CRBO trouble logico-mathématique : trame et exemple
Comment structurer un CRBO pour un TLM ? Trame complète UDN-II, ZAREKI, EXALANG avec cadre Vergnaud et Crahay. Exemple de rédaction section par section.

Vous venez de terminer votre bilan UDN-II et ZAREKI. Les scores sont saisis, les observations notées. Maintenant commence la partie la plus chronophage : transformer ces données en CRBO structuré, argumenté, exploitable par le médecin prescripteur. Le CRBO pour trouble logico-mathématique (TLM) n'est pas un simple relevé de percentiles. C'est un document clinique qui justifie le diagnostic orthophonique et oriente la prise en charge. Cet article présente une trame section par section, ancrée dans les modèles de Vergnaud et Crahay, pour rédiger un CRBO TLM robuste avec les outils UDN-II, ZAREKI et EXALANG. Vous y trouverez aussi les formulations types, les erreurs fréquentes et les références théoriques à citer sans alourdir. Si un déficit auditif est suspecté en comorbidité, consultez également la rédaction du CRBO en cas de surdité associée.
Qu'est-ce qu'un trouble logico-mathématique en orthophonie ?
Un trouble logico-mathématique (TLM) est un trouble du neurodéveloppement qui affecte la construction du nombre, des opérations arithmétiques et du raisonnement logique. Il se distingue de la dyscalculie pure, qui cible spécifiquement la cognition numérique au sens de Dehaene (sens du nombre, subitizing), par son caractère pluridimensionnel : le TLM touche les structures logiques préalables à l'arithmétique formelle (classification, sériation, conservation).
Vergnaud G. (1991, La théorie des champs conceptuels) postule que le nombre n'est pas un objet isolé mais une structure relationnelle. Comprendre le nombre implique de maîtriser un réseau de situations, de schèmes et de symbolismes. Un TLM se traduit par des lacunes dans ce réseau : cardinalité (dénombrer une collection), ordinalité (situer dans une suite), mesure (comparer des quantités), opérations (additionner, soustraire, multiplier). Le bilan orthophonique doit situer l'enfant dans ces différents champs conceptuels.
Crahay M. (2007, Peut-on lutter contre l'échec scolaire ?) distingue les logiques opératoires (stades piagétiens : conservation, classification, sériation) et les logiques mathématiques formelles (numération, calcul écrit). Un enfant peut échouer en mathématiques scolaires parce que les premières ne sont pas consolidées. Le CRBO doit donc explorer ces deux niveaux.
En France, le bilan logico-mathématique en orthophonie est coté AMO 12.4 dans la NGAP (cotation Assurance Maladie). Il relève du champ de compétences de l'orthophoniste, distinct du psychologue (évaluation cognitive globale) et du psychomotricien (structuration spatiale et corporelle).
Le terme « dyscalculie » dans un CRBO orthophonique français expose à une confusion avec le diagnostic médical (DSM-5 : trouble spécifique des apprentissages avec atteinte du calcul). Préférer « trouble logico-mathématique (TLM) » ou « trouble spécifique des apprentissages en mathématiques (TSAM) » selon le profil.
Les outils du bilan logico-mathématique : UDN-II, ZAREKI, EXALANG
Le CRBO TLM s'appuie sur des outils standardisés qui explorent différents domaines : représentation digitale du nombre, traitement numérique symbolique, calcul, raisonnement logique. Voici comment présenter les trois batteries les plus utilisées en orthophonie libérale française.
UDN-II (Utilisation des Doigts pour les Nombres)
Auteurs : Noël M.-P., Seron X., Turconi E. (2005)
Ce qu'il mesure : la représentation digitale du nombre (reconnaissance de configurations de doigts, comptage digital, correspondance terme à terme, subitizing digital). L'UDN-II évalue la maîtrise des invariants numériques de base via la modalité digitale, qui est la première représentation du nombre chez l'enfant.
Ce qu'on met dans le CRBO : scores bruts + centiles par subtest + interprétation fonctionnelle. Exemple de formulation : « L'enfant présente une représentation digitale altérée avec un score au subtest Comptage au 5ᵉ centile, témoignant d'une absence d'automatisation du dénombrement séquentiel. Le subtest Subitizing est préservé (75ᵉ centile), suggérant une reconnaissance globale des petites quantités intacte. »
Limites à mentionner : étalonnage sur population belge francophone (Université catholique de Louvain). Préciser si l'enfant est scolarisé en France ou en région transfrontalière.
