dyslexie : les items à ne pas oublier

L'anamnèse est la section la plus souvent lacunaire dans les CRBO que je relis en supervision. Or c'est cette section qui permet au médecin de comprendre le contexte du trouble et aux équipes MDPH de statuer sur les compensations. Voici les items à couvrir systématiquement.

Données administratives et scolaires

  • Âge civil et âge de développement si écart significatif (enfant né prématuré, suivi en centre de référence).
  • Classe actuelle et type de scolarisation : école ordinaire, ULIS (Unité Localisée pour l'Inclusion Scolaire), SEGPA (Section d'Enseignement Général et Professionnel Adapté).
  • Langue(s) parlée(s) à la maison. Si contexte plurilingue, précisez la langue de scolarisation et la langue dominante de l'enfant (un enfant bilingue séquentiel précoce peut présenter un décalage initial en français écrit sans qu'il s'agisse de dyslexie).
  • Redoublements éventuels ou maintien en cycle. Ces informations attestent des difficultés anciennes et permettent de dater l'apparition du trouble.
  • Aménagements déjà en place : PAP (Plan d'Accompagnement Personnalisé), PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation), tiers-temps aux évaluations, AVS (Accompagnant d'Élèves en Situation de Handicap), outils numériques.

Histoire du développement du langage et des apprentissages

  • Développement du langage oral : premiers mots (âge attendu 12-18 mois), premières phrases (âge attendu 24-30 mois). Un retard de langage oral constitue un facteur de risque de troubles ultérieurs du langage écrit.
  • Antécédents de prise en charge : bilan orthophonique antérieur, suivi en centre référent des troubles du langage et des apprentissages (CRTLA), bilan neuropsychologique, bilan psychomoteur.
  • Acquisition de la lecture : quel âge pour les premières correspondances graphème-phonème, premières difficultés signalées par l'enseignant (CP, CE1), stratégies observées (devinette, sur-segmentation, régularisation systématique des mots irréguliers).
  • Résultats scolaires : notes en français (lecture, production d'écrit, orthographe), en mathématiques (les difficultés de lecture impactent souvent la compréhension des énoncés de problèmes).
  • Histoire familiale : dyslexie chez un parent, un frère ou une sœur. Le risque de dyslexie est nettement plus élevé lorsqu'un parent est concerné (environ 45 % des enfants à risque familial dans la méta-analyse de Snowling et Melby-Lervåg, 2016). Mentionner cette information n'est pas stigmatisant : c'est un facteur de risque documenté.

Autres explications possibles à documenter (critère D)

Le critère D du DSM-5 demande que les difficultés ne soient pas mieux expliquées par d'autres facteurs. Ce n'est pas une liste d'exclusions automatiques : le texte du DSM-5, repris par les RBP (CFO, 2022), précise qu'un trouble spécifique des apprentissages peut coexister avec une déficience intellectuelle lorsque les difficultés excèdent celles habituellement associées au niveau intellectuel. Le CRBO indique ce qui a été vérifié :

  • Efficience intellectuelle : l'évaluation psychométrique relève du psychologue. Mentionnez le bilan psychologique s'il existe (date, auteur, conclusion). À défaut, et si un doute existe, recommandez-le plutôt que de conclure vous-même.
  • Déficit sensoriel visuel ou auditif non corrigé : contrôle ophtalmologique récent (date à mentionner), contrôle ORL ou audiométrie si l'enfant a des antécédents d'otites séreuses chroniques.
  • Carence pédagogique avérée : scolarisation régulière, enseignement de la lecture conforme aux programmes.
  • Maîtrise de la langue d'enseignement : langue(s) parlée(s) à la maison et durée d'exposition au français.
  • Trouble psychiatrique primaire : absence de trouble anxieux massif ou de trouble de l'humeur pouvant expliquer intégralement les difficultés.
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Attention

Si vous n'avez pas pu vérifier un de ces facteurs (par exemple, absence de contrôle visuel récent), mentionnez-le explicitement : « Un contrôle ophtalmologique récent est recommandé pour écarter un déficit visuel non corrigé ». Ne concluez jamais vous-même sur l'efficience intellectuelle : les tests psychométriques comme le WISC-V sont réservés aux psychologues, et un subtest isolé ne permet pas de conclure.

Formulation recommandée pour la section exclusion (exemple rédigé) :

Le bilan psychologique réalisé en novembre 2025 (compte rendu transmis par la famille) conclut à une efficience intellectuelle dans la norme. L'acuité visuelle a été contrôlée par l'ophtalmologue en juin 2025 (rapport joint au dossier). Aucune carence pédagogique n'est identifiée. La scolarisation est régulière depuis la maternelle. L'enfant ne présente pas de trouble psychiatrique primaire susceptible d'expliquer intégralement les difficultés observées.

