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CRBO France vs Belgique vs Suisse : tableau comparatif 2026

Comparatif CRBO France (NGAP), Belgique (INAMI) et Suisse (LAMal, convention tarifaire de logopédie) : vocabulaire, codes et catégories à ne jamais confondre.

Ortho.ia18 septembre 2026Mis à jour le 23 septembre 20269 min de lecture
Pile de comptes rendus de bilan sur un bureau en bois, vue de dessus
Pile de comptes rendus de bilan sur un bureau en bois, vue de dessus

Un orthophoniste français qui reçoit un dossier venu de Belgique, ou qui échange avec une consœur suisse, tombe vite sur des mots qui ressemblent aux siens. Mais ils n'en ont pas le sens. « Bilan logopédique », « catégorie B2 », « convention tarifaire de logopédie » : rien de tout cela ne se rattache aux repères NGAP habituels. Ce comparatif pose, pays par pays, le vocabulaire, le cadre réglementaire et le financement du compte rendu de bilan, pour éviter de mélanger trois systèmes qui n'ont en commun que l'objectif clinique.

Le mot avant tout : orthophoniste, logopède, logopédiste

Le premier piège n'est pas administratif, il est lexical. Utiliser le mauvais terme dans un document destiné à un confrère étranger, ou à une famille qui déménage, décrédibilise immédiatement le document.

  • France : orthophoniste, qui réalise un bilan orthophonique donnant lieu à un CRBO (compte rendu de bilan orthophonique).
  • Belgique : logopède, qui réalise un bilan logopédique. Le terme orthophoniste n'est pas utilisé dans la réglementation belge.
  • Suisse : logopédiste (le terme utilisé officiellement), qui réalise également un bilan logopédique. Selon les cantons romands, l'usage courant dit parfois « logopède », mais le titre professionnel reconnu reste logopédiste.

À ne jamais faire : écrire « bilan orthophonique » dans un document destiné à la Belgique ou à la Suisse, ou l'inverse. Ce n'est pas une nuance de style, c'est une confusion de métier aux yeux d'un organisme assureur ou d'un tribunal.

Identification professionnelle : trois numéros, trois logiques

Chaque pays exige un identifiant professionnel sur le document, mais aucun des trois ne se ressemble.

Pays Identifiant professionnel Délivré par
France N° RPPS (ex-ADELI jusqu'en octobre 2024) ARS / Assurance Maladie
Belgique N° INAMI + numéro de Visa INAMI (Institut National d'Assurance Maladie-Invalidité)
Suisse N° GLN (Global Location Number) refdata, sur demande via l'autorité cantonale de surveillance

Le numéro belge se compose en réalité de deux éléments distincts (le Visa autorise l'exercice, le numéro INAMI autorise le remboursement), une nuance qui n'a pas d'équivalent côté français où le RPPS remplit les deux fonctions à la fois.

Cadre réglementaire du diagnostic : une seule décision juridique sur trois

C'est ici que les systèmes divergent le plus fortement. C'est aussi le point le plus mal connu des orthophonistes français qui découvrent les usages voisins.

France : un cadre légal détaillé

Le compte rendu de bilan orthophonique répond en France à un cadre réglementaire : l'article R4341-2 du Code de la santé publique (issu du décret de 2002 sur les actes professionnels) prévoit que le bilan comprend le diagnostic orthophonique, les objectifs et le plan de soins, et que le compte rendu est communiqué au médecin prescripteur ; la nomenclature NGAP régit la cotation. Au-delà, la structure en plusieurs rubriques relève des usages professionnels, pas d'une obligation réglementaire. Ortho.ia détaille cette structure dans l'article dédié à la structure type du CRBO.

Belgique : un diagnostic direct, sans décret équivalent

La réglementation belge ne s'appuie pas sur un texte de référence comparable à l'article R4341-2 du Code de la santé publique français. Le bilan logopédique pose un diagnostic de façon plus directe, sans la même architecture juridique imposée. La reconnaissance du remboursement dépend en revanche de la catégorie de pathologie retenue par l'INAMI (voir plus bas), ce qui déplace l'enjeu réglementaire du côté du financement plutôt que de la forme du document.

Suisse : pas de décret non plus, un cadre porté par la convention tarifaire de logopédie

Même absence de décret national en Suisse. Le cadre découle de la convention tarifaire de logopédie et des exigences propres à chaque assureur LAMal ou à l'assurance invalidité (AI) pour les enfants concernés par une infirmité congénitale. Les exigences documentaires varient aussi selon le canton, avec des interlocuteurs différents pour le volet scolaire : SESAF dans le canton de Vaud, SMP à Genève, ou les dispositifs de pédagogie spécialisée (IBEM, Sonderpädagogik) à Berne et Zurich.

Concrètement : la France est le seul des trois pays où la structure du document est elle-même encadrée par un texte réglementaire spécifique. En Belgique et en Suisse, c'est le financement, pas la forme, qui détermine ce qui doit apparaître dans le bilan.

Financement : NGAP, catégories INAMI, LAMal + convention tarifaire de logopédie

Le financement est le point le plus sensible à confondre, parce que les trois pays utilisent des acronymes qui semblent jouer un rôle équivalent sans l'être.

France : NGAP et prise en charge AMO

Le bilan orthophonique est coté selon la NGAP (Nomenclature Générale des Actes Professionnels) et remboursé par l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO). Le CRBO est le document de référence qui rend compte du bilan au médecin prescripteur.

Pour un bilan réalisé en France, vous pouvez rédiger le compte rendu avec Ortho.ia à partir de vos scores. Vous importez les résultats, vous saisissez vos observations, puis vous relisez et validez le texte.