ZAREKI-R (Batterie pour l'évaluation du traitement des nombres et du calcul)
Auteurs : von Aster M., Weinhold Zulauf M., Horn R. (adaptation française : Kremin H., 2005)
Ce qu'il mesure : traitement numérique (lecture et écriture de nombres arabes et en lettres, transcodage), calcul mental et écrit, résolution de problèmes arithmétiques, mémoire de travail numérique (empan endroit/envers de chiffres), estimation de quantités sur ligne numérique mentale.
Ce qu'on met dans le CRBO : score total standardisé (moyenne 100, écart-type 15) + profil des subtests (tableau recommandé pour visualiser les dissociations). Exemple : « Au ZAREKI-R, le score total standardisé est de 78 (-1,5 DS). Les subtests Transcodage (score 6/24, -2 DS) et Calcul mental (score 4/20, -2,3 DS) sont significativement déficitaires, tandis que la Résolution de problèmes est préservée (score 15/20, -0,5 DS). Ce profil traduit une atteinte préférentielle du traitement symbolique du nombre, avec relative préservation du raisonnement additif informel. »
Lien avec Vergnaud : le ZAREKI explore plusieurs champs conceptuels. Noter lesquels sont déficitaires (ex. : champ additif préservé, champ multiplicatif effondré, champ de la numération décimale non maîtrisé).
EXALANG 5-8 / 8-11 / 11-15
Auteurs : Thibault M.-P., Helloin M.-C., Lenfant M. (Ortho Edition)
Ce qu'il mesure dans sa partie logico-mathématique : raisonnement logique (classification, sériation, inclusion, conservation), numération (lecture/écriture de nombres), opérations (addition, soustraction, multiplication, division), résolution de problèmes verbaux. EXALANG évalue également le langage oral, la mémoire et les fonctions exécutives, permettant un profil pluridimensionnel.
Ce qu'on met dans le CRBO : score composite Logico-Math (Z-score) + Z-scores des subtests sensibles + comparaison avec les résultats des épreuves langagières. Exemple : « À l'EXALANG 8-11, le score composite Logico-Math est de 72 (Z-score : -1,9), contrastant avec un score Langage Oral dans la norme (Z-score : +0,2). Cette dissociation confirme un TLM spécifique, sans atteinte langagière associée. Les subtests Classification et Sériation sont déficitaires (respectivement -2 DS et -1,8 DS), témoignant d'une fragilité des logiques opératoires au sens de Crahay. »
Intérêt dans le CRBO : EXALANG permet de situer le TLM dans un profil cognitif global. Si le langage oral est préservé, cela oriente vers un TLM isolé. Si le langage est déficitaire, cela questionne un trouble plus large (TDL avec répercussions mathématiques).
Structure type d'un CRBO pour TLM : trame section par section
Cette trame couvre les six sections obligatoires d'un CRBO TLM. Chaque rubrique précise ce qu'elle doit contenir et propose une formulation rédigée.
1. En-tête et informations administratives
Contenu : identité du patient (nom, prénom, date de naissance), identité du prescripteur (nom, adresse, numéro RPPS ou ADELI), date(s) du bilan (passation et rédaction), outils utilisés (liste exhaustive : UDN-II, ZAREKI-R, EXALANG 8-11, observations cliniques).
Conseil rédactionnel : ne jamais mettre la date dans le titre du document (« CRBO Logico-Mathématique » suffit). La date est dans l'en-tête administratif, pas dans le titre.
2. Motif de consultation et anamnèse
Contenu : reformulation de la demande du prescripteur en termes factuels. Exemple : « Bilan orthophonique prescrit le [date] par le Dr [Nom] pour difficultés persistantes en mathématiques depuis le CE1, sans déficit sensoriel ni cognitif global retrouvé au bilan médical. »
Anamnèse développementale : acquisitions logiques précoces (classification spontanée de jouets, sériation par taille, conservation des quantités), parcours scolaire (classe actuelle, redoublement, aménagements en place), aides déjà mises en œuvre (soutien scolaire, enseignant spécialisé, suivi psychologique).
Formulation recommandée : factuelle, sans jugement, vérifiable. Éviter « l'enfant n'aime pas les mathématiques » (subjectif), préférer « l'enfant évite les tâches arithmétiques et exprime une anxiété face aux exercices de calcul mental (rapporté par les parents) ».
