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CRBO bégaiement : modèle enfant et adulte

Trame CRBO bégaiement en 2 versions : enfant et adulte. SSI-4, OASES, échelle Bloodstein intégrés. Formulations types et grilles d'évaluation fluence pour orthophonistes.

Ortho.ia11 juin 202617 min de lecture
CRBO bégaiement : modèle et grilles d'évaluation
CRBO bégaiement : modèle et grilles d'évaluation

Le bégaiement est l'une des pathologies où le CRBO (compte rendu de bilan orthophonique) est le plus difficile à rédiger. Non par manque d'outils d'évaluation, mais précisément parce que ces outils sont nombreux, hétérogènes et qu'ils mesurent des dimensions différentes : fréquence des disfluences, sévérité perçue, retentissement sur la qualité de vie. Deux versions de modèle sont présentées : l'une pour l'enfant, l'autre pour l'adulte. Pour tout ce qui concerne la structure générale d'un compte rendu de bilan orthophonique, consulter le guide complet du CRBO.

La rédaction du CRBO obéit à des logiques similaires pour d'autres pathologies instrumentales, comme dans le CRBO déglutition, dont les enjeux de pluridisciplinarité sont proches.

Ce que doit obligatoirement contenir un CRBO bégaiement

Selon les recommandations de la Fédération Nationale des Orthophonistes et les référentiels de la Haute Autorité de Santé pour les troubles de la fluence, tout CRBO bégaiement doit structurer les éléments suivants :

  • Motif de consultation et contexte de prescription : origine de la demande (parentale, scolaire, auto-référence adulte), médecin prescripteur, date de prescription.
  • Anamnèse spécifique au bégaiement : antécédents familiaux de bégaiement, âge d'apparition du trouble, évolution spontanée ou sous traitement, contextes d'aggravation ou d'atténuation, conscience du trouble par le patient.
  • Outils et protocoles utilisés : nommer explicitement chaque outil (SSI-4, OASES, échelle de Bloodstein), conditions de passation (seul, avec un parent, en situation induite).
  • Résultats quantitatifs et qualitatifs : scores bruts et étalonnés pour chaque outil, avec formulation type permettant la reproductibilité inter-séances.
  • Retentissement fonctionnel, émotionnel et social : impact sur la scolarité ou l'emploi, évitements situationnels, qualité de vie, réactions de l'entourage.
  • Diagnostic orthophonique différentiel : argumentation clinique distinguant bégaiement vrai, disfluences développementales normales chez l'enfant de 2-5 ans, et bredouillement (débit rapide, télescopages, faible conscience).
  • Projet thérapeutique : axes de prise en soin retenus (programme Lidcombe, approche Palin PCI, programme Camperdown selon l'âge), fréquence proposée, objectifs à court terme mesurables.
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Attention

L'Assurance Maladie exige que le CRBO justifie explicitement le diagnostic retenu et les outils utilisés. Un compte rendu sans mention du SSI-4 ou de l'OASES expose à un refus de prise en charge de la rééducation prescrite, notamment en cas de renouvellement.

Les outils d'évaluation à intégrer dans le CRBO bégaiement

Cette section présente les trois outils centraux d'un bilan bégaiement robuste : le SSI-4, l'OASES et l'échelle de Bloodstein. Chaque outil mesure une dimension spécifique, et leur combinaison permet d'articuler sévérité comportementale, impact subjectif et stade évolutif.

SSI-4 (Stuttering Severity Instrument, 4e édition)

Le SSI-4 évalue la sévérité objective du bégaiement à partir de trois composantes : fréquence des disfluences (pourcentage de syllabes bégayées), durée moyenne des disfluences les plus longues, et comportements physiques associés (mouvements de tête, clignements, interjections). Il génère un score composite sur 100, étalonné en cinq catégories : très léger, léger, modéré, sévère, très sévère.

Population cible : enfants à partir de 3 ans et adultes.

Ce qu'il donne dans le CRBO : un score de sévérité comportementale, reproductible et comparable dans le temps.

Formulation type : "L'évaluation par le SSI-4 objective un bégaiement de sévérité modérée (score composite : 28/100), avec une fréquence de 8% de syllabes bégayées, une durée moyenne des disfluences de 1,2 secondes et des comportements physiques associés cotés à 6 points (mouvements de tête et interjections "euh" fréquents)."

OASES (Overall Assessment of the Speaker's Experience of Stuttering)

L'OASES mesure l'impact du bégaiement sur la qualité de vie perçue par le patient. Quatre sections structurent l'outil : réactions générales au bégaiement, réactions dans les situations de communication quotidiennes, qualité de vie globale, sévérité globale de l'impact. Le score total d'impact est étalonné en quatre catégories : léger, modéré, sévère, très sévère.

Population cible : trois versions existent selon l'âge (OASES-S pour l'enfant à partir de 7 ans, OASES-T pour l'adolescent, OASES-A pour l'adulte).

Ce qu'il donne dans le CRBO : un score d'impact subjectif, qui peut être dissocié de la sévérité comportementale mesurée par le SSI-4 (un bégaiement léger peut générer un impact sévère, et inversement).

Formulation type : "L'OASES-A révèle un impact sévère sur la qualité de vie (score d'impact total : 3,8/5), avec la section 'réactions dans les situations de communication quotidiennes' particulièrement affectée (4,2/5), témoignant d'une anxiété anticipatoire marquée et d'un évitement situationnel important (téléphone, prise de parole en réunion)."

Échelle de Bloodstein (stades du bégaiement)

L'échelle de Bloodstein situe le bégaiement dans un continuum développemental en quatre stades : stade I (disfluences cycliques intermittentes, sans conscience), stade II (bégaiement chronique mais sans réaction émotionnelle), stade III (apparition de l'évitement et de l'anxiété anticipatoire), stade IV (chronicisation avec évitements intégrés et forte charge émotionnelle).

Population cible : principalement l'enfant et l'adolescent, pour orienter le projet thérapeutique en fonction du stade évolutif.

Ce qu'il donne dans le CRBO : une situation développementale du trouble, essentielle pour choisir l'approche thérapeutique (programme Lidcombe au stade I-II, approche Palin PCI ou Camperdown au stade III-IV).

Formulation type : "L'évaluation clinique selon l'échelle de Bloodstein situe le patient au stade III, caractérisé par l'apparition d'évitements lexicaux (substitution de "voiture" par "auto" en contexte de blocage anticipé) et d'une anxiété de performance verbale (anticipation négative des situations de parole devant un groupe), ce qui oriente vers une approche Palin PCI intégrant la dimension émotionnelle."

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Bon à savoir

Ces trois outils sont complémentaires et doivent être combinés dans tout bilan bégaiement : le SSI-4 mesure ce qui se voit, l'OASES capte ce qui se vit, l'échelle de Bloodstein situe où en est le patient dans son parcours de bégaiement. Un CRBO qui ne mentionne qu'un seul de ces outils reste incomplet sur le plan clinique et réglementaire.

Modèle CRBO bégaiement : version enfant

Cette trame s'applique à un enfant d'âge scolaire (6-12 ans). Elle structure les sections attendues dans le document Word final, avec des formulations-exemples et des champs à compléter entre crochets.

1. Motif de consultation

"Maxime, 8 ans, est adressé pour un bilan orthophonique par le Dr [Nom], pédiatre, à la demande des parents qui rapportent des disfluences verbales apparues vers l'âge de 4 ans, avec une aggravation progressive depuis l'entrée au CP. La prescription date du [JJ/MM/AAAA]."

2. Anamnèse

"Le bégaiement est apparu vers 4 ans, de manière cyclique, sans facteur déclenchant identifié. Antécédents familiaux : oncle paternel ayant bégayé dans l'enfance, récupération spontanée vers 10 ans. Évolution : phase d'amélioration entre 5 et 6 ans, puis réapparition dès l'entrée à l'école élémentaire, avec chronicisation progressive. Les disfluences s'aggravent en contexte d'évaluation orale à l'école et lors des conflits avec la fratrie. Maxime est conscient de ses difficultés et les verbalise ("j'arrive pas à parler comme les autres"). Les parents rapportent une inhibition croissante à l'école et un évitement des prises de parole volontaires en classe."

3. Outils utilisés

"SSI-4 (Stuttering Severity Instrument, 4e édition), échelle de Bloodstein, observation clinique en situation de parole spontanée (conversation diadique) et de lecture à voix haute (texte adapté CE2)."