Belgique : quatre catégories INAMI

Le remboursement belge dépend de la catégorie de pathologie logopédique reconnue par l'INAMI : A, B1, B2 ou E. Chaque catégorie correspond à un ensemble de pathologies et à un nombre de séances remboursables différent. Le bilan initial et les séances de logopédie ont chacun leur propre tarif conventionné, revalorisé périodiquement par l'INAMI. Les montants évoluent au fil des indexations : pour un chiffre à jour, la page honoraires du site inami.fgov.be reste la seule source à consulter avant de citer un tarif dans un document officiel.

Suisse : LAMal, convention tarifaire de logopédie, et AI pour les enfants

La logopédie suisse n'est pas facturée via TARMED ni via TARDOC et les forfaits ambulatoires qui l'ont remplacé au 1er janvier 2026 (Conseil fédéral). Ces systèmes concernent la facturation des médecins, pas des professions paramédicales comme la logopédie. Le financement suit deux voies distinctes :

  • la LAMal (assurance-maladie de base), via la convention tarifaire de logopédie, applicable aux membres des associations professionnelles DLV, ARLD et ALOSI (valeur du point négociée par canton) ;
  • l'AI (assurance invalidité), pour les enfants dont le trouble relève d'une infirmité congénitale reconnue.

Erreur fréquente : mentionner TARMED dans un contexte de logopédie suisse. C'est une confusion avec la facturation médicale, sans lien avec le financement réel du bilan logopédique.

Tableau comparatif : 8 critères clés

CritèreFranceBelgiqueSuisse
Titre professionnelOrthophonisteLogopèdeLogopédiste
Nom du bilanBilan orthophoniqueBilan logopédiqueBilan logopédique
Nom du documentCRBORapport de bilan logopédiqueRapport de bilan logopédique
Identifiant professionnelN° RPPSN° INAMI + VisaN° GLN
Texte de référenceArt. R4341-2 du Code de la santé publique, NGAPPas d'équivalent directPas d'équivalent direct
FinancementNGAP / AMOCatégories INAMI A/B1/B2/ELAMal + convention tarifaire de logopédie, ou AI
Système explicitement exclun/an/aTARMED / forfaits ambulatoires (réservés aux médecins)
Volet scolairePAP / PPS / PPREPIA / PPP (Communauté française) ou GON (Communauté flamande)Dispositifs cantonaux : SESAF (Vaud), SMP (Genève), IBEM / Sonderpädagogik (Berne, Zurich)

Mobilité professionnelle : un sujet à part entière

Ce comparatif porte sur le vocabulaire et le cadre du bilan, pas sur les démarches de reconnaissance de diplôme pour exercer d'un pays à l'autre. Ces démarches, souvent plus longues qu'attendu, font l'objet d'un article dédié : mobilité de l'orthophoniste en Europe : reconnaissance des diplômes.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Écrire « orthophoniste » dans un document destiné à la Belgique ou à la Suisse.
  • Citer l'article R4341-2 du Code de la santé publique dans un rapport belge ou suisse : ce texte n'a pas d'équivalent direct hors de France.
  • Mentionner TARMED pour une prise en charge logopédique suisse.
  • Utiliser une catégorie INAMI (A/B1/B2/E) dans un contexte français : ce classement n'existe pas côté NGAP.
  • Recopier telle quelle la structure en rubriques d'usage en France dans un rapport belge ou suisse, sans l'adapter aux attentes locales (INAMI, assureurs, AI).

Questions fréquentes

Un CRBO rédigé en France peut-il être utilisé tel quel en Belgique ou en Suisse ?

Non. Le vocabulaire, les références réglementaires et les codes de cotation ne se transposent pas d'un pays à l'autre. Un document pensé pour la France doit être réécrit, pas traduit, pour respecter les usages belges (INAMI, catégories A/B1/B2/E) ou suisses (LAMal, convention tarifaire de logopédie).

Comment appelle-t-on le bilan orthophonique en Belgique et en Suisse ?

En Belgique, on parle de bilan logopédique réalisé par un logopède. En Suisse, le terme est aussi bilan logopédique, mais le professionnel est un logopédiste. Le mot orthophoniste reste propre à la France, au Luxembourg et au Québec.

La Suisse facture-t-elle la logopédie via TARMED ?

Non. TARMED, remplacé au 1er janvier 2026 par TARDOC et les forfaits ambulatoires, concerne la facturation des médecins. La logopédie passe par la LAMal et la convention tarifaire de logopédie conclue par les associations professionnelles (DLV, ARLD, ALOSI), par la pédagogie spécialisée cantonale pour une grande partie des enfants en âge scolaire, et par l'assurance invalidité (AI) pour les enfants relevant d'une infirmité congénitale.

En résumé

France, Belgique et Suisse partagent l'objectif du bilan, mais rien de sa forme administrative. Le vocabulaire (orthophoniste/logopède/logopédiste), le cadre réglementaire (article R4341-2 du Code de la santé publique, propre à la France) et le financement (NGAP, catégories INAMI, LAMal + convention tarifaire de logopédie) suivent trois logiques indépendantes, à ne jamais mélanger dans un même document. Pour visualiser à quoi ressemble un CRBO complet une fois ces repères posés, l'article modèle de CRBO en Word et PDF et le guide complet de rédaction du CRBO détaillent la structure section par section.

Voir à quoi ressemble un CRBO généré automatiquement, structure et mise en forme incluses.

Voir des exemples de CRBO

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un bilan réalisé par un professionnel de santé.

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