3. Comportement en séance et observation clinique
Contenu : attitude face à la tâche numérique (évitement, stratégies de contournement, comptage sur les doigts à un âge tardif), niveau d'anxiété mathématique (terme cliniquement reconnu : Maloney E. A., Beilock S. L., 2012, Math Anxiety: Who Has It, Why It Develops, and How to Guard Against It), latéralité, organisation spatiale si pertinent.
Formulation recommandée : « [Prénom] présente une anxiété mathématique manifeste : sudation, inhibition verbale, évitement du regard lors des épreuves de calcul mental. L'enfant s'appuie systématiquement sur le comptage digital (doigts) pour les additions simples (ex. : 5+3), alors que cette stratégie devrait être automatisée en CE2. L'organisation spatiale est préservée (copie de figures géométriques correcte), la latéralité est droite affirmée. »
L'anxiété mathématique est un facteur aggravant documenté, qui influe sur l'interprétation des scores. Mentionner sa présence permet de distinguer une sous-performance situationnelle d'un déficit cognitif structurel. Ne pas la nommer dans le CRBO prive le prescripteur d'une donnée clinique essentielle.
4. Résultats des épreuves standardisées
Présenter les résultats outil par outil, en structurant chaque paragraphe selon le même modèle : score global + dissociations + interprétation fonctionnelle + ancrage théorique.
Modèle de rédaction UDN-II :
« À l'UDN-II, [Prénom] obtient un score total de 24/60 (10ᵉ centile), avec une dissociation entre le subtest Subitizing (score 12/15, 60ᵉ centile, dans la norme) et le subtest Comptage (score 8/20, 5ᵉ centile, significativement déficitaire). Ce profil suggère une préservation de la reconnaissance globale des petites quantités (subitizing) mais une absence d'automatisation du dénombrement séquentiel. Cette dissociation est cohérente avec le modèle à double voie de Von Aster (2000) : la voie analogique (estimation) est préservée, la voie symbolique (comptage verbal-digital) est altérée. »
Modèle de rédaction ZAREKI-R :
« Au ZAREKI-R, le score total standardisé est de 78 (-1,5 DS). Les subtests Transcodage (6/24, -2 DS) et Calcul mental (4/20, -2,3 DS) sont significativement déficitaires, tandis que la Résolution de problèmes est préservée (15/20, -0,5 DS). Ce profil traduit une atteinte préférentielle du traitement symbolique du nombre au sens de Vergnaud : le champ conceptuel de la numération est effondré (l'enfant ne maîtrise pas la valeur positionnelle des chiffres), mais le champ additif informel (résolution de problèmes par schématisation concrète) est préservé. Le subtest Ligne numérique révèle une représentation spatiale du nombre imprécise : erreur moyenne de +/- 15 unités sur une ligne 0-100, témoignant d'une absence de linéarité mentale (attendue en CE2). »
Modèle de rédaction EXALANG :
« À l'EXALANG 8-11, le score composite Logico-Math est de 72 (Z-score : -1,9), contrastant avec un score Langage Oral dans la norme (Z-score : +0,2). Cette dissociation confirme un TLM spécifique, sans atteinte langagière associée. Les résultats détaillés :
- Classification : 5/20 (-2 DS) : l'enfant échoue aux épreuves d'inclusion de classe (« Y a-t-il plus de roses ou plus de fleurs ? »)
- Sériation : 6/20 (-1,8 DS) : difficulté à ordonner des bâtonnets par taille croissante
- Numération : 8/30 (-2,2 DS) : lecture de nombres à 4 chiffres déficitaire, confusion entre unités et dizaines
- Opérations : 4/25 (-2,5 DS) : procédures de calcul posé non maîtrisées, erreurs de retenue
- Résolution de problèmes : 12/20 (-0,8 DS) : résultats dans la faible norme si le problème est illustré, effondrés si le problème est verbal seul
Ce profil révèle une fragilité des logiques opératoires (Crahay, 2007) : l'enfant n'a pas consolidé les schèmes de conservation et de classification, préalables nécessaires à la construction du nombre. »
5. Synthèse diagnostique orthophonique
Contenu : formuler le diagnostic en termes orthophoniques (pas médicaux). Citer les critères d'exclusion vérifiés (pas de déficit sensoriel, pas de déficience intellectuelle, pas de carence scolaire). Mentionner les comorbidités repérées (TDA/H, dyslexie) si présentes, en renvoyant vers le professionnel compétent pour le diagnostic différentiel.