4. Résultats

"L'évaluation par le SSI-4 objective un bégaiement de sévérité modérée (score composite : 26/100), avec une fréquence de 7% de syllabes bégayées en parole spontanée et 5% en lecture, une durée moyenne des disfluences de 1 seconde (max 2,5 secondes sur le mot "ballon"), et des comportements physiques associés cotés à 4 points (clignements des yeux et mouvements de tête latéraux lors des blocages). L'évaluation clinique selon l'échelle de Bloodstein situe Maxime au stade III, avec évitements lexicaux et anxiété anticipatoire marquée en situation scolaire."

5. Analyse clinique

"Les disfluences observées sont typiques d'un bégaiement développemental : répétitions de syllabes en début de mot ("ba-ba-ballon"), prolongations de sons initiaux ("sssserpent"), blocages muets en attaque vocalique (blocage d'1 seconde avant "auto"). Comportements associés : clignements des yeux (5-6 par minute lors des moments de blocage), mouvements de tête latéraux, interjections "euh" (fréquence élevée, 12 occurrences sur 3 minutes de parole). Maxime présente une conscience claire de son trouble et verbalise sa gêne, notamment en contexte scolaire."

6. Retentissement

"Impact scolaire : évitement des prises de parole volontaires en classe, inhibition lors des exposés oraux, commentaires de camarades rapportés par l'enseignante ("Maxime parle bizarrement"). Impact familial : tensions avec le frère cadet (8 ans) qui imite parfois les blocages, réaction parentale protectrice avec tendance à terminer les phrases. Maxime exprime une frustration importante ("je sais ce que je veux dire mais ça sort pas")."

7. Projet thérapeutique

"Axes retenus : approche Palin PCI (Parent-Child Interaction) intégrant un travail familial sur les temps d'écoute et la réduction du débit parental, techniques de parole fluide adaptées à l'âge (attaque douce, débit modéré), gestion de l'anxiété anticipatoire via des jeux de rôle en cabinet. Fréquence : 1 séance de 30 minutes par semaine, avec 1 séance parentale mensuelle. Objectifs à 3 mois : réduction de la fréquence des disfluences à moins de 5% de syllabes bégayées en parole spontanée, verbalisation par Maxime de ses moments de fluence ("j'ai bien parlé aujourd'hui"), réduction des comportements d'évitement en classe."

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Modèle CRBO bégaiement : version adulte

Cette trame s'applique à un adulte en démarche volontaire ou sur prescription du médecin traitant. Les sections sont identiques à la version enfant, mais les contenus et formulations diffèrent pour refléter les enjeux professionnels et sociaux de l'adulte.

1. Motif de consultation

"M. Julien D., 32 ans, consultant en informatique, sollicite un bilan orthophonique en démarche volontaire après 25 ans de bégaiement non traité. Il rapporte un impact croissant sur sa vie professionnelle (réunions clients, présentations en visioconférence) et personnelle (évitement des situations de prise de parole en groupe). Prescription du Dr [Nom], médecin généraliste, en date du [JJ/MM/AAAA]."

2. Anamnèse

"Apparition du bégaiement vers 6 ans, sans antécédent familial identifié. Parcours thérapeutique : suivi orthophonique entre 8 et 10 ans (techniques de respiration et débit contrôlé), amélioration partielle puis stagnation, arrêt du suivi. Évolution : chronicisation progressive, avec aggravation en contexte professionnel dès l'entrée dans la vie active (22 ans). M. D. rapporte un retentissement important sur sa carrière : refus de postes à responsabilité impliquant des présentations orales fréquentes, évitement systématique du téléphone (communication par mail exclusivement), anxiété anticipatoire marquée 48h avant une réunion client. Représentations du bégaiement : "Je suis prisonnier de ma parole, je sais ce que je vaux mais personne ne me prend au sérieux à cause de ça." Contexte actuel : M. D. envisage une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) via la MDPH pour bénéficier d'aménagements en entreprise."

3. Outils utilisés

"SSI-4 (Stuttering Severity Instrument, 4e édition), OASES-A (Overall Assessment of the Speaker's Experience of Stuttering, version adulte), observation clinique en situation de monologue (description d'un processus métier), conversation diadique, et simulation de situation de stress communicationnel (présentation orale de 2 minutes face à un interlocuteur neutre)."

4. Résultats

"L'évaluation par le SSI-4 objective un bégaiement de sévérité légère (score composite : 18/100), avec une fréquence de 4% de syllabes bégayées en monologue, 6% en conversation diadique et 11% en situation de stress induit, une durée moyenne des disfluences de 0,8 secondes (max 2 secondes sur le mot "présentation"), et des comportements physiques associés cotés à 3 points (luttes articulatoires discrètes, interjections "euh" fréquentes). L'OASES-A révèle un impact sévère sur la qualité de vie (score d'impact total : 4,1/5), avec la section 'réactions dans les situations de communication quotidiennes' particulièrement affectée (4,5/5), témoignant d'une anxiété anticipatoire majeure et d'un évitement situationnel structuré (téléphone, prise de parole en réunion, présentation face à un groupe)."

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Bon à savoir

La dissociation entre sévérité comportementale (SSI-4 léger) et impact ressenti (OASES sévère) est fréquente chez l'adulte. Elle résulte de deux décennies d'adaptation : le patient a développé des stratégies d'évitement efficaces (substitution lexicale, contournements syntaxiques) qui réduisent la fréquence des disfluences observables, mais maintiennent une charge mentale et émotionnelle considérable. Le CRBO doit documenter explicitement cette dissociation pour justifier la nécessité d'une prise en soin.

5. Analyse clinique

"Les disfluences observées sont typiques d'un bégaiement chronique de l'adulte : répétitions de sons initiaux ("p-p-présentation"), prolongations ("sssalut"), blocages muets en attaque vocalique (blocage de 1,5 secondes avant "objectif"). Comportements d'évitement : substitution lexicale fréquente (remplacement de "téléphone" par "appel" puis "contact" lors d'un blocage anticipé sur /t/), contournements syntaxiques (reformulation de phrase entière pour éviter un mot redouté), réduction volontaire de la prise de parole en groupe. Luttes articulatoires : tensions visibles au niveau de la mâchoire et des lèvres lors des blocages, fermeture des yeux pendant 1-2 secondes. M. D. présente une conscience aiguë de son trouble et verbalise une souffrance psychologique importante ("je me déteste quand je bégaie")."

6. Retentissement psychosocial

"Impact professionnel : refus de postes à responsabilité managériale impliquant des présentations orales régulières, évitement systématique du téléphone (communication par mail ou messagerie instantanée exclusivement), anxiété de performance 48h avant une réunion client avec insomnie et ruminations. M. D. rapporte un sentiment de dévalorisation professionnelle ("mes collègues pensent que je suis moins compétent parce que je bégaie"). Impact personnel : évitement des situations sociales impliquant des inconnus (bars, soirées, rencontres), difficultés dans les relations affectives (appréhension de se présenter verbalement lors des premières rencontres). Qualité de vie : score OASES section 'qualité de vie globale' à 3,9/5, témoignant d'une altération marquée du bien-être général. M. D. exprime une demande d'orientation vers un psychologue pour travailler l'estime de soi et l'anxiété sociale en parallèle de la prise en soin orthophonique."

7. Projet thérapeutique

"Axes retenus : programme Camperdown (techniques de parole prolongée et lisse, intégration progressive en situations réelles), approche cognitivo-comportementale intégrée (restructuration cognitive des pensées dysfonctionnelles liées au bégaiement, exposition graduelle aux situations redoutées), participation à un groupe de parole de personnes qui bégaient (Association Parole Bégaiement). Co-suivi psychologique recommandé pour travailler l'anxiété de performance et l'estime de soi. Fréquence : 1 séance de 45 minutes par semaine pendant 6 mois, puis espacement progressif. Objectifs à 6 mois : réduction de la fréquence des disfluences à moins de 3% de syllabes bégayées en conversation diadique, prise de parole spontanée en réunion interne au moins 1 fois par semaine, appels téléphoniques courts (moins de 2 minutes) sans évitement lexical, score OASES section 'réactions dans les situations de communication quotidiennes' réduit à moins de 3/5."

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Bilan bégaiement : points de vigilance pour la rédaction du CRBO

Rédiger un CRBO bégaiement robuste impose de naviguer entre plusieurs pièges cliniques et réglementaires. Les points suivants méritent une attention particulière lors de la finalisation du document.

  • Diagnostic différentiel explicite : le CRBO doit justifier pourquoi il s'agit d'un bégaiement vrai et non de disfluences développementales normales (répétitions de mots entiers ou de groupes de mots chez l'enfant de 2-5 ans) ou d'un bredouillement (débit rapide, télescopages, faible conscience du trouble). Mentionner les critères observés qui ont permis de trancher.
  • Effet "white coat" : le SSI-4 peut sous-estimer la sévérité réelle si le patient adapte inconsciemment ses comportements le jour du bilan (débit ralenti, évitements lexicaux accrus). Mentionner dans le CRBO si les résultats du SSI-4 semblent sous-estimer le retentissement rapporté par le patient ou l'entourage, et documenter les conditions de passation (stress induit ou non).
  • Dissociation SSI-4 / OASES : un SSI-4 léger peut coexister avec un OASES sévère, notamment chez l'adulte ayant développé des stratégies d'évitement efficaces. Le CRBO doit articuler explicitement cette dissociation et en tirer les conséquences pour le projet thérapeutique (l'impact subjectif justifie la prise en soin même si la fréquence des disfluences observables est faible).
  • Absence de conscience chez l'enfant (stade I-II Bloodstein) : un enfant au stade I ou II ne verbalise pas de gêne et ne présente pas d'évitement. Cela ne signifie pas un retentissement nul : le CRBO doit documenter l'environnement familial (débit parental rapide, interruptions fréquentes, pression scolaire), car ces facteurs conditionnent le risque de chronicisation.
  • Conditions de passation reproductibles : préciser systématiquement si le bilan a été réalisé seul, avec un parent, en situation de stress induit (présentation orale face à un tiers), afin de permettre la comparaison lors d'un bilan de renouvellement. Un SSI-4 passé seul en cabinet n'a pas la même valeur clinique qu'un SSI-4 passé en situation de stress communicationnel.
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Attention

Le bégaiement est reconnu par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) et peut donner lieu à une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH). Le CRBO adulte doit documenter précisément le retentissement professionnel et social, avec les scores OASES à l'appui. Une formulation adaptée dans la section "retentissement psychosocial" facilite l'instruction du dossier MDPH par le patient.

FAQ : questions fréquentes sur le CRBO bégaiement

Le bégaiement est-il reconnu par la MDPH ?

Oui. Le bégaiement peut donner lieu à une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) via la MDPH. Le CRBO est un document central dans ce dossier : il doit documenter précisément le retentissement professionnel et social, avec les scores OASES à l'appui. Une formulation adaptée dans la section "retentissement" du CRBO adulte facilite l'instruction du dossier. Le médecin de la MDPH s'appuiera sur les éléments objectifs du bilan (fréquence des disfluences, impact sur la qualité de vie, évitements situationnels) pour évaluer la demande.

Qui prescrit le bilan bégaiement ?

Le médecin généraliste, le pédiatre ou le médecin scolaire peut prescrire un bilan orthophonique pour trouble de la fluence. La prescription ouvre droit à la prise en charge par l'Assurance Maladie du bilan initial et de la rééducation qui en découle. Le CRBO clôt le bilan et fonde la rééducation prescrite. En l'absence de prescription médicale, le bilan peut être réalisé en démarche volontaire mais ne sera pas remboursé.

Quels sont les premiers signes à documenter dans un CRBO bégaiement enfant ?

Répétitions de sons ou syllabes en début de mot ("ba-ba-ballon"), prolongations de sons initiaux ("sssserpent"), blocages muets ou sonorisés (interruption du flux d'air pendant 1 seconde ou plus), comportements physiques associés (clignements des yeux, mouvements de tête, interjections "euh"), cyclicité des manifestations (aggravation en contexte de stress ou de fatigue), conscience du trouble par l'enfant ("je parle mal") et réaction parentale (interruptions, finitions de phrases, tendance à parler à la place de l'enfant). Le CRBO doit documenter chacun de ces éléments pour permettre un diagnostic différentiel robuste.

En résumé

Un CRBO bégaiement solide repose sur la combinaison de trois outils complémentaires (SSI-4, OASES, Bloodstein), une différenciation rigoureuse enfant/adulte et une articulation claire entre sévérité comportementale et retentissement vécu. La trame proposée ici est un point de départ ; chaque patient impose ses propres nuances cliniques. Le CRBO doit justifier le diagnostic retenu, documenter le retentissement fonctionnel et émotionnel, et fonder un projet thérapeutique mesurable.

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Cet article a une visée informative et ne remplace pas un bilan réalisé par un professionnel de santé. Les trames et formulations présentées sont des exemples à visée pédagogique, destinés à des orthophonistes diplômés d'État. Ils ne constituent pas des recommandations de pratique clinique et ne se substituent pas au jugement clinique professionnel ni aux référentiels de la Fédération Nationale des Orthophonistes (FNO) ou de la Haute Autorité de Santé (HAS).

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