Exemple de bilan orthophonique dyslexie-dysorthographie associée
Un exemple de bilan orthophonique dyslexie-dysorthographie : tableau de dissociation lecture/orthographe, synthèse diagnostique commentée et cotation à jour.

Un exemple de bilan orthophonique dyslexie-dysorthographie associée pose un problème que les trames pathologie par pathologie ne couvrent pas : comment présenter deux troubles dans le même compte rendu sans les fondre en un seul score global. Cet article montre un résultat fini, directement consultable, centré sur la dissociation des scores de lecture et d'orthographe. Pour la rédaction détaillée, section par section, de chaque pathologie prise isolément, nos deux guides dédiés restent la référence : CRBO dyslexie et CRBO dysorthographie.
Dyslexie et dysorthographie associées : ce qui les distingue
Les deux troubles partagent des mécanismes cognitifs proches (conscience phonologique, mémoire de travail verbale), ce qui explique leur association fréquente. Ils restent cependant deux entités cliniques distinctes, à coter et à interpréter séparément dans le compte rendu.
| Critère | Dyslexie | Dysorthographie |
|---|---|---|
| Définition | Trouble spécifique et durable de l'acquisition de la lecture (identification des mots, fluence) | Trouble spécifique et durable de l'acquisition de l'orthographe (transcription écrite) |
| Signes cliniques principaux | Lecture lente, syllabique, erreurs de décodage, confusion de lettres proches | Erreurs phonologiques et lexicales en dictée, orthographe instable d'un même mot |
| Épreuves types | ODEDYS-2 (lecture de mots/pseudo-mots), BALE (fluence de lecture), Alouette-R | ODEDYS-2 (dictée de mots réguliers, irréguliers, pseudo-mots), BALE (orthographe lexicale/phonologique) |
| Seuil de significativité | Score < percentile 10 (ou < -1,65 écart-type) sur au moins deux épreuves de lecture | Score < percentile 10 (ou < -1,65 écart-type) sur au moins deux épreuves d'orthographe |
L'association des deux n'est pas automatique. Un enfant peut présenter une dyslexie isolée avec une orthographe simplement fragile, ou l'inverse. Le compte rendu doit trancher, chiffres à l'appui, plutôt que présumer la comorbidité parce que les deux troubles cohabitent souvent en pratique.
Exemple de dissociation des scores dans le bilan
Voici comment un résultat se présente une fois les deux domaines évalués et comparés dans le même tableau. Le format en quatre colonnes permet une lecture immédiate par le médecin prescripteur comme par l'équipe MDPH.
| Domaine évalué | Test | Rang percentile | Interprétation |
|---|---|---|---|
| Lecture de mots isolés | ODEDYS-2 | P8 | Déficit significatif, décodage lent |
| Fluence de lecture | BALE | P12 | Fragilité, en deçà du seuil de significativité de peu |
| Dictée de mots réguliers | ODEDYS-2 | P5 | Déficit sévère, erreurs phonologiques fréquentes |
| Dictée de mots irréguliers | ODEDYS-2 | P9 | Déficit significatif, orthographe lexicale instable |
Dans cet exemple, le profil orthographique (P5, P9) est plus déficitaire que le profil de lecture (P8, P12) : la dysorthographie domine, la dyslexie reste présente mais plus légère. C'est cette lecture croisée, pas la moyenne des quatre scores, qui doit apparaître dans la synthèse.
Formuler la synthèse diagnostique d'une comorbidité
La synthèse ne doit jamais mélanger les deux troubles en une phrase unique du type « trouble du langage écrit ». Elle nomme chaque domaine, avec son niveau de sévérité propre.
L'évaluation met en évidence un trouble spécifique de l'orthographe de sévérité marquée (P5 à P9 selon les épreuves ODEDYS-2), associé à un trouble de la lecture de sévérité plus modérée (P8 à P12 selon les épreuves ODEDYS-2 et BALE). Les deux troubles relèvent du même mécanisme phonologique sous-jacent, mais leur expression clinique diffère : la transcription écrite est plus impactée que le décodage en lecture. Cette dissociation oriente la prise en charge vers un travail prioritaire sur l'orthographe phonologique, sans négliger la fluence de lecture.