Formulation recommandée :
« L'ensemble des données est en faveur d'un trouble logico-mathématique (TLM) sévère, touchant :
- La construction du nombre (représentation digitale et symbolique effondrées)
- Le traitement numérique (transcodage, valeur positionnelle)
- Le calcul mental et posé (procédures non automatisées)
- Les logiques opératoires (classification, sériation)
Les critères d'exclusion du TLM sont vérifiés : audition normale (audiogramme du [date]), vision normale (dépistage ophtalmo du [date]), niveau intellectuel dans la norme (matrices de Raven : 50ᵉ centile, communiqué par le psychologue scolaire), scolarité régulière sans carence éducative.
Une anxiété mathématique sévère est associée, nécessitant une prise en charge psychologique complémentaire (coordination avec la psychologue scolaire recommandée).
Ancrage dans Vergnaud : l'enfant présente des lacunes structurelles dans les champs conceptuels du nombre (cardinalité, ordinalité) et des opérations (additive et multiplicative). Le champ de la numération décimale n'est pas maîtrisé : confusion entre unités, dizaines, centaines. Le champ additif informel (résolution de problèmes par manipulation concrète) est préservé, constituant une compétence d'appui pour la rééducation. »
6. Préconisations et axes de prise en charge
Contenu : fréquence et durée recommandées (ex. : 2 séances/semaine, 30 minutes, pendant 12 mois minimum), axes thérapeutiques précis, préconisations environnementales (PPRE, PAP, aménagements scolaires), indications de bilans complémentaires si besoin.
Formulation recommandée :
« Une prise en charge orthophonique en logico-mathématiques est indiquée, à raison de 2 séances hebdomadaires de 30 minutes, sur une durée minimale de 12 mois, avec réévaluation à 6 mois.
Axes thérapeutiques prioritaires :
- Reconstruction des invariants opératoires (Vergnaud) : travail sur la cardinalité (dénombrement de collections variées), l'ordinalité (jeux de suite numérique), la conservation des quantités (manipulations concrètes)
- Structuration de la ligne numérique mentale : jeux d'estimation sur ligne 0-100, puis 0-1000, localisation de nombres, comparaison de distances
- Automatisation du calcul mental : décomposition/recomposition (ex. : 8 = 5+3 = 6+2), tables d'addition et de soustraction par stratégies de surcomptage puis de mémorisation
- Résolution de problèmes par schématisation : passage du concret (jetons) à l'imagé (dessins) puis au symbolique (nombres), avec verbalisation explicite des étapes
Préconisations environnementales :
- Mise en place d'un PAP (Plan d'Accompagnement Personnalisé) avec les aménagements suivants : temps majoré pour les évaluations (1/3 temps), autorisation de la calculatrice pour les problèmes (pour contourner le déficit calculatoire et évaluer le raisonnement), fourniture de supports visuels (bande numérique au bureau)
- Réunion de coordination école-orthophoniste-parents en début de prise en charge
Bilan complémentaire recommandé : bilan psychologique complet (WISC-V) pour quantifier le niveau intellectuel global et explorer les comorbidités exécutives (mémoire de travail, attention), en lien avec le psychologue scolaire ou libéral. »
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Générer ma trame CRBO →Ancrage théorique dans le CRBO : comment citer Vergnaud et Crahay sans alourdir
L'orthophoniste hésite souvent à citer des auteurs dans un CRBO clinique, par peur de paraître pédante ou de perdre le prescripteur. Pourtant, l'ancrage théorique est ce qui distingue un CRBO expert d'un simple compte-rendu de scores. Il prouve que l'interprétation des résultats s'appuie sur un modèle validé, pas sur une impression clinique.
Pourquoi Vergnaud est incontournable dans un TLM
La théorie des champs conceptuels de Vergnaud (1991, La théorie des champs conceptuels) postule que comprendre un nombre implique de maîtriser un réseau de situations, de schèmes et de symbolismes. Un TLM se traduit par des lacunes dans ce réseau, pas seulement dans la mémorisation de faits arithmétiques.
Dans le CRBO : « Les résultats sont interprétés dans le cadre de la théorie des champs conceptuels de Vergnaud (1991). Le profil de [Prénom] révèle une fragilité des schèmes de comptage et d'addition informelle, avec absence d'accès aux structures multiplicatives. Le champ conceptuel de la numération décimale (compréhension de la valeur positionnelle) n'est pas maîtrisé : l'enfant ne comprend pas que dans 324, le 3 représente 3 centaines. »
Conseil rédactionnel : une seule citation suffit, placée dans la section Synthèse diagnostique. Mettre la référence complète en annexe du CRBO, pas dans le corps du texte.
Pourquoi Crahay éclaire la dimension développementale
Crahay M. (2007, Peut-on lutter contre l'échec scolaire ?) distingue les logiques opératoires (conservation, classification, sériation, héritées de Piaget) et les logiques mathématiques formelles (numération, calcul écrit). Un enfant peut échouer en mathématiques scolaires parce que les premières ne sont pas consolidées.
Dans le CRBO : « Conformément au modèle de Crahay (2007), les épreuves de classification et de sériation de l'EXALANG révèlent une maîtrise fragile des opérations logiques préalables à la construction du nombre. L'enfant échoue à l'inclusion de classe (« Y a-t-il plus de roses ou plus de fleurs ? »), témoignant d'une logique opératoire non consolidée. »
Conseil rédactionnel : utiliser Crahay si le bilan inclut des épreuves logiques (EXALANG, épreuves piagétiennes). Si le bilan ne contient que du traitement numérique pur (ZAREKI seul), Vergnaud suffit.
Un CRBO pour un enfant de CE2 avec TLM sévère pourrait contenir : « L'analyse des résultats s'appuie sur la théorie des champs conceptuels de Vergnaud (1991) et le modèle développemental de Crahay (2007). [Prénom] présente un déficit structurel du champ additif (addition et soustraction) avec absence totale d'accès au champ multiplicatif. Les logiques opératoires sous-jacentes (classification, sériation) sont fragiles, retardant l'accès aux concepts numériques formels. »
Bilan logico-mathématique et CRBO : les erreurs de rédaction les plus fréquentes
Voici les cinq erreurs les plus fréquentes rencontrées dans les CRBO TLM, issues de l'analyse de dizaines de bilans soumis à Ortho.ia pour relecture.
1. Confondre TLM et dyscalculie dans la conclusion
Utiliser « dyscalculie » dans un CRBO orthophonique français expose à une confusion avec le diagnostic médical (DSM-5 : trouble spécifique des apprentissages avec atteinte du calcul). Préférer « trouble logico-mathématique (TLM) » ou « trouble spécifique des apprentissages en mathématiques (TSAM) » selon le profil. Seul le médecin (pédiatre, neuropédiatre, psychiatre) peut poser le diagnostic de dyscalculie au sens médical.
2. Ne pas dissocier les sous-profils
Écrire « échec au ZAREKI » sans préciser quels subtests, c'est priver le prescripteur d'une information exploitable. Le CRBO doit toujours distinguer traitement numérique / calcul / résolution de problèmes. Un enfant peut échouer en transcodage (lecture/écriture de nombres) mais réussir en résolution de problèmes (raisonnement additif informel). Cette dissociation oriente la rééducation.
3. Oublier les points forts
Un CRBO TLM qui ne liste que les déficits est incomplet. Le profil des compétences préservées (raisonnement verbal, mémoire épisodique, résolution de problèmes concrets) oriente directement la rééducation. Exemple : « Le raisonnement verbal est préservé (EXALANG Langage Oral : Z-score +0,3), constituant un point d'appui pour la verbalisation des procédures de calcul. »
4. Ne pas mentionner l'anxiété mathématique
L'anxiété mathématique est un facteur aggravant documenté (Maloney & Beilock, 2012), fréquemment présent dans les TLM, qui influe sur l'interprétation des scores. Une anxiété sévère peut entraîner une sous-performance situationnelle (scores inférieurs aux compétences réelles) ou, à l'inverse, masquer un déficit par des stratégies de contournement coûteuses en ressources attentionnelles.
5. Rédiger la synthèse avant les résultats
Sur le plan structurel, certains CRBO mettent la conclusion avant le détail des épreuves. Or le prescripteur lit souvent d'abord la synthèse (habitude de lecture des CRBO médicaux). Si elle n'est pas étayée par les résultats en amont, elle perd en crédibilité. Ordre recommandé : résultats détaillés → synthèse → préconisations.
FAQ : questions fréquentes sur le CRBO et le trouble logico-mathématique
Qu'est-ce qu'un trouble logico-mathématique ?
Un trouble logico-mathématique (TLM) est un trouble du neurodéveloppement qui affecte la construction du nombre, des opérations arithmétiques et plus largement le raisonnement logique et mathématique. Il peut s'accompagner de difficultés d'orientation spatiale, d'attention ou de mémoire de travail. Il se distingue de la dyscalculie pure (atteinte du sens du nombre au sens de Dehaene) par son caractère pluridimensionnel, touchant les structures logiques préalables à l'arithmétique formelle (classification, sériation, conservation). Le TLM relève du champ de compétences de l'orthophoniste en France, Belgique et Suisse.
C'est quoi un bilan logico-mathématique en orthophonie ?
Un bilan logico-mathématique est une évaluation orthophonique qui explore la construction du nombre, les opérations, le raisonnement logique (classification, sériation, conservation) et la résolution de problèmes. En France, il est coté AMO 12.4 dans la NGAP (cotation Assurance Maladie). Il mobilise des outils standardisés comme l'UDN-II (représentation digitale du nombre), le ZAREKI-R (traitement numérique et calcul) ou l'EXALANG (raisonnement logique pluridimensionnel). Le bilan donne lieu à un CRBO (compte-rendu de bilan orthophonique) transmis au médecin prescripteur, qui justifie le diagnostic orthophonique et oriente la prise en charge.
Qu'est-ce qu'un orthophoniste en logico-mathématiques ?
Un orthophoniste spécialisé en logico-mathématiques évalue et rééduque les troubles du raisonnement et des apprentissages numériques. Son rôle est distinct de celui du psychologue (qui évalue le niveau intellectuel global via des tests de QI) ou du psychomotricien (qui travaille la structuration spatiale et corporelle). L'orthophoniste intervient sur les schèmes de comptage, la numération, le calcul et la résolution de problèmes, en s'appuyant sur des modèles théoriques validés (Vergnaud, Von Aster, Dehaene). La prise en charge orthophonique en logico-mathématiques est prescrite par un médecin et prise en charge par l'Assurance Maladie en France.
Combien de temps dure un bilan logico-mathématique ?
Un bilan logico-mathématique en orthophonie libérale représente généralement 3 à 5 séances de passation (soit 3h à 5h de contact patient, selon les outils utilisés et la fatigabilité de l'enfant), auxquelles s'ajoute le temps de dépouillement et de rédaction du CRBO (2h à 4h en moyenne, parfois plus pour un profil complexe nécessitant une articulation fine des résultats). La durée totale varie selon la complexité du profil, l'âge de l'enfant et les outils mobilisés (UDN-II seul = 1h, ZAREKI-R complet = 2h, EXALANG = 2h à 3h selon la version). Le bilan est étalé sur plusieurs rendez-vous pour respecter le rythme de l'enfant.
En résumé : un CRBO TLM cliniquement robuste, ça se structure
Le CRBO pour trouble logico-mathématique est efficace quand il articule trois niveaux : les données standardisées (scores bruts et interprétation par outil), le cadre théorique (Vergnaud, Crahay) et les préconisations opérationnelles (fréquence, axes de rééducation, aménagements scolaires). La trame UDN-II / ZAREKI / EXALANG proposée ici couvre les principaux outils utilisés en orthophonie libérale française. Elle permet de produire un document à double valeur : clinique (argumenter le diagnostic orthophonique TLM) et médico-légale (justifier la cotation AMO 12.4). Pour aller plus loin dans la méthodologie rédactionnelle de tous types de CRBO, consultez le guide complet du CRBO sur Ortho.ia.
Téléchargez le modèle CRBO TLM complet
Trame complète pré-rédigée (UDN-II, ZAREKI, EXALANG), sections éditables, compatible cabinet libéral français, conforme NGAP.
Générer ma trame CRBO →Disclaimer médical : Cet article est destiné aux orthophonistes et professionnels de santé. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas la formation clinique spécifique aux troubles logico-mathématiques. Les trames proposées sont des exemples de structure rédactionnelle : chaque CRBO doit être adapté à la situation individuelle du patient. Le diagnostic de trouble du neurodéveloppement relève du médecin compétent (pédiatre, neuropédiatre, psychiatre).