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CRBO dysorthographie : trame et modèle commenté

Trame CRBO dysorthographie section par section : épreuves étalonnées, diagnostic orthophonique, description du profil, seuils ET et projet thérapeutique.

Ortho.ia9 juin 2026Mis à jour le 23 septembre 202618 min de lecture
CRBO dysorthographie : modèle commenté et trame
CRBO dysorthographie : modèle commenté et trame

Rédiger un compte-rendu de bilan orthophonique (CRBO) pour une dysorthographie isolée demande plus de rigueur clinique que pour un trouble dyslexie-dysorthographie associé. Parce que la différence entre retard orthographique et trouble dysorthographique ne repose pas sur un seuil chiffré seul : elle dépend de la formulation du praticien, de l'explicitation des critères d'exclusion et de la précision avec laquelle le profil d'erreurs est décrit. L'article R4341-2 du Code de la santé publique fixe le contenu minimal du bilan (diagnostic orthophonique, objectifs, plan de soins), mais c'est votre rédaction qui en fait un document recevable par la MDPH, l'Éducation Nationale et le médecin prescripteur. Cet article détaille la trame CRBO dysorthographie avec épreuves commentées (dont la place réelle d'ODEDYS-2 et de la BALE), formulations commentées et pièges à éviter. Pour approfondir les règles générales de rédaction du CRBO applicables à tous les domaines, consultez notre guide complet sur la rédaction du CRBO. Notez que le CRBO dyscalculie suit une logique similaire pour les troubles logico-mathématiques, avec une adaptation des batteries et des axes évalués.

Ce que le CRBO dysorthographie doit impérativement contenir

Le contenu minimal du bilan est fixé par l'article R4341-2 du Code de la santé publique : dans le cadre de la prescription médicale, l'orthophoniste établit un bilan comprenant le diagnostic orthophonique, les objectifs et le plan de soins, et le compte rendu est communiqué au médecin prescripteur. Aucun texte n'impose de trame détaillée ; la structure usuelle, recommandée, compte cinq sections : anamnèse, observations cliniques, évaluation par axe, conclusion diagnostique, projet thérapeutique. Ces sections ne sont pas de simples rubriques administratives : elles structurent le raisonnement clinique et permettent au médecin prescripteur de comprendre le profil du patient en quelques minutes de lecture.

Pour un bilan dysorthographie, la conclusion diagnostique porte une responsabilité particulière : elle doit explicitement trancher entre retard orthographique simple (évolution favorable spontanée ou sous stimulation scolaire seule) et dysorthographie développementale (trouble persistant nécessitant rééducation). Ce choix s'appuie sur la persistance des difficultés malgré une aide ciblée et sur le critère D du DSM-5 : les difficultés ne doivent pas être mieux expliquées par un trouble sensoriel non corrigé (audition, vision), une carence pédagogique, une maîtrise insuffisante de la langue d'enseignement ou une déficience intellectuelle. Ce n'est pas une liste d'exclusions automatiques : un trouble spécifique des apprentissages peut coexister avec une déficience intellectuelle lorsque les difficultés excèdent celles habituellement associées. Le CRBO mentionne ces vérifications dans l'anamnèse ou dans la conclusion.

Les cinq sections de la structure usuelle :

  • Anamnèse : plainte principale, histoire scolaire, antécédents, conditions de vie, vérification audition/vision, bilan psychologique s'il existe (l'efficience intellectuelle relève du psychologue).
  • Observations cliniques : comportement face à la tâche d'écriture, stratégies de compensation observées, absence (ou présence) de difficultés en lecture.
  • Évaluation par axe : un sous-titre par axe (orthographe phonologique, lexicale, production écrite), test utilisé, score brut, score normé, interprétation.
  • Conclusion diagnostique : diagnostic orthophonique posé (trouble spécifique des apprentissages avec déficit de l'expression écrite, ou dysorthographie), sévérité (légère/moyenne/grave), description du profil d'erreurs, autres explications possibles écartées.
  • Projet thérapeutique : axes de rééducation, fréquence, durée prévisionnelle, aménagements scolaires à préconiser.
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Bon à savoir

Le compte rendu du bilan est communiqué au médecin prescripteur (art. R4341-2 du Code de la santé publique) ; mieux vaut le transmettre dans un délai raisonnable après la fin du bilan. Ce document engage la responsabilité professionnelle de l'orthophoniste : toute formulation ambiguë expose à un refus de prise en charge ou à une contestation ultérieure.

Quels tests citer dans le bilan orthophonique dysorthographie

Le choix des tests détermine la qualité du diagnostic différentiel. Un CRBO dysorthographie sans test étalonné ou avec des scores bruts seuls ne permet pas au médecin prescripteur d'évaluer la sévérité du trouble. Les batteries recommandées couvrent l'orthographe phonologique (correspondances phonème-graphème), l'orthographe lexicale (mémorisation des formes orthographiques irrégulières), et la production écrite spontanée. Pour les patients présentant une dysorthographie isolée (lecture préservée), il est essentiel de le démontrer par des tests de lecture dans la norme : c'est ce qui différencie la dysorthographie de la dyslexie-dysorthographie associée.

ODEDYS-2 : un outil de dépistage, pas de diagnostic

L'ODEDYS-2 (Outil de DÉpistage des DYSlexies, version 2, Cogni-Sciences, Grenoble) est, comme son nom l'indique, un outil de dépistage. Ses épreuves de lecture et de dictée (mots réguliers, mots irréguliers, pseudomots) permettent de repérer rapidement un risque, pas de poser un diagnostic. Si vous l'avez utilisé en première intention, le CRBO doit s'appuyer sur des épreuves diagnostiques étalonnées complémentaires.

Pour chaque épreuve diagnostique, on cite : épreuve et batterie utilisées, score brut (nombre de mots corrects sur total), score normé, rang percentile, interprétation clinique. Formulation-type : "À l'épreuve de dictée de mots, Louis se situe à P10, soit un écart de -1,33 écart-type par rapport à la norme de sa classe (CE2). La dictée de pseudomots chute à P5, avec des erreurs à dominante phonologique." Cette précision transforme un chiffre brut (14/20) en information clinique interprétable par le prescripteur et la MDPH. Le raisonnement s'applique à toutes les batteries : voir notre méthode pour intégrer les résultats de tests dans le CRBO.

BALE : batterie d'analyse du langage écrit

La BALE (Batterie Analytique du Langage Écrit), diffusée gratuitement par Cogni-Sciences (Grenoble), propose des épreuves de lecture et d'orthographe qui permettent d'analyser séparément les deux versants. L'ancienneté de ses étalonnages pose toutefois la question de leur pertinence pour un usage diagnostique aujourd'hui : vérifiez la date d'étalonnage dans le manuel et privilégiez, pour les scores sur lesquels repose le diagnostic, une batterie étalonnée récemment. Pour un patient dysorthographique sans dyslexie, les résultats montrent une dissociation : lecture dans la norme, orthographe déficitaire.

Dans le CRBO, on cite : épreuves d'orthographe lexicale et phonologique, temps de réalisation (si pertinent), comparaison norme. Formulation-type pour dysorthographie isolée confirmée : "Les épreuves de lecture se situent dans la norme (décodage P40, fluence P35), tandis que les épreuves d'orthographe révèlent un déficit significatif (dictée de mots P8, dictée de phrases P5). Cette dissociation permet d'écarter le diagnostic de dyslexie associée et de poser celui de dysorthographie développementale isolée."

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Attention

Citer uniquement les scores bruts sans leur correspondance normée rend le CRBO illisible pour le médecin prescripteur, qui ne connaît pas les seuils pathologiques de chaque test. Toujours associer score brut, rang percentile ou écart-type, et interprétation en une phrase.

BELO : batterie d'évaluation de lecture et d'orthographe

La BELO (Batterie d'Évaluation de Lecture et d'Orthographe, F. George et C. Pech-Georgel, Solal, 2006) s'adresse aux enfants de CP et CE1. Construite sur le modèle à double voie de la lecture, elle évalue la lecture et l'orthographe, ce qui en fait un outil pertinent pour objectiver précocement une dysorthographie chez l'enfant jeune.

Dans le CRBO, on cite la BELO avec son âge d'étalonnage et on présente les scores de lecture et d'orthographe séparément : c'est cette mise en regard qui permet de documenter une dysorthographie avec lecture préservée. Au-delà du CE1, d'autres batteries prennent le relais. Si un déficit du langage oral est suspecté, il est exploré par des épreuves de langage oral dédiées et signalé dans l'anamnèse ou dans les axes évalués.

Autres outils complémentaires à mentionner selon le profil

D'autres batteries peuvent enrichir le bilan selon l'âge et le profil du patient. ÉVALEC (CE1-CM2) évalue lecture et écriture de manière standardisée. L2MA-2 (Langage oral, Langage écrit, Mémoire, Attention, version 2) couvre le collège et permet d'identifier des troubles associés (mémoire de travail, attention). Si un doute existe sur l'efficience intellectuelle, mentionner dans l'anamnèse le bilan psychologique réalisé (date, conclusion) ou le recommander : l'évaluation psychométrique relève du psychologue, pas de l'orthophoniste. Enfin, signaler systématiquement dans l'anamnèse que vision et audition ont été contrôlées (orthoptiste, audioprothésiste, ou bilan ORL/ophtalmologique normal récent).

Test Classe d'âge Ce qu'il mesure Ce qu'on cite dans le CRBO
ODEDYS-2 CE1-5e Dépistage : lecture, orthographe Outil de dépistage, à compléter par des épreuves diagnostiques
BALE CE1-CM2 Lecture et orthographe séparément Dissociation lecture/orthographe ; ancienneté des étalonnages à interroger
BELO CP-CE1 Lecture et orthographe (modèle à double voie) Scores de lecture et d'orthographe présentés séparément
ÉVALEC CE1-CM2 Lecture, écriture, compréhension Scores normés lecture/écriture, diagnostic différentiel
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Trame CRBO dysorthographie : section par section avec formulations commentées

La structure du CRBO dysorthographie suit les cinq sections de la structure usuelle. Chaque section a une fonction précise dans le raisonnement clinique : l'anamnèse pose le contexte et documente les autres explications possibles, les observations cliniques décrivent le comportement face à la tâche, l'évaluation par axe quantifie les déficits, la conclusion diagnostique nomme le trouble de manière non ambiguë, le projet thérapeutique propose des axes de rééducation différenciés. Une rédaction rigoureuse protège le patient (accès aux aménagements), le médecin prescripteur (information fiable) et l'orthophoniste (responsabilité professionnelle).

Anamnèse : les éléments spécifiques à la dysorthographie

L'anamnèse recueille et mentionne explicitement : plainte principale (formulée par les parents ou le patient lui-même), histoire scolaire (redoublement éventuel, soutien scolaire, aide AESH), antécédents familiaux de troubles du langage écrit (récurrence familiale fréquente), bilan psychologique s'il existe (l'efficience intellectuelle relève du psychologue), audition et vision contrôlées et normales. Pour la dysorthographie, il est crucial de noter si la plainte concerne uniquement l'orthographe ou si des difficultés de lecture sont également rapportées. Si lecture préservée : argument pour dysorthographie isolée.

Formulation-type : "L'anamnèse révèle une plainte d'orthographe isolée depuis le début des apprentissages (CP). Louis, 8 ans (CE2), présente des erreurs massives en dictée et en production écrite spontanée, contrastant avec des compétences de lecture fluide et précise. Aucun redoublement. Soutien scolaire hebdomadaire depuis septembre 2025 sans amélioration notable. Antécédent familial : père dysorthographique diagnostiqué. Vision et audition contrôlées en 2024 (bilan normal). Aucun antécédent neurologique, développement psychomoteur dans la norme."

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Bon à savoir

Mentionner explicitement dans l'anamnèse que le niveau de stimulation scolaire est adapté (fréquentation régulière, enseignement conforme aux programmes) : cela documente l'absence de carence pédagogique, l'une des autres explications à écarter (critère D du DSM-5 ; code CIM-10 F81.1, trouble spécifique de l'acquisition de l'orthographe).

Observations cliniques

Les observations cliniques décrivent le comportement du patient face à la tâche d'écriture : hésitations sur graphèmes complexes (ex. : "ain"/"ein"), omissions de lettres muettes (ex. : "gran" pour "grand"), erreurs phonétiquement plausibles (ex. : "maizont" pour "maison"), relecture orale fréquente pour vérifier, stratégies de contournement (évitement des mots inconnus, phrases courtes). Pour une dysorthographie isolée, noter explicitement l'absence de difficultés en lecture : "La lecture à voix haute est fluide et précise (texte CE2 lu à vitesse normale, compréhension orale excellente), en cohérence avec des compétences de décodage préservées."

Formulation-type : "En situation de dictée, Louis manifeste des hésitations importantes sur les graphèmes complexes (g/gu, c/qu, s/ss) et les morphogrammes (accord pluriel). Il relit systématiquement à voix haute pour vérifier la correspondance phonie-graphie. Plusieurs tentatives graphiques sont observées avant validation ("frai" puis "frais"). Les lettres muettes finales sont majoritairement omises ("gran" pour "grand", "encor" pour "encore"). L'écriture manuscrite est lente mais lisible, sans signe de dysgraphie associée."

Ces observations viennent de votre passation, pas du test. Quand vous préparez un premier jet de CRBO à partir de vos scores, tapez-les ou dictez-les avec vos mots. Le brouillon suit votre vocabulaire.

Évaluation par axe : résultats et interprétation

L'évaluation par axe constitue le cœur quantitatif du CRBO. Elle structure les résultats par domaine clinique : orthographe phonologique, orthographe lexicale, production écrite, langage oral (si pertinent). Pour chaque axe, on cite : test utilisé, score brut, score normé (rang percentile ou écart-type), interprétation clinique en une phrase. Cette structure permet au médecin prescripteur de visualiser immédiatement les points forts et les points faibles du patient.

Le diagnostic différentiel avec la dyslexie-dysorthographie se joue dans cette section (épreuves de lecture de contrôle). Elle sert aussi à décrire le profil, sans le ranger dans un sous-type : les RBP (CFO, 2022) jugent obsolètes les taxonomies fondées sur les profils, et le DSM-5 ne les utilise pas. On décrit la dominante des erreurs. Erreurs à dominante phonologique : correspondances phonème-graphème non maîtrisées, erreurs sur pseudomots et mots réguliers, performances meilleures sur mots irréguliers mémorisés. Erreurs à dominante lexicale : lexique orthographique peu constitué, erreurs sur mots irréguliers (phonétisation ex. : "oseau" pour "oiseau"), performances meilleures sur mots réguliers et pseudomots. Erreurs à dominante grammaticale : accords et morphogrammes mal gérés en contexte. Les profils sont souvent hétérogènes : décrivez ce que vous observez.

Tableau type :

Axe évalué Épreuve Score brut Rang percentile Interprétation
Orthographe phonologique Dictée de pseudomots 8/20 P5 Déficitaire, erreurs à dominante phonologique
Orthographe lexicale Dictée de mots irréguliers 12/20 P20 Performances limites, mémorisation partielle
Production écrite Dictée de phrases 45% erreurs P8 Déficit sévère gestion morphosyntaxe orthographique
Lecture (contrôle) Lecture de texte en temps limité 96 mots/min P40 Compétences de lecture préservées (norme)

Données fictives à titre illustratif. Précisez pour chaque ligne la batterie diagnostique utilisée et l'année de son étalonnage.

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Attention

Omettre les autres explications possibles (trouble sensoriel non corrigé, carence pédagogique, langue d'enseignement, efficience intellectuelle d'après le bilan psychologique s'il existe) fragilise le diagnostic. Ces vérifications doivent être explicitement mentionnées dans l'anamnèse ou dans la conclusion diagnostique.

Conclusion diagnostique : comment formuler sans ambiguïté

La conclusion diagnostique engage la responsabilité de l'orthophoniste et conditionne l'accès aux aménagements. Elle doit nommer le trouble de manière explicite, préciser sa sévérité (légère/moyenne/grave), décrire le profil d'erreurs et mentionner les autres explications écartées. Elle évite deux écueils : la formulation trop prudente ("difficultés évoquant une dysorthographie"), qui ne pose pas le diagnostic, et le sous-typage ("dysorthographie phonologique / de surface / mixte"), jugé obsolète par les RBP (CFO, 2022). L'orthophoniste « établit en autonomie son diagnostic » (art. L4341-1 du Code de la santé publique) : poser le diagnostic de dysorthographie relève pleinement de son champ.

Formulation-type : "Le bilan orthophonique permet de poser le diagnostic de trouble spécifique des apprentissages avec déficit de l'expression écrite (dysorthographie), de sévérité moyenne, sans trouble de la lecture associé. Les erreurs sont à dominante phonologique (dictée de pseudomots P5), le lexique orthographique étant moins touché (mots irréguliers P20). Les autres explications possibles ont été examinées : audition et vision contrôlées normales, fréquentation scolaire régulière avec enseignement conforme aux programmes [le cas échéant : bilan psychologique du JJ/MM/AAAA concluant à une efficience intellectuelle dans la norme]. Le trouble persiste malgré un soutien scolaire hebdomadaire depuis six mois."

Nuance rédactionnelle critique : ne pas écrire "compatible avec" mais préférer "permettant de poser le diagnostic de". Cette formulation engage l'orthophoniste sur un diagnostic clinique argumenté, qui relève de sa compétence propre (art. L4341-1 du Code de la santé publique).

Projet thérapeutique : axes de rééducation à mentionner

Le projet thérapeutique découle directement du profil décrit. Erreurs à dominante phonologique : travail des correspondances phonème-graphème (dictées de syllabes, assemblage, segmentation phonémique), renforcement conscience phonologique, encodage de pseudomots. Erreurs à dominante lexicale : travail du lexique orthographique (mémorisation de mots fréquents irréguliers, stratégies visuelles, associations morphologiques ex. : "grand/grande/grandeur"), entraînement reconnaissance rapide formes orthographiques. Profil touchant les deux versants : combiner les deux approches de façon séquentielle (phonologie puis lexique) ou parallèle selon le profil et la sévérité.

Formulation-type : "La prise en charge rééducative sera axée sur le renforcement des correspondances phonème-graphème (voie phonologique) et la mémorisation du lexique orthographique des mots fréquents irréguliers (voie lexicale), à raison de deux séances hebdomadaires de 30 minutes (cotation AMO 11,6, rééducation des troubles de la communication et du langage écrit). Durée prévisionnelle : 12 à 18 mois avec réévaluation semestrielle. Aménagements scolaires à préconiser auprès de l'équipe pédagogique : tiers-temps aux évaluations écrites, accès au correcteur orthographique en production écrite, évaluation privilégiée à l'oral des connaissances dans les matières non-linguistiques."

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Bon à savoir

Les aménagements scolaires (tiers-temps, correcteur orthographique) ne sont pas conditionnés au CRBO seul : ils nécessitent un dossier MDPH complet (certificat médical, avis de l'équipe éducative, projet de scolarisation). Le CRBO est la pièce maîtresse de ce dossier, mais il ne suffit pas à déclencher les aménagements automatiquement.

Erreurs fréquentes dans les CRBO dysorthographie (et comment les éviter)

Certaines erreurs rédactionnelles reviennent dans les CRBO dysorthographie, compromettant leur recevabilité par la MDPH ou leur lisibilité pour le médecin prescripteur. Les éviter protège le patient et sécurise la pratique professionnelle.

  1. Confondre dysorthographie et retard orthographique dans la conclusion. Un retard orthographique évolue favorablement sous stimulation scolaire adaptée ou soutien pédagogique. Une dysorthographie persiste malgré ces aides. Formulation incorrecte : "Louis présente un retard orthographique de deux ans." Formulation correcte : "Le bilan permet de poser le diagnostic de dysorthographie développementale (erreurs à dominante phonologique), persistant malgré un soutien scolaire hebdomadaire depuis six mois."

  2. Omettre les autres explications possibles. Audition et vision, fréquentation scolaire, langue d'enseignement, bilan psychologique s'il existe : ces vérifications doivent être explicitement mentionnées. Leur absence rend le diagnostic de dysorthographie développementale non défendable. Formulation incorrecte : aucune mention de vision/audition dans l'anamnèse. Formulation correcte : "Audition et vision contrôlées en mars 2025 (bilan audiométrique et ophtalmologique normaux). Aucun antécédent neurologique, développement psychomoteur dans la norme."

  3. Citer les scores bruts sans leur correspondance normée. Un score brut (14/20 en dictée de mots) ne permet pas au médecin prescripteur d'évaluer la sévérité. Formulation incorrecte : "Louis obtient 14/20 à la dictée de mots." Formulation correcte : "Louis obtient 14/20 à la dictée de mots (P10, soit -1,33 écart-type par rapport à la norme de sa classe), signant une fragilité marquée."

  4. Mentionner la dyslexie dans le CRBO alors que la lecture est dans la norme. Cette confusion dessert le patient : diagnostic erroné, projet thérapeutique inadapté, refus MDPH possible. Formulation incorrecte : "Les résultats sont en faveur d'une dyslexie-dysorthographie." Formulation correcte : "Les épreuves de lecture se situent dans la norme (décodage P40, fluence P35), écartant le diagnostic de dyslexie. Le bilan permet de poser le diagnostic de dysorthographie développementale isolée."

  5. Rester générique sur le profil. Un projet thérapeutique générique ("rééducation de l'orthographe") ne permet pas de défendre la spécificité de la prise en charge. Formulation incorrecte : "Rééducation de l'orthographe recommandée." Formulation correcte : "Rééducation axée sur le renforcement des correspondances phonème-graphème (erreurs à dominante phonologique) et la mémorisation du lexique orthographique (procédure lexicale)."

En résumé

Un CRBO dysorthographie conforme protège le patient, le prescripteur et l'orthophoniste. Sa valeur repose autant sur la rigueur clinique (épreuves diagnostiques étalonnées, scores interprétés, profil décrit) que sur la formulation rédactionnelle (diagnostic posé sans ambiguïté, autres explications écartées, projet thérapeutique différencié). Trois points critiques : poser le diagnostic et sa sévérité en décrivant le profil d'erreurs plutôt qu'un sous-type obsolète, trancher explicitement entre retard et trouble développemental, associer systématiquement score brut et score normé pour chaque axe évalué. Un CRBO bien rédigé ouvre l'accès aux aménagements scolaires, justifie la prise en charge orthophonique et documente l'évolution du patient sur le long terme.

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Avertissement

Cet article a été rédigé à destination des orthophonistes et professionnels de santé. Il ne constitue pas un avis médical et ne se substitue pas au jugement clinique du praticien. Toute décision diagnostique ou thérapeutique relève de la responsabilité de l'orthophoniste en charge du patient, conformément au Code de la santé publique (FNO).

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Indépendance et droit de citation

Ortho.ia n'a pas de partenariat privilégié avec les éditeurs de bilans orthophoniques. Les batteries et logiciels cités dans cet article le sont à titre informatif et pédagogique, dans le cadre du droit de citation, pour aider les orthophonistes à se repérer dans les outils du marché. Les protocoles de passation, étalonnages et grilles de cotation restent la propriété exclusive de leurs éditeurs respectifs.

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