Cette formulation permet à la commission MDPH et à l'équipe pédagogique de distinguer ce qui relève d'un Plan d'Accompagnement Personnalisé standard (dyslexie modérée) de ce qui justifie des aménagements spécifiques à l'écrit (dysorthographie marquée) : tiers-temps, dispense de note d'orthographe, usage d'un correcteur.
Ce que cet exemple ne remplace pas
Cet exemple montre un résultat fini : deux profils de scores dissociés et une synthèse qui les articule. Il ne détaille pas les six rubriques obligatoires du CRBO (identification, motif, anamnèse, bilan des compétences, synthèse diagnostique, projet thérapeutique), ni les items à couvrir dans chacune. Pour cette trame complète, consultez nos deux guides dédiés : CRBO dyslexie, trame et items obligatoires et CRBO dysorthographie, trame et modèle commenté. Pour l'architecture générale du bilan orthophonique et sa structure PDF, voir notre guide complet du bilan orthophonique, exemple PDF.
Cotation et remboursement
Le bilan de la communication et du langage écrit, qu'il porte sur une dyslexie, une dysorthographie ou les deux associées, est coté AMO 34,02 dans la nomenclature générale des actes professionnels. Au tarif conventionnel en vigueur au 23 février 2026, cela représente 88,45 €, dont 53,07 € pris en charge par l'Assurance Maladie. Le renouvellement, coté AMO 23,81, revient à 61,91 €, soit une décote d'environ 30 % par rapport au bilan initial (source : Fédération Nationale des Orthophonistes).
La cotation ne varie pas selon qu'un seul trouble ou les deux sont diagnostiqués : c'est le même acte, la même durée de passation attendue. Seule la synthèse diagnostique change de longueur pour couvrir les deux domaines.
Passez du tableau de scores au CRBO conforme, généré en 15 minutes.
Téléchargez la trame CRBO gratuite (Word/PDF) ou générez directement un compte rendu structuré à partir des résultats dissociés de votre bilan.
Télécharger la trame CRBO (Word/PDF) →FAQ : questions fréquentes sur le bilan dyslexie-dysorthographie
Faut-il un bilan différent pour une dyslexie-dysorthographie associée qu'un bilan dyslexie seule ?
Non, le protocole d'évaluation reste le même bilan de la communication et du langage écrit (AMO 34,02). Ce qui change, c'est l'interprétation : le compte rendu doit dissocier explicitement les scores de lecture et d'orthographe pour montrer si les deux troubles sont associés ou si l'un domine largement l'autre.
Comment distinguer dyslexie et dysorthographie dans les résultats ?
En comparant deux profils de scores : les épreuves de lecture (fluence, identification de mots) pour la dyslexie, les épreuves d'orthographe (dictée de mots réguliers, irréguliers, pseudo-mots) pour la dysorthographie. Un écart marqué entre les deux profils oriente vers un trouble dominant plutôt qu'une association stricte.
Un exemple de bilan dyslexie-dysorthographie remplace-t-il la trame de rédaction détaillée ?
Non. Cet exemple montre un résultat fini, avec la dissociation des scores et une synthèse diagnostique commentée. Pour la trame complète, section par section, avec les items obligatoires du CRBO, consultez nos articles dédiés CRBO dyslexie et CRBO dysorthographie, qui détaillent chaque rubrique attendue par la MDPH.
La comorbidité dyslexie-dysorthographie doit-elle être mentionnée explicitement dans le CRBO ?
Oui. La synthèse diagnostique doit nommer les deux troubles séparément, même quand ils sont associés, avec un score par domaine. Une formulation qui fusionne les deux sans les distinguer rend le compte rendu difficilement exploitable par la MDPH ou l'équipe pédagogique.