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CRBO dyspraxie : trame et items verbaux et moteurs

Trame CRBO dyspraxie prête à l'emploi : items BREV, EVAL-PAR, articulation, différenciation verbale / motrice et formulations de conclusion pour orthophonistes.

Ortho.ia11 juin 202616 min de lecture
CRBO dyspraxie : trame, items moteurs et langagiers
CRBO dyspraxie : trame, items moteurs et langagiers

Rédiger un compte rendu de bilan orthophonique (CRBO) pour une dyspraxie verbale exige de séparer clairement le champ orthophonique (programmation motrice de la parole) du champ pluridisciplinaire (coordination motrice globale). Cette distinction conditionne la pertinence du document adressé au médecin prescripteur et la cohérence de la prise en charge. Cet article détaille la trame structurée, les items moteurs et langagiers à documenter, et les formulations cliniques qui renforcent l'argumentation diagnostique. Pour rappel des fondamentaux de structure, retrouvez la méthode pour rédiger un CRBO. Si votre bilan met également en évidence un trouble fluence, la trame dédiée au CRBO bégaiement vous sera complémentaire.

Dyspraxie verbale et dyspraxie motrice : ce que le CRBO doit distinguer

La confusion terminologique entre dyspraxie verbale (apraxie de la parole développementale) et dyspraxie motrice (trouble développemental de la coordination, TDC) génère régulièrement des erreurs de cotation et d'orientation. Le CRBO orthophonique documente exclusivement ce qui relève du champ de compétence de l'orthophoniste. La section suivante clarifie les frontières diagnostiques.

Dyspraxie verbale (apraxie de la parole développementale)

La dyspraxie verbale est un trouble de la programmation et de la planification des mouvements articulatoires, en l'absence de déficit moteur périphérique ou de trouble de compréhension. Elle se manifeste par quatre signes cardinaux que le CRBO doit consigner précisément.

Inconsistance des erreurs phonémiques : la production d'un même mot cible varie d'un essai à l'autre lors de trois répétitions successives. Cette inconsistance constitue le marqueur le plus spécifique de la dyspraxie verbale, à distinguer des erreurs constantes caractéristiques d'un trouble phonologique pur.

Performance dissociée en répétition : les productions automatiques (comptines, formules sociales) sont meilleures que les productions intentionnelles (dénomination, répétition volontaire). Cette dissociation automatico-volontaire oriente fortement le diagnostic.

Prosodie altérée : débit ralenti, accentuation inadéquate, liaisons incorrectes, pauses inappropriées. Ces anomalies prosodiques découlent des difficultés de planification temporelle du geste articulatoire.

Tâtonnements articulatoires : mouvements visibles de recherche (protrusion linguale, ouverture buccale excessive), auto-corrections multiples, faux départs. L'enfant montre qu'il sait ce qu'il veut dire mais ne parvient pas à coordonner les articulateurs pour le produire.

Selon l'American Speech-Language-Hearing Association (ASHA, 2022), ces quatre caractéristiques différencient l'apraxie de la parole développementale (Childhood Apraxia of Speech, CAS) des troubles articulatoires et phonologiques. L'expertise collective INSERM Troubles développementaux de la coordination (2019) confirme que ce tableau relève directement du bilan orthophonique et justifie une prise en charge intensive centrée sur la programmation motrice.

Dyspraxie motrice / TDC : le rôle de l'orthophoniste dans le CRBO

Le trouble développemental de la coordination (TDC), terminologie officielle du DSM-5 et de la CIM-11 depuis 2022, désigne un trouble de l'acquisition et de l'exécution de compétences motrices coordonnées. Il se traduit par une maladresse, une lenteur et une imprécision dans les activités motrices quotidiennes.

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Attention

Le diagnostic de TDC n'est pas un diagnostic orthophonique. L'orthophoniste consigne les observations motrices bucco-faciales et leurs répercussions sur les apprentissages, puis oriente vers un bilan ergothérapique et/ou psychomoteur complémentaire.

La classification clinique distingue huit types de dyspraxie (sources : FFDys, réseau TAP IDF) : verbale, visuo-spatiale, idéatoire, idéo-motrice, constructive, oro-faciale, de l'habillage, de la posture. Dans un CRBO, l'orthophoniste documente principalement la dyspraxie verbale (programmation articulatoire) et la dyspraxie oro-faciale (praxies bucco-faciales non verbales : gonfler les joues, tirer la langue, claquer la langue).

Les six autres types (visuo-spatiale, constructive, idéatoire, idéo-motrice, habillage, posture) relèvent du bilan ergothérapique et psychomoteur. Si le bilan orthophonique met en évidence des répercussions sur l'écriture (dysgraphie) ou sur la lecture (difficultés visuo-attentionnelles), ces observations doivent être mentionnées comme hypothèses nécessitant une exploration pluridisciplinaire, sans poser le diagnostic de TDC.

Trame CRBO dyspraxie verbale : sections obligatoires

Un CRBO dyspraxie verbale structuré garantit la lisibilité interdisciplinaire et la traçabilité réglementaire. La trame suivante respecte les recommandations HAS Troubles dys (2018) et les exigences de cotation NGAP.

En-tête et contexte du bilan

L'en-tête identifie le type de bilan (initial ou renouvellement), précise l'âge en années et mois, et contextualise la demande. Cette section doit répondre aux questions : pourquoi maintenant ? qui a prescrit ? quels bilans complémentaires ont déjà été réalisés ?

Motif de consultation : reproduire la formulation du médecin prescripteur (« trouble de l'articulation », « difficultés de parole », « suspicion de dyspraxie verbale »). Si le motif est vague, préciser la plainte parentale : « difficultés d'intelligibilité en contexte scolaire », « erreurs phonémiques inconsistantes ».

Contexte scolaire : niveau de classe, aménagements déjà en place (PAP, PPS, AVS), signalements enseignants. Mentionner l'impact fonctionnel : refus de participation orale, isolement social, incompréhension par les pairs.

Antécédents pertinents : prématurité, retard des acquisitions motrices (tenue de tête, marche, préhension), hospitalisations néonatales, troubles associés (TDAH, TSA). Un retard moteur global précoce oriente vers un TDC associé, nécessitant une coordination pluridisciplinaire.

Item obligatoire : préciser si un bilan ergothérapique, psychomoteur, neuropsychologique ou orthoptique a déjà été réalisé. Si oui, en résumer les conclusions principales (scores, diagnostic posé, rééducation en cours). Si non, mentionner l'absence de bilan pluridisciplinaire et l'intention d'orientation.

Résultats des outils standardisés

Cette section constitue le cœur argumentatif du CRBO. Chaque outil doit être nommé avec précision (batterie complète, étalonnage utilisé, date de passation), et chaque score rapporté avec son référent normatif (percentile, écart-type, seuil pathologique).

EVAL-PAR (Évaluation des Praxies Articulatoires) : batterie de référence pour la dyspraxie verbale. Documenter les scores bruts et étalonnés pour chaque sous-test :

  • Praxies isolées (items : langue en haut, langue à droite, gonfler les joues, claquer la langue) : score X/20, percentile P25 = seuil pathologique.
  • Répétition de syllabes simples (CV : /pa/, /ta/, /ka/) : score X/30, écart-type -2,5 = pathologique.
  • Répétition de mots (1, 2, 3 syllabes) : noter l'effet de longueur (augmentation des erreurs avec la longueur).
  • Répétition de logatomes (mots inventés) : score X/20, dissociation logatomes/mots réels évocatrice de trouble phonologique vs dyspraxie.

Préciser la date d'étalonnage utilisée (version 2022 ou antérieure) et les conditions de passation (fatigue, refus d'items, temps de passation prolongé).

BREV (Batterie Rapide d'Évaluation des Fonctions cognitives) : sous-tests pertinents pour la composante praxique. Indiquer le score composite et les indices déviants (plus de 2 écarts-types sous la moyenne) :

  • Coordination motrice (tapping digital, coordination bi-manuelle) : évalue la fluidité motrice globale.
  • Praxies gestuelles (gestes symboliques : au revoir, chut, bravo) : dissociation praxies oro-faciales / praxies gestuelles = signature TDC associé.

Si le score composite BREV est pathologique, mentionner l'orientation neuropsychologique recommandée.

BEPL-B ou NEEL (selon âge) : évaluation phonologique différentielle. Distinguer les processus phonologiques développementaux (simplification, assimilation) des erreurs praxiques pures (inconsistance, effet de longueur, tâtonnements sans pattern phonologique stable).

Diadococinésies (AMR / SMR) : fréquence de répétition de syllabes alternées. Méthode standardisée : compter le nombre de productions /pa ta ka/ en 5 secondes, rapporter en Hz (productions/seconde). Valeurs normatives 5-6 ans : AMR > 4 Hz, SMR > 2,5 Hz. Un score < percentile 10 oriente vers une dyspraxie verbale. Préciser la régularité (régulière vs irrégulière), la clarté articulatoire, et les auto-corrections.

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Bon à savoir

Si l'EVAL-PAR n'est pas disponible dans votre cabinet, l'épreuve de diadococinésies seule (AMR/SMR) constitue un indicateur clinique robuste. Elle peut être réalisée sans matériel, en comptage manuel ou via enregistrement smartphone.

Observations qualitatives cliniques

Les scores quantitatifs ne suffisent pas. Le CRBO doit documenter les comportements observés en séance, qui singularisent la dyspraxie verbale des autres troubles de la parole.

Inconsistance des productions : noter trois essais de répétition du même mot cible (ex. : « hippopotame ») et lister les productions obtenues. Formulation type : « L'enfant produit "pipopotame", "hipotame", "hipotapame" lors de trois essais successifs, témoignant d'une inconsistance articulatoire marquée. »

Comportements de recherche articulatoire : décrire les mouvements visibles (protrusion linguale avant production, ouverture buccale excessive, grimaces faciales), les faux départs (amorce puis arrêt), les auto-corrections multiples sans amélioration de la cible.

Intelligibilité contextualisée : comparer l'intelligibilité en contexte spontané (conversation libre, phrases courtes, contexte familier) vs dénomination formelle (images isolées, mots hors contexte). La dyspraxie verbale génère souvent une dissociation marquée : meilleure intelligibilité spontanée (appui sur le contexte, formules automatisées) vs effondrée en dénomination.

Prosodie : préciser le débit (ralenti, hésitant, saccadé), l'accentuation (plate, inadéquate), les liaisons (absentes ou incorrectes). Formulation type : « Le débit est ralenti (120 syllabes/min vs 180-200 attendu à 7 ans), avec des pauses inappropriées en milieu de mot ("hip / potame"). »

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Téléchargez l'exemple de CRBO dyspraxie pré-rempli avec les scores EVAL-PAR.

Modèle Word modifiable, conforme aux recommandations HAS 2018, prêt à transmettre au médecin prescripteur après validation clinique.

Télécharger l'exemple →

Items d'articulation spécifiques à documenter

Cette section opérationnalise le bilan en listant les items moteurs et langagiers que le CRBO doit systématiquement consigner. Elle constitue la référence pour la rédaction en séance.

Motricité bucco-faciale

Les praxies bucco-faciales non verbales évaluent la dissociation commande volontaire / automatique. Chaque item doit être testé sur commande verbale (« tire la langue »), sur imitation (le clinicien montre), et en contexte automatique (bâiller, se lécher les lèvres après collation).

Items obligatoires : élévation de la langue (toucher le nez avec la langue), latéralisation linguale (toucher la commissure droite, gauche), claquement de langue (produire un bruit de cheval), gonflement des joues (maintenir 5 secondes), écartement labial (sourire forcé), protrusion labiale (faire la moue).

Cotation : possible sur imitation uniquement / possible sur commande verbale / impossible. Préciser la dissociation automatico-volontaire si présente : « L'enfant se lèche spontanément les lèvres après collation (automatique préservé) mais ne parvient pas à tirer la langue sur commande (volontaire déficitaire). »

Formulation type pour le CRBO : « Les praxies bucco-faciales sont déficitaires : élévation linguale impossible, latéralisation gauche réussie après trois essais, gonflement des joues asymétrique (joue droite gonflée, joue gauche plate). Dissociation automatico-volontaire marquée. »

Répertoire phonémique

Le répertoire phonémique documente les phonèmes maîtrisés, absents, substitués ou distordus. La notation SAMPA (Speech Assessment Methods Phonetic Alphabet) ou API (Alphabet Phonétique International) garantit la précision interdisciplinaire.

Phonèmes absents : lister en notation SAMPA, ex. : /R/, /Z/, /S/. Préciser si l'absence est constante ou variable selon le contexte phonétique (position initiale vs finale, entourage vocalique).

Substitutions : indiquer la règle de substitution, ex. : /k/ → /t/ (« /koR/ → /toR/ pour "corps" »). Distinguer substitution constante (trouble phonologique) vs substitution variable (dyspraxie verbale).

Distorsions : phonème produit mais imprécis (ex. : /s/ latéralisé, /R/ vocalisé). La distorsion témoigne d'une difficulté motrice fine, caractéristique de la dyspraxie verbale.

Contextes facilitateurs : certains enfants réussissent un phonème en position initiale mais échouent en position finale, ou inversement. Documenter ces contextes oriente les stratégies de rééducation : « Le phonème /k/ est produit correctement en attaque de syllabe ("café") mais absent en coda ("sac" → "sa"). »

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Exemple clinique

Liam, 6 ans 3 mois, produit "poire" → "boire", "table" → "dable", "sac" → "tac". Les occlusives sourdes (/p/, /t/, /k/) sont systématiquement voisées (/b/, /d/, /g/), témoignant d'un trouble phonologique de voisement. En revanche, la répétition de "hippopotame" donne "pipopotame", "hipotame", "hipotapame" (trois essais différents), signature d'inconsistance praxique associée.

Répétition de mots, logatomes et phrases

Cette épreuve quantifie l'effet de longueur et l'effet de fréquence lexicale, deux marqueurs diagnostiques majeurs de la dyspraxie verbale.

Effet de longueur : les erreurs augmentent-elles avec la longueur du stimulus ? Tester des mots de 1, 2, 3, 4 syllabes de fréquence équivalente. Calculer le pourcentage d'erreurs par longueur. Un gradient croissant (ex. : 10 % erreurs monosyllabes, 30 % bisyllabes, 60 % trisyllabes, 85 % quadrisyllabes) signe la dyspraxie verbale. Formulation type : « L'effet de longueur est marqué : 12 % d'erreurs sur les mots de 1 syllabe vs 68 % sur les mots de 3 syllabes. »

Effet de fréquence lexicale : les mots rares génèrent-ils plus d'erreurs que les mots fréquents, à longueur égale ? Un effet de fréquence massif oriente vers un trouble phonologique (déficit de représentation lexicale). Un effet absent ou faible, couplé à un effet de longueur marqué, oriente vers la dyspraxie verbale (déficit de programmation motrice indépendant de la fréquence).

Formulations types pour le CRBO :

  • « L'enfant présente une inconsistance articulatoire marquée, avec des productions variables pour un même item cible lors de trois répétitions successives (score EVAL-PAR répétition de mots : 14/30, percentile P5, pathologique). »
  • « On note un effet de longueur significatif : les erreurs augmentent de 58 points de pourcentage sur les items de 3 syllabes vs 1 syllabe (12 % vs 70 %), évocateur d'une dyspraxie verbale. »
  • « Les diadococinésies sont irrégulières en vitesse et en rythme (AMR : 3,2/s, percentile P8 ; SMR : 1,8/s, percentile P4), témoignant d'un déficit de coordination articulatoire dynamique. »

Formulations de conclusion et orientation pluridisciplinaire

La conclusion du CRBO transforme les observations et les scores en proposition diagnostique argumentée, puis oriente vers les professionnels complémentaires. Cette section détermine la lisibilité du document pour le médecin prescripteur et la coordination du parcours de soins.

Conclusion CRBO dyspraxie verbale

La phrase conclusive doit nommer le tableau clinique, lister les marqueurs observés, et proposer une prise en charge spécifique. Le format suivant garantit la conformité réglementaire et la clarté interdisciplinaire.

Modèle de phrase conclusive : « Le bilan met en évidence un tableau clinique évocateur de dyspraxie verbale développementale (apraxie de la parole développementale), caractérisé par une inconsistance articulatoire marquée (score EVAL-PAR répétition de mots P5), un effet de longueur significatif (+58 points de pourcentage entre 1 et 3 syllabes), des tâtonnements articulatoires observés en séance, et des diadococinésies altérées (AMR P8, SMR P4). Une prise en charge orthophonique intensive est recommandée, selon une approche centrée sur la programmation motrice de la parole (type Nuffield Dyspraxia Programme, ReST ou DTTC). »

Mention obligatoire de limitation de champ : « Ce bilan orthophonique ne permet pas à lui seul de poser un diagnostic de TDC (trouble développemental de la coordination) / dyspraxie motrice. Un bilan ergothérapique et/ou psychomoteur complémentaire est recommandé pour explorer la coordination gestuelle globale, les praxies constructives et les habiletés visuo-spatiales. En l'absence de bilan pluridisciplinaire, la famille est orientée vers le médecin prescripteur pour coordination. »

Cette formulation protège le professionnel en délimitant explicitement son champ de compétence, et facilite l'accès au parcours pluridisciplinaire pour l'enfant.

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Attention

Ne jamais conclure « dyspraxie » seul, sans préciser « verbale » ou « développementale ». Le terme isolé génère une confusion avec le TDC et expose à un défaut d'orientation ergothérapique. Toujours associer « dyspraxie verbale / apraxie de la parole développementale » pour lever l'ambiguïté.

Orientation et coordination

Le CRBO doit préciser les destinataires du document et les orientations complémentaires recommandées. Cette traçabilité conditionne la coordination du parcours de soins.

Destinataires obligatoires : médecin prescripteur (pédiatre, médecin généraliste, neuropédiatre) + copie aux parents. Mentionner explicitement : « Copie du présent compte rendu transmise aux parents le [date], avec explications orales des résultats et des orientations proposées. »

Orientation CRTLA (Centre de Référence des Troubles spécifiques du Langage et des Apprentissages) : si le tableau est complexe (diagnostics différentiels non levés, troubles associés multiples, échec de rééducation antérieure), mentionner l'orientation vers le CRTLA référent de la région. Chaque région française dispose d'une structure de ce type (liste disponible sur le site FFDys).

Références nomenclature AMO : préciser les actes cotables selon la grille FOF 2026 (NGAP réformée). Pour un bilan de dyspraxie verbale : bilan de la communication et du langage oral AMO 34,01 (88,43 €). Pour la rééducation : AMO 12,1 (31,46 €) pour le langage oral chez les 7+ ans, AMO 12,6 (32,76 €) chez l'enfant de 3 à 6 ans, ou AMO 14 (36,40 €) si le diagnostic est posé dans le cadre des troubles du neuro-développement (dysphasie). Mentionner la fréquence recommandée : « Prise en charge orthophonique intensive recommandée, 2 à 3 séances hebdomadaires de 30 à 45 minutes, réévaluation à 6 mois. »

FAQ, Questions fréquentes sur le CRBO dyspraxie

Quels sont les 8 types de dyspraxie à connaître pour le CRBO ?

Les huit types classiques sont : verbale, visuo-spatiale, idéatoire, idéo-motrice, constructive, oro-faciale, de l'habillage, de la posture. Dans un CRBO orthophonique, seules la dyspraxie verbale (programmation articulatoire) et la dyspraxie oro-faciale (praxies bucco-faciales non verbales) relèvent directement du champ de compétence de l'orthophoniste. Les six autres types doivent être mentionnés comme hypothèses à explorer en bilan pluridisciplinaire (ergothérapeute, psychomotricien), sans poser le diagnostic dans le CRBO.

Que signifie CRBO en orthophonie ?

CRBO désigne le compte rendu de bilan orthophonique, document réglementaire adressé au médecin prescripteur à l'issue d'un bilan (initial ou de renouvellement). Il synthétise les résultats des outils standardisés utilisés, les observations cliniques qualitatives, et les conclusions diagnostiques argumentées. Le CRBO justifie l'indication de prise en charge orthophonique et oriente vers les professionnels complémentaires si nécessaire. Il constitue la base de la cotation NGAP (nomenclature générale des actes professionnels) et de la traçabilité réglementaire.

Quel est le nouveau nom de la dyspraxie ?

Depuis le DSM-5 (2013) et la CIM-11 (2022), le terme officiel est "trouble développemental de la coordination" (TDC). Le terme "dyspraxie" reste utilisé en pratique clinique francophone et est reconnu par la HAS dans son guide parcours de soins Troubles dys (2018). Dans le CRBO, il est recommandé d'utiliser les deux termes pour assurer la lisibilité interdisciplinaire : "dyspraxie / TDC" ou "dyspraxie verbale / apraxie de la parole développementale" selon le tableau clinique. Cette double dénomination évite les malentendus entre professionnels et garantit la compréhension par le médecin prescripteur.

La dyspraxie est-elle reconnue comme un handicap en France ?

Oui. La loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances reconnaît la dyspraxie comme un handicap pouvant ouvrir droit à des aménagements scolaires (PAP, plan d'accompagnement personnalisé, ou PPS, projet personnalisé de scolarisation) et à des compensations MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). Dans le CRBO, si les résultats attestent d'un retentissement fonctionnel significatif sur les apprentissages ou l'autonomie quotidienne, il est utile de le mentionner explicitement en conclusion pour faciliter les démarches administratives de la famille. Formulation type : "Le retentissement fonctionnel observé justifie l'ouverture d'un dossier MDPH pour aménagements scolaires et éventuelles compensations."


Le CRBO dyspraxie verbale est efficace quand il distingue clairement le champ orthophonique (programmation articulatoire) du champ pluridisciplinaire (coordination motrice globale), s'appuie sur des outils standardisés nommés avec précision (EVAL-PAR, BREV, diadococinésies), et propose une conclusion orientée vers la prise en charge spécifique et la coordination interdisciplinaire. La délimitation explicite du champ de compétence protège le professionnel et garantit l'accès au parcours de soins adapté pour l'enfant.

Cet article s'adresse exclusivement aux orthophonistes et professionnels de santé. Les contenus présentés ont une visée informative et ne constituent pas un avis diagnostique. Toute décision clinique relève de la responsabilité du professionnel de santé en charge du patient, conformément aux référentiels en vigueur (HAS, FNO).

Sources officielles :

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