Choisir et présenter les épreuves dans le CRBO

Le diagnostic repose sur des épreuves étalonnées à visée diagnostique, dont l'étalonnage est suffisamment récent pour la population évaluée. Deux outils souvent cités appellent une précision.

ODEDYS : un outil de dépistage

ODEDYS (Outil de DÉpistage des DYSlexies, Cogni-Sciences, Grenoble) est, comme son nom l'indique, un outil de dépistage. Il permet de repérer rapidement un risque, pas de poser un diagnostic. Si vous l'avez utilisé en première intention, le CRBO doit s'appuyer sur des épreuves diagnostiques complémentaires.

La BALE : un étalonnage à interroger

La BALE (Batterie Analytique du Langage Écrit) est diffusée gratuitement par Cogni-Sciences (Grenoble). Ses subtests restent utiles pour l'analyse qualitative, mais l'ancienneté de ses étalonnages pose la question de leur pertinence pour un usage diagnostique aujourd'hui. Vérifiez la date d'étalonnage dans le manuel et privilégiez, pour les scores sur lesquels repose votre diagnostic, une batterie étalonnée récemment.

Comment présenter les scores

Tableau à quatre colonnes (épreuve / note brute / centile ou écart-type / interprétation). Reprenez les bandes d'interprétation du manuel de la batterie et indiquez-les. Ne mélangez pas les conventions d'un test à l'autre : c'est la source d'ambiguïté la plus fréquente dans un CRBO relu par un tiers.

Séparez les deux types de résultats. Les compétences de lecture et d'orthographe fondent le diagnostic (critères A et B du DSM-5). Les compétences sous-jacentes (conscience phonologique, mémoire de travail, dénomination rapide…) n'ont pas de visée diagnostique en elles-mêmes : les RBP (CFO, 2022) recommandent de les évaluer pour comprendre le profil et définir les axes de soin.

Pour travailler sur vos propres résultats plutôt que sur ceux de l'exemple, vous pouvez générer le CRBO à partir de vos scores. Relisez ensuite le brouillon en vérifiant que les deux types de résultats restent séparés.

Exemple de tableau de résultats à insérer dans le CRBO

Langage écrit (épreuves à visée diagnostique)

Épreuve Note brute Centile Interprétation
Lecture de mots réguliers 16/20 c40 Dans la norme
Lecture de mots irréguliers 13/20 c25 Limite inférieure
Lecture de pseudo-mots 7/20 < c5 Déficitaire
Orthographe lexicale 11/20 c20 Fragile

Compétences sous-jacentes (caractérisation du profil)

Épreuve Note brute Centile Interprétation
Conscience phonologique (suppression) 6/10 c8 Fragile
Mémoire phonologique (logatomes) 5/10 c15 Fragile

Données fictives à titre illustratif, enfant CE2 fictif. Les intitulés de bandes (« fragile », « déficitaire ») dépendent du manuel de chaque batterie.

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Bon à savoir

Pour appuyer le critère B (retentissement), complétez par une épreuve de lecture de texte en temps limité et, selon le profil, par des épreuves de compréhension écrite. La fluence de lecture est souvent l'indicateur le plus parlant pour le prescripteur et pour l'équipe éducative.

Exemple rédigé : section "Synthèse et diagnostic orthophonique"

Cette section pose le diagnostic, en précise la sévérité, puis décrit le profil qui justifie les axes de soin. Elle ne classe pas le trouble en « dyslexie phonologique », « de surface » ou « mixte » : les RBP (CFO, 2022) jugent ces taxonomies fondées sur les profils de lecture obsolètes, car elles risquent de détourner de la recherche du déficit sous-jacent. Le DSM-5 ne les utilise pas non plus.

Formulation-type

Au regard des critères du DSM-5, le bilan orthophonique permet de poser le diagnostic de trouble spécifique des apprentissages avec déficit de la lecture et de l'expression écrite (dyslexie-dysorthographie), de sévérité moyenne. Les difficultés portent sur l'exactitude et la vitesse de lecture des mots et sur l'orthographe ; elles persistent malgré le soutien pédagogique mis en place depuis le CE1 et retentissent sur l'ensemble des apprentissages. La lecture de pseudo-mots est déficitaire (centile < 5) alors que celle des mots réguliers est préservée : la procédure d'assemblage est la moins efficiente. Les épreuves de conscience phonologique (suppression : c8) et de mémoire phonologique (c15) sont fragiles, ce qui éclaire le profil et oriente la rééducation vers le traitement phonologique et l'automatisation du décodage.

Variante : procédure d'adressage la moins efficiente

[Même phrase diagnostique.] La lecture des mots irréguliers est déficitaire (c8), avec des erreurs de régularisation (« femme » lu /fɛm/), alors que la lecture de pseudo-mots est préservée (c45). La lecture repose sur un décodage coûteux et lent, qui pèse sur la compréhension des consignes écrites. La rééducation portera en priorité sur la constitution du lexique orthographique et la fluence.

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Attention

Ces formulations sont des exemples à adapter à chaque patient. Le diagnostic orthophonique vous appartient (art. L4341-1 du Code de la santé publique) : formulez-le de façon assumée. Pour les diagnostics qui sortent du champ orthophonique (TDAH, déficience intellectuelle, trouble anxieux…), ne posez rien vous-même : mentionnez ceux déjà posés par le professionnel compétent et, si besoin, recommandez l'évaluation adaptée.

Objectifs thérapeutiques : comment les formuler dans le CRBO dyslexie

Le CRBO ne se termine pas au diagnostic. La section « projet thérapeutique et objectifs » informe le prescripteur et les parents de ce qui sera travaillé en rééducation. Les objectifs découlent du profil décrit, pas d'une étiquette.

Objectifs de rééducation : formulation SMART dans le CRBO

Lorsque la procédure d'assemblage est la moins efficiente :

  • Renforcer la conscience phonémique par des exercices de manipulation phonologique gradués (segmentation, fusion, suppression).
  • Automatiser les correspondances graphème-phonème par un entraînement explicite et progressif.
  • Développer la fluence de lecture par la lecture répétée de mots et de textes courts.

Lorsque la procédure d'adressage est la moins efficiente :

  • Enrichir le lexique orthographique par l'apprentissage explicite des mots irréguliers fréquents (échelle EOLE par exemple).
  • Travailler la reconnaissance des unités orthographiques (morphèmes, analogies orthographiques).
  • Compenser la lenteur par des stratégies métacognitives (anticipation du sens, relecture ciblée).

Objectifs communs :

  • Développer les stratégies de compensation en contexte scolaire : relecture des consignes, enregistrement audio des leçons, outils numériques (synthèse vocale, correcteur orthographique).
  • Accompagner la mise en place des aménagements pédagogiques (PAP, tiers-temps, outils numériques) en lien avec l'enseignant et le médecin scolaire.
  • Soutenir l'estime de soi et la motivation scolaire.

Fréquence et durée prévisionnelle

Le CRBO doit mentionner la fréquence proposée et la durée prévisionnelle de la prise en charge. Ce n'est pas un engagement contractuel (la rééducation peut être interrompue ou prolongée selon l'évolution) mais une information au prescripteur qui lui permet d'anticiper le suivi.

Exemples de formulations :

  • « Une prise en charge orthophonique à raison de deux séances par semaine est proposée en phase intensive, puis une séance hebdomadaire en phase d'entretien après réévaluation à six mois. »
  • « La rééducation est envisagée sur une durée minimale de 12 mois, avec une réévaluation intermédiaire à 6 mois pour ajuster les objectifs. »
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Bon à savoir

La nomenclature ne fixe pas de durée maximale pour la prise en charge d'une dyslexie. Certains enfants sont suivis de manière discontinue (phases intensives alternant avec des phases d'autonomisation) sur plusieurs années, jusqu'au collège ou au lycée. L'important est de réévaluer régulièrement et de justifier la poursuite du suivi dans le renouvellement de bilan.

Aménagements scolaires et mentions utiles dans le CRBO

Le CRBO n'est pas le document MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) mais il est systématiquement joint au dossier de demande de reconnaissance de handicap, de PAP ou de PPS. Les équipes pédagogiques et les commissions attendent que l'orthophoniste mentionne les difficultés qui justifient des aménagements, sans pour autant excéder son rôle.

Ce que le CRBO peut mentionner : « Les difficultés objectivées justifient la mise en place d'aménagements scolaires adaptés. Un Plan d'Accompagnement Personnalisé (PAP) ou un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) pourra être envisagé par l'équipe éducative selon les besoins identifiés. »

Ce que le CRBO ne décide pas : La commission MDPH statue sur le taux d'incapacité et les compensations (tiers-temps, AVS, matériel pédagogique adapté, AESH). L'orthophoniste atteste des difficultés et de leur impact sur les apprentissages, mais ne pose pas de diagnostic médical de handicap au sens administratif.

Mentions utiles à inclure dans le CRBO :

  • Outils numériques : synthèse vocale (lecture de textes longs), correcteur orthographique (production écrite), scanner de texte (numérisation des supports papier).
  • Adaptation des supports : police lisible sans empattement, taille de caractères et interligne élargis (1,5 ou 2), présentation aérée des consignes, photocopies des cours. Les polices dites « pour dyslexiques » n'ont pas fait la preuve d'un bénéfice sur la lecture.
  • Temps supplémentaire aux évaluations : tiers-temps (33 % de temps en plus), voire temps majoré (50 %) selon la sévérité du trouble.
  • Compensation orale : lecture des consignes par l'enseignant, réponses dictées à un scripteur en classe ou lors des examens.

Formulation recommandée pour les aménagements (exemple rédigé) :

Les difficultés objectivées en lecture et en orthographe justifient la mise en place d'aménagements pédagogiques adaptés. L'utilisation d'outils numériques (synthèse vocale, correcteur orthographique, scanner de texte) permettra de compenser le déficit de fluence en lecture et la dysorthographie massive. Un tiers-temps supplémentaire aux évaluations écrites est recommandé pour compenser la lenteur de lecture des consignes et la fatigabilité cognitive. Une présentation aérée des supports écrits (police lisible, interligne 1,5, consignes reformulées en phrases courtes) facilitera l'accès aux apprentissages.

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En résumé

Un CRBO dyslexie s'organise en six sections : identification, motif, anamnèse, bilan des compétences, synthèse et diagnostic orthophonique, projet thérapeutique. L'anamnèse documente l'histoire du langage oral, le contexte familial et les autres explications possibles des difficultés. Les résultats d'épreuves diagnostiques étalonnées se présentent en tableau, en séparant le langage écrit des compétences sous-jacentes. La synthèse pose le diagnostic orthophonique et sa sévérité, puis décrit le profil sans le classer en sous-type. Les objectifs thérapeutiques ciblent les mécanismes déficitaires identifiés et s'accompagnent d'une mention des aménagements scolaires recommandés. Ce document, transmis au prescripteur et aux parents, engage votre responsabilité professionnelle : vérifiez chaque donnée, citez vos sources, signez.

Faut-il préciser un type de dyslexie (phonologique, de surface, mixte) dans le CRBO ?

Non. Les Recommandations de bonne pratique sur le langage écrit (CFO, 2022) jugent obsolètes les taxonomies fondées sur les profils de lecture, et le DSM-5 ne les utilise pas. Le CRBO pose le diagnostic de trouble spécifique des apprentissages avec déficit de la lecture (dyslexie), en précise la sévérité, puis décrit le profil : procédures de lecture les moins efficientes, compétences sous-jacentes documentées, retentissement. Cette description sert à définir les axes de soin, pas à classer le trouble.

Quelle est la prise en charge orthophonique pour la dyslexie ?

La rééducation orthophonique cible les mécanismes déficitaires identifiés au bilan : entraînement phonémique et automatisation du décodage lorsque la procédure d'assemblage est la moins efficiente, enrichissement du lexique orthographique lorsque la procédure d'adressage l'est. Elle est complémentaire des aménagements scolaires (PAP, PPS) et peut être associée à un suivi neuropsychologique si comorbidités (TDA/H, dyspraxie). Depuis 2019, les séances peuvent se dérouler dans les établissements scolaires ou médico-sociaux si l'enfant est déjà suivi par un orthophoniste libéral. Les séances sont prises en charge par l'Assurance Maladie sur prescription médicale (rééducation des troubles de la communication et du langage écrit, cotée AMO 11,6 dans la NGAP, tarifs en vigueur au 23 février 2026).

Peut-on être dysorthographique sans être dyslexique ?

Oui. La dysorthographie peut exister en dehors d'une dyslexie avérée. Il s'agit d'un trouble spécifique du langage écrit qui se manifeste par des difficultés massives en orthographe alors que la lecture est préservée ou faiblement impactée. C'est précisément pourquoi le bilan doit dissocier les axes lecture et orthographe et caractériser chaque trouble indépendamment. Le modèle de CRBO dysorthographie traite de ce cas spécifique et détaille les épreuves orthographiques à administrer pour objectiver ce profil.

Où faire un bilan dyslexie-dysorthographie ?

Le bilan relève de l'orthophoniste libérale ou des Centres Référents des Troubles du Langage et des Apprentissages (CRTLA), implantés dans les centres hospitaliers universitaires (CHU). La prescription médicale (médecin généraliste, pédiatre, médecin scolaire) est nécessaire pour la prise en charge par la Caisse Primaire d'Assurance Maladie. Les coordonnées des centres référents sont disponibles sur le site de Santé Publique France. Le délai d'attente en centre référent peut atteindre plusieurs mois : le recours à une orthophoniste libérale est souvent plus rapide.

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Avertissement

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un bilan réalisé par un professionnel de santé. Les formulations proposées sont des exemples illustratifs à adapter à chaque situation clinique. L'orthophoniste pose le diagnostic orthophonique en autonomie (art. L4341-1 du Code de la santé publique) ; les situations complexes relèvent d'une évaluation pluridisciplinaire, par exemple en centre de référence. Chaque CRBO doit refléter la situation individuelle du patient et engager la responsabilité de l'orthophoniste signataire